Kill The Client – Cleptocracy

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Style: grindcoreAnnee de sortie: 2008Label: Willowtip Records

L’élection de Barack Obama met fin à huit ans de domination du parti républicain sur l’Etat américain. Une victoire que les démocrates et tous ceux qui haïssent George W Bush et son institution se devaient de célébrer avec un dernier levé de majeur symbolique exprimant toute la frustration qu’ils ont ressenti pendant ces années. Manipulation de l’information, légitimation de la torture dans des prisons au mépris de tout droit. Huit années d’une institution marquée par le secret, le mensonge et la violence. Rien de véritablement nouveau dans le monde de la politique (personne n’aura oublié Richard Nixon et son Watergate) mais jamais aucune institution américaine n’aura était aussi unanimement critiquée pour ses excès. C’est donc ce concentré de frustration et de colère pure que Kill the Client exprime sous la forme de dix-sept chansons originales et d’une reprise de Insect Warfare. Un disque en forme de cocktail molotov.

Escalation of hostility présentait le groupe comme un héritier de l’engagement politique et sonore de Napalm Death. Blast, riffs gras et chanteur possédé et engagé. En cela, Cleptocracy n’est pas un disque très différent de son prédécesseur. La différence majeure entre les deux disques est que si Escalation of hostility était un album excellent mais tout juste aussi efficace que ceux de ses influences majeures, Brutal Truth et Napalm Death, Cleptocracy par contre est le fruit d’une mutation beaucoup plus violente que les deux groupes susnommés. Ce troisième album est en quelque sorte le Scum du vingtième et une siècle. Une réappropriation violente et déterminée d’un son mélangeant punk, metal et excès de vitesse autour d’un discours politique marqué par la guerre en Irak durant laquelle le chanteur du groupe a servi sous le drapeau américain. Patriote mais, pas aveugle pour autant, il exprime ici son dégout de la politique et des médias. Le symbole des illuminatis (théories conspirationnistes politiques et spirituelles censées expliquer les origines de la religion chrétienne et les prétendues manipulations de la CIA durant les attentats du 11 septembre) qui orne le disque et le pupitre du personnage sur la couverture est un symbole de la teneur de l’engagement et des croyances du groupe.

Musicalement parlant, cette détermination se retrouve dans des riffs alliant la rapidité de Napalm Death et l’épaisseur de Brutal Truth à l’époque de Need to control. Le rythme des chansons est toujours branché sur la vitesse maximale à l’exception de quelques chansons plus lourdes (mais pas doom pour autant) et de la reprise de Insect Warfare qui conclut le disque à un rythme un tout petit peu moins intense. La déflagration est donc presque ininterrompue sans pour autant rendre l’expérience lassante. Rapide et efficace, il n’y a aucun moment sur ce disque d’un peu plus de vingt minutes où l’on pourrait trouver a redire si l’on aime le grind. Ce disque est tout simplement la quintessence d’un style. Peu original mais puissant et possédé.

  1. divide and conquer
  2. retaliate
  3. bullet proof vultures
  4. christian pipebomb
  5. comsuption is intoxication
  6. cleptocracy
  7. test tube nation
  8. product of misinformation
  9. dog tagged
  10. evidence of injustice
  11. 99% turnover
  12. the lies
  13. a mockery of guidance
  14. downfall
  15. false flag attack
  16. red state redneck
  17. spartacus
  18. terminal nation

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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3 Commentaires

  1. pearly says:

    Grosse tuerie

  2. lucas says:

    Cet album est mortel. Merci !

  3. Bernard says:

    L’efficacité dans la continuité depuis Wage Slave. Pas le plus original du circuit mais un des plus éprouvants sans tomber dans le chiant (courant dans le créneau ultra-bourrin). cet album est une valeur sûre.

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