Asidefromaday – Manufactured Landscape

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Style: hardcore screamoAnnee de sortie: 2008Label: Division

C’est dans le cadre du VnV Rock Altitude que j’ai, pour la première fois, entendu parler du groupe Bisontin, Asidefromaday. Fort d’un premier très bon album (Divine proportion, parut en 2005 chez Exutoire Records), le quartet est de retour en cette fin d’année 2008 avec Manufactured landscape, son dernier méfait.
Pour vous situer un poil la musique pratiquée par ce combo, imaginez un croisement entre la hargne et l’urgence qui se dégage de groupes tels que Breach, Botch, ou encore Converge ; ajoutez-y quelques passages plus posés et planants, à l’image de ce que peut faire Pelican ou encore This Will Destroy You, et vous obtenez les grandes lignes de ce Manufactured landscape. Durant un peu plus de quarante minutes, l’auditeur va donc se retrouver face à des compositions intenses et prenantes à souhait, qui passent du chaos à l’harmonie en un battement de cils. Pour cela, il suffit de jeter une oreille à Friction, qui prend un malin plaisir à brouiller les pistes et qui débute de façon très post-rock, pour ensuite prendre de l’ampleur graduellement et se muer en un véritable brûlot désespéré, sur lequel Fred (chant & claviers) s’écorche les cordes vocales à n’en plus pouvoir. Mais résumer cet album à un seul titre serait réducteur, car il s’agit clairement du genre de disque qui prend toute sa signification lorsqu’il est écouté dans son intégralité, et si possible avec un minimum d’attention.
D’ailleurs, je conseille vivement d’effectuer les premières écoutes au casque, afin de vraiment se laisser gagner par ce torrent métallique qui se déverse inlassablement dans vos conduits auditifs. La production est en parfaite adéquation avec les compositions, et offre un son froid, tranchant au possible, qui sait aussi s’adapter aux quelques accalmies qui parsèment l’album ça et là. Le résultat est d’ailleurs assez similaire à ce que proposent des albums tels que Ivory marsh de Forceed, Is.land de Time To Burn (surtout pour le côté urgent et froid qu’il dégage), ou encore Aeon aony de Unfold. Le raccourci est peut-être facile, mais en ce qui me concerne, ce sont ces trois groupes qui me viennent en premier à l’esprit lorsque j’écoute ce Manufactured landscape.
Les amateurs du genre, ainsi que (et surtout) ceux qui avaient déjà apprécié le précédent opus ne risquent donc pas d’être déçus, car avec Manufactured landscape, le groupe nous propose la suite logique de Divine proportion. Nettement moins virulent que lors de ses débuts, le combo n’en n’est pas pour autant devenu mou du genou. Il maîtrise parfaitement les diverses transitions d’ambiance, et sait exactement à quel moment vous passer la tête dans un étau, et quand relâcher un brin l’emprise de ses guitares.
En décidant ainsi de nuancer quelque peu ses compositions, le groupe opte donc pour un angle d’attaque moins frontal, et prend peut-être plus le temps de développer une atmosphère – similaire à une lutte constante entre amour et haine – qui est palpable du premier au dernier morceau.
Alors que de nombreuses formations se contentent juste de singer ce qui a déjà été fait par certains, Asidefromaday semble bien décidé à suivre son propre chemin. Le paysage dépeint par le groupe tout au long de ces neuf titres est un peu à l’image de sa musique : sombre, torturé, mais jamais dénué de sensibilité.
Là où certains se sont rétamé la gueule en beauté, Asidefromaday évite avec une certaine classe tous les pièges qui auraient pu se dresser au travers de sa route, et ne cesse de faire évoluer sa musique vers quelque chose de plus personnel, de moins ancré dans les schémas qui se mordent la queue, et qui ont été maintes fois repris et répétés.
Au final, on se retrouve donc avec un album vraiment prenant de bout en bout, et qui prouve une fois de plus le talent d’écriture, ainsi que le souci du détail des quatre Bisontins. Après presque neuf années d’existence, le quartet continue son parcours sans faute dans un horizon musical déjà bien engorgé, et qui peut engendrer le pire comme le meilleur. Je vous laisse donc seuls juges afin de deviner à laquelle de ces deux catégories appartient Asidefromaday…

  1. geodesy
  2. seven days in theory
  3. alone
  4. the idea of creation
  5. friction
  6. arcane & foundation
  7. march of the stones
  8. geocentrism
  9. here comes the man

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4 Commentaires

  1. 1ternot2baz says:

    Les seuls évocations des mots Botch ou Breach me font littéralement monter au plafond. Seulement voilà, aucun moyen de trouver la moindre information qui puisse me permettre de dégotter l’objet en question. C’est bien beau de faire des chroniques alléchantes de skeuds quasi introuvables ; )

  2. 1ternot2baz says:

    Autant pour moi suffisait d’aller sur leur page myspace pfffiooouuuuu

  3. gemini_com says:

    Bonne découverte qui tient largement la distance avec les ténors du genre screamo/post-hardcore (impure wilhelmina et consorts)…décidemment ce site devient une référence dans ce style..

  4. gemini_com says:

    Allez….CD commandé sur leur site…franchement c’est du grand niveau que nous propose ce groupe……je suis étonné qu’on en entende pas + parler…

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