Blasphemophagher – Nuclear Empire of Apocalypse

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Style: black death warisantAnnee de sortie: 2008Label: Nuclear War Now!

En matière footbalistique, les Italiens ont plutôt la réputation de faire semblant. Sans aller jusqu’à étendre cette propension à tout un peuple et en toutes matières, force est de constater que les groupes de black metal qui parlent avec les mains ne sont pas vraiment du bois dont on fait les pourfendeurs impitoyables de principes chrétiens ou pacifiques sur fond d’assauts guerriers.
Alors évidemment des sataneux peinturlurés, on en a à foison comme dans à peu près n’importe quelle contrée. Mais les types pratiquant une musique tout droit sortie des entrailles purulentes de l’enfer sont plus rares dans le vignobles toscan ou autour de la Villa Borghese qu’au pays de Céline Dzion ou de celui d’Emile Laque.

En plus de l’origine géographique du groupe, une chose mérite d’être relevée pour son caractère inhabituel : la pochette. Pas de logo rougeoyant sur fond de dessin en noir et blanc représentant une nonne subissant les derniers outrages d’un démon viril parmi une foule de cadavres gisant dans le vomi de la belle-sœur du fossoyeur qui se tape un bon gros 5 contre 1 excité qu’il est par le spectacle diaboliquement érotique de cet accouplement contre nature mais fort bucolique. Non, on n’a pas ça.
On a plutôt une illustration se rattachant au mouvement death metal made in USA. Les liens avec cette scène ne sont d’ailleurs pas qu’illustratifs puisqu’ils concernent également la musique. Venons-y à la musique.

Je ne vais pas vous faire une fastidieuse listes des groupes qui ont inspiré cette ode à la putrescence ; il me suffira de dire que Blasphemophagher s’inscrit dans la droite lignée des adeptes du war/black/death/thrash old school le plus dévastateur qui soit puisque non seulement ils ont rayé le mot « compromis » de leur dictionnaire mais en plus ils ont arraché la page, pissé et dégueulé dessus pour finir par la claquer à la gueule du premier cureton ou hippie venu non sans l’avoir aspergé de sang menstruel rance. En hiver.

Pas de claviers donc, pas de voix féminines, pas de demi molle : du rentre dedans du début à la fin. Près d’une quarantaine de minutes de riffs et de tempos diaboliques. Une précision toutefois. Les Italiens ne nous font pas le coup de la production ultra raw qui fait partie, pour certains, du marketing. Le son est massif et gras mais il n’en est pas moins clair.
La puissance et l’excellence des riffs nous pètent donc d’autant plus efficacement à la gueule que techniquement ça assure grave sa mère la reum. La complexité des structures auraient de toute façon pâti d’un mix brouillon et maigrelet sauf à vouloir donner dans le pseudo groupe culte regrettant de ne pas être né 15 ans auparavant.
Niveau compos, mention spéciale à « Holocaust summoning of nuclear storm » et son break Slayerien qui lui va à ravir ; sans oublier « Devastating radioactive torments » et son bien sympathique faux air de C.O.T.L.O.D. de Testament (The legacy) aux hormones de Rorqual à réacteur atomique, le furieux « …Of Atomic Orgies & Demoniac Elements » à la sauvagerie jouissive ainsi que… ainsi que tout le reste de l’album !

Vous l’aurez compris (dans le cas contraire, j’enfonce le clou), le pied décolle rarement du plancher. Et de toute façon les quelques fois où le batteur parvient à réfréner ses élans frénétiques (« Abyss of lust, chaos and death » ; « Nuclear war now ! ») via des mid simples mais diablement efficaces c’est pour mieux nous caresser les roubignolles avant de les broyer entre les mâchoires d’une hyène à l’haleine putride.
Le chant est ignoble à souhait – plus death que black ce qui rajoute à la puissance ce dont elle n’avait même pas besoin, ça tâche les murs qui ne mettront de toute façon pas trop de temps à s’effondrer car on ne peut pas vraiment dire que ce Nuclear empire of apocalypse est financé par le dispositif « ma maison pour 15 euros par jour ».
Comme de bien entendu la principale thématique n’est pas bien difficile à déterminer, la lecture des titres nous plongeant directement dans le champ lexical de l’annihilation totale et, pour le même prix, violente et haineuse.
Bon en même temps on n’en attendait pas moins de jeunes garçons fringant répondant aux doux patronymes de R.R.Unholy Bastard & PhosgeneWargas (bassiste beugleur), Atomic Incinerator of Necronuclear Collapse & Plutonium Winds (guitariste) et Necrovomiterror (batteur).
Je me demande tout de même s’il ne s’agit pas de pseudo, étant donné que le cogneur ne semble pas avoir de prénom…

Pour ceux qui en ont techniquement la possibilité, je vous suggère vivement d’acquérir la version LP limitée qui contient 2 bonus tracks franchement pas anecdotiques parmi lesquels figurent une reprise de Naked Whipper. Pour les autres, je suggère vivement d’acquérir le cd et de s’en mettre plein la gueule.

 

  1. intro / dawn of chaoscratic tyrrany
  2. bringers of extermination
  3. abyss of lust, chaos & death
  4. curse of the phosgene fog
  5. devastating radioactive torments
  6. holocaust summoning of nuclear storm
  7. …of atomic orgies & demoniac elements
  8. demiurge of thermonuclear damnation
  9. teratogenesis of doom
  10. the return of bestial vomit

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

Groupes cités dans la chronique

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6 Commentaires

  1. Ellestin says:

    MS Paint a encore frappé :o)
    Sinon albüm référence dans le genre

  2. Joss says:

    J’ai été faire un tour sur leur myspace et on a affaire à de sacré « trvues » quand même… la moitié des groupes cités en influence sont précédés de la mention « early » :-) Sinon la musique… pas mon trucs vous vous en doutez mais ça s’écoute.

  3. venom says:

    C’est bien beau de broder, mais il faudrait quand même parler un peu plus de l’album, mais peut-être en es-tu incapables ?
    Pour moi BLASPHEMOPHAGHER c’est le meilleur lien possible entre BLASPHEMY et ANGELCORPSE.
    Bon vu la note que tu as mises, je te pardonne ton inculture.

  4. darkantisthene says:

    ah désolé je ne connais pas trop la scène suédoise et puis je ne voudrais pas trop entrer dans la « contre verse » ;)

  5. AlCheMist says:

    Mouahahah, quelle verve, quelle verve !

  6. Lébo says:

    Intéressant les titres du myzgueg !

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