Axis Of Perdition – Urfe

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Style: post black metalAnnee de sortie: 2009Label: Code666

On a beau être habitué à écouter des disques expérimentaux ou progressifs, il y a toujours des groupes capables de transgresser et de bousculer les attentes de leurs fans les plus fervents. Car si The Axis of Perdition ne vient pas de nous faire un Ulver, Urfe tient de Perditon city de ces mêmes norvégiens une narration complexe qui n’est pas seulement illustrée par la musique mais aussi par un texte récité par un acteur. Le résultat donne un disque prenant, difficile, oppressant. L’inverse totale des fresques épiques contées par Bal-Sagoth.

En effet le premier volet de l’histoire d’Urfe est soutenu par un travail électronique où les samples mystérieux et oppressants que maitrisent à la perfection les musiciens depuis Deleted scenes in the transition hospital sont employés pour créer une atmosphère à la mesure de l’histoire. Je ne parlerai que très peu de celle-ci car je ne suis pas sûr de tout avoir saisi. Le narrateur semble y raconter son parcours dans un territoire inconnu, désolé et maléfique. Je n’en ai pas plus saisi sans que cela m’empêche d’être transporté dans l’univers ainsi crée.

Leslie Simpson, acteur anglais ayant joué dans Dog Soldier, un des meilleurs films réalisés sur les loups-garous de l’avis de tous les connaisseurs, y est narrateur et acteur. Un double rôle qu’il interprète à merveille. Sa voix pourrait être celle d’un chanteur puisque les émotions plus que le texte guident la musique et la progression de l’auditeur. Des répliques ressortent de la même manière que celle d’un film (« … the last thing I need is fucking choices … » dans la cinquième plage de « Grief of the unclean »). Une preuve du talent d’acteur de Simpson dont les émotions sont transmises de manière crédible à travers les divers bruits, reconnaissables ou non, entre les phrases débitées par l’acteur possédé par son personnage.

L’expérience requiert toutefois un degré d’immersion que beaucoup ne seront sûrement pas prêts à entreprendre tant la différence entre leur disque précédent dont les riffs tenait encore du black metal de Mayhem découpé et violé par des influences indus, est jeté aux oubliettes pour les six premières plages. Bien que conquis assez vite, j’émets donc des réserves sur la durée de vie qu’aura ce disque pour moi. Oui, je l’aime beaucoup et je compte bien m’y plonger. Continuerai-je à l’apprécier autant que je fais tourner Deleted scenes … et The Ichneumon method … du fait de ce manque de guitare ? Cela reste à voir.

Les guitares ne se taisent cependant pas sur les deux disques puisqu’après une première plage ambiante, elles interviennent dès le début de la seconde de The Great unwashed (les personnes de basse classe). Le disque reprend souvent ensuite un tournant ambiant mais ce n’est pas une nouveauté pour The Axis of Perdition. En comparaison donc, cette deuxième partie est plus normale et ne présente pas une nouvelle facette du groupe. En ce sens, après un premier disque osé, cette deuxième partie est beaucoup moins risquée. Cependant l’atmosphère y est toujours aussi tendue et difficile. L’exploration de l’univers d’Urfe continue seulement sous la forme plus « traditionnelle » de riffs de guitares entre doom, indus et black metal.

La voix du chanteur gorgée d’effets est celle d’un homme perdu entre plusieurs dimensions de la réalité. Bien que plus mélodique, la place du texte est toujours celle d’un narrateur, complétant encore une fois l’expérience sonore complète et complexe que forment ces deux disques. Une voix plus black metal fait aussi son apparition mais elle est beaucoup moins efficace pour porter les émotions. Cependant à ce stade dans l’écoute du disque, l’expérience est déjà bien assez complète pour que ce détail ne vienne pas trop perturber le fil de l’histoire.

Pour ce que j’ai pu lire des avis des fans à la sortie du disque, l’accueil réservé à Urfe n’était pas très enthousiaste. Certainement car ces deux disques prennent beaucoup de temps pour se révéler complètement. Il faut donner de soi, de son attention, de son temps, pour franchir le portail d’Urfe et ne pas revenir à la réalité pendant près d’une heure et demie. Une durée raisonnable pour un film que l’on ne donne pas si facilement quand il s’agit de musique. Ne touchant qu’un seul des cinq sens, contrairement au cinéma qui affecte autant l’audition que la vue, il ne faut pourtant pas faire d’effort pour que le monde crée par The Axis of Perdition prenne vie derrière vos yeux et transperce ensuite votre peau. Encore plus immersif que Deleted scenes in the transition hospital mais beaucoup moins metal que The Ichneumon method (and less welcome techniques), Urfe est un double album qui divisera mais attirera aussi beaucoup d’autres. Le futur s’annonce toujours aussi intéressant pour ce quatuor britannique.

  1. part 1
  2. grief of the unclean i
  3. grief of the unclean ii
  4. grief of the unclean iii
  5. grief of the unclean iv
  6. grief of the unclean v
  7. grief of the unclean vi
  8. part 2
  9. the great unwashed i
  10. the great unwashed ii
  11. the great unwashed iii
  12. the great unwashed iv
  13. the great unwashed v
  14. the great unwashed vi

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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Commentaire

  1. ZSK says:

    bon album de Dark Ambient mais ça reste quand même une décéption comparé au précédent. le projet s’éloigne trop du BM alors qu’il avait réussi à le marier presque parfaitement sur Deleted Scenes… sinon, mon préféré reste quand même le premier, The Ichneumon Method, qui est une turie de Black Necro à la Anaal Nathrakh avec une voix de dingue! sinon, pour retrouver du BM faut se tourner vers leur side-project, Phaleg (dont l’album devrait sortir bientôt)

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