Bloodkitt – Obscene Planet

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Style: doom industrielAnnee de sortie: 2007Label: Autoproduction

Quand j’étais tout jeune, je suis allé voir Terminator 2 au cinéma avec mon frère. Friand de films d’action, nous allions voir un peu tous les films du genre à l’époque, du plus mémorable (Last Action Hero) au plus anecdotique (Piège en haute mer). La vision apocalyptique d’un futur au sol jonché de crânes humains écrasés par les chenilles d’un tank géant accompagné d’androïdes humanoïdes dénués de chair ne m’avait pas effrayé à l’époque. J’étais bien détaché du film et je ne venais voir qu’un divertissement. Pas de raison d’avoir peur.

Il y a deux ans, je lisais un article sur un professeur, scientifique japonais remplacé en cours par un robot lui ressemblant. Le robot ne débitait pas son cours, lui-même le faisait à distance pour que le robot le reproduise. Plus besoin de faire le trajet depuis son domicile jusqu’à l’université. James Cameron et les auteurs de science fiction qui l’ont précédés avait tort sur un point : la date de l’avènement d’un robot pouvant imiter l’homme. Nous sommes encore loin d’un terminator, mais nous sommes les contemporains de multiples classes de robot toujours plus perfectionnés.

Accompagné par une bande son comme celle que produit Bloodkitt, Terminator 2 et les futurs androïdes peuplant les écrans des télévisions n’ont plus la même personnalité. Plus les mêmes intentions. Plus le même visage. Ajoutez la bonne musique d’ambiance et vous finissez par révéler la véritable nature de ces êtres dénués de chair. Machinerie rythmique artificielle, grognements ne laissant filtrer que quelque filets de chant clair à deux occasions, travail de la distorsion semblable à une visite dans une usine de compression de metal. Bloodkitt n’imagine pas le futur, ils vivent dans le futur vers lequel nous pourrions nous diriger.

The Axis of Perdition, Red Harvest, Godflesh. Des peintres sonores de la dystopie qui guettent à chaque nouvel article de New Scientist ou même de Wired, les adeptes de la révolution technologique constante. Bloodkitt est à l’affût du dernier apocalypse et l’imagine déjà. Entre William Gibson et les peintures de Zdzislaw Beksinski, le cyber punk, la chair et la machine, associés à des panoramas dévastés où de nouvelles espèces se développent sous l’effet des mutations. L’enfer de Tchernobyl tel qu’il a été cauchemardé a enfin une bande son digne de ce nom. Paix à notre âme.

Entre noise et industriel, Bloodkitt va de pair avec des noms comme Blut Aus Nord où les coupables précédemment cités, car ils n’imaginent pas leur musique dans un genre. Ils créent ce genre et déposent les meubles comment ils le désirent. Déstabilisant et extrêmement malsain par moment, l’écoute de Obscene planet est un plaisir que seul une poignée accueillera avec bonheur en son sein mais, qui sera alors acclamé comme il se doit.

Cependant, la fin n’est pas encore proche car Bloodkitt est encore un groupe sans label. Sans distribution, pas de possibilité de colporter le gospel de la destruction. Trois albums sont déjà prêts. Celui-ci étant le premier qu’un membre du groupe a bien voulu me communiquer par le réseau. Alors, qui prendra le risque de nourrir l’imaginaire de fans des groupes susnommés avec de nouveaux hymnes à la destruction ? Il en faudra bien un car l’année ne serait pas complète si ce disque ne bénéficiait pas d’une sortie à grande échelle. Bien produit, bien composé, original et livré avec des scribes, comme votre serviteur, déjà dévoué à la cause, Bloodkitt a déjà tout pour gagner. Manque plus que les sous et les oreilles. Attardez- vous donc sur eux, prenez le temps d’arrêter de respirer et de goûter à leurs compositions.

  1. obscene planet
  2. blood moon
  3. necromancers
  4. funeral in leather
  5. black noise part 1
  6. black noise part 2
  7. skeletal smiles
  8. under the hospital morgue lights
  9. please, let me sleep …

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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Commentaire

  1. damien luce says:

    Ce disque est un vrai régal, merci pour la découverte Hororo !!!

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