Eagles Of Death Metal – Heart On

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Style: rock'n'rollAnnee de sortie: 2008Label: Downtown Recordings

Aujourd’hui tout le monde le sait, les Eagles Of Death Metal sont nées un peu comme une blague sous l’impulsion de l’hyperactif Josh Homme (Queens Of The Stone Age, mais est-il nécessaire de le rappeler ?) à la batterie et d’un de ses plus vieux amis, Jesse « The Devil » (ou « Boots Electric », c’est selon l’humeur) Hugues, à la guitare et au chant.

A la force de deux albums de rock’n’roll fun et kitschement sexy (Peace, Love And Death Metal et Death By Sexy) le groupe a très vite su trouver son public. Pourtant il faut bien admettre que la formule des Eagles Of Death Metal, sur le même principe que les « blagues les plus courtes sont les meilleurs » était sur la longueur, relativement lassante.

Des concerts à la réputation impeccable et les progrès de Jesse Hugues en tant que musicien, et compositeur, permettent aujourd’hui au groupe de livrer sa première véritable réussite avec ce troisième album. Heart On se révèle beaucoup plus dynamique, varié tout en restant cohérent et, en toute logique, franchement moins monotone. Même s’il est vrai qu’au départ, on a l’impression d’entendre la même chose que sur les deux précédents : Les guitares continuent d’exploiter les différentes variations possibles du riff de « Brown Sugar », des Stones (« Heart On ») ; « Wanna Be In L.A », le premier single, reste dans la lignée de ce à quoi le groupe nous avait trop habitué : Batterie qui fait taper du pied, miaulements séducteurs et riffs simplistes tout en déhanchés. Mais, il faut bien le reconnaître, en mieux. De la même manière, « Cheap Thrills » et ses chœurs fantomatiques assurés par Brody Dalle et Josh Homme, semble au départ un simple calque de « The Ballad Of Queen Bee And Baby Duck » (tiré de Death By Sexy). Finalement ce dernier ressemble plus à une démo face au morceau de Heart On.

Une écoute plus attentive impose définitivement le disque. En fait, dès « Anything ‘Cept The Truth », on sent que le groupe est enfin passé à la vitesse supérieure. L’assurance est là. Une assurance qui permet à Jesse Hugues de trouver le courage de se dévoiler plus que d’habitude sur « Now I’m A Fool ». Véritable déclaration d’amour à sa meilleure amie, la chanson est réellement belle, mélodique et soutenue par un solide rythme qui ne perd pas son sens. Elle est surtout LA chanson qui devrait imposer Jesse Hugues dans les charts mondiaux. En même temps, le rock’n’roll et le business n’en seraient pas à leur première injustice. Dernier morceau de bravoure (et du disque), « I’m Your Torpedo » permet aux Eagles Of Death Metal de totalement sortir de leurs limites. L’ambiance se fait plus tordue, étrange et même si on pense aux QOTSA (et la production de Homme n’y est pas étrangère) le groupe conserve son identité et prouve aux derniers dubitatifs qu’il est encore loin d’avoir tout dit.

Les Eagles Of Death Metal n’ont pas fait une croix sur leur sens de l’humour (et « Solo Flights », est là pour dérider le bout de ceux qui pensent le contraire), mais ils nous font sentir que leur démarche est beaucoup plus sincère que ce qu’on pourrait croire. D’où une certaine impression de « sérieux ». Plus que tout, Heart On est la preuve que nous n’avons plus affaire à un side-project potache, mais à un véritable groupe.

  1. anything ‘cept the truth
  2. wanna be in l.a
  3. (i used to couldn’t dance) tight pants
  4. high voltage
  5. secret plans
  6. now i’m a fool
  7. heart on
  8. cheap thrills
  9. how can a man with so many friends feel so alone ?
  10. solo flights
  11. prissy prancin’
  12. i’m your torpedo
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Commentaire

  1. Bob says:

    Entièrement d’accord avec cette chronique. « Death By Sexy » m’avait laissé l’impression qu’ils continueraient à appliquer la même recette à chaque nouvel album… « Heart On » n’est pas fondamentalement différent mais propose quelque chose de plus varié et poussé dans le style. A noter que la basse se fait davantage entendre (absente sur le premier album, peu présente sur le second), ce qui ajoute une certaine lourdeur à leur musique qui n’est pas de refus. Le premier avantage qu’on en tire : l’album est moins vite lassant, ce qui est déjà un grand pas en avant.

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