Solstafir – Köld

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Style: black noise (sic)Annee de sortie: 2009Label: Spinefarm

Déjà 14 ans d’activité pour les islandais de Sòlstafir, pas mal de démos et E.P mais seulement 3 albums dont le dernier en date, Masterpiece of Bitterness (2005) recueillit pas mal de suffrages avec son mélange de black metal et rock n’ roll noisy. 4 ans se sont donc écoulés depuis, ce qui en fait leur plus longue période de silence à ce jour.

Il faut dire que la notion du temps doit sembler toute autre au pays des aurores boréales et des hivers sans fin, mais qui dit longue période de silence ne veut pas dire inactivité. Sòlstafir nous revient sensiblement changé avec un Köld qui devrait marquer les esprits.

L’instrumental “78 days in the desert” plonge tout de suite dans l’ambiance et son titre évocateur n’est pas usurpé. L’image de grandes plaines désertiques nous vient de suite à l’esprit, qu’elles soient glaciales ou suffocantes. Un pari osé que d’entamer un album par un instrumental de plus de 8 minutes mais le mot concession ne semble pas avoir d’équivalent en islandais (la langue la plus proche à ce jour de celle que parlait les vikings, c’était la minute wikiklektik). Il faudra donc attendre le second titre pour retrouver la voix si particulière de Aðalbjörn Tryggvason (pas de doute on a à faire à un gars du cru), une voix qui pourrait provoquer un mouvement de recul à son premier contact… Déclamée, plaintive, déchirée, à peine juste… on pense d’emblée à celle de A.A. Nemtheanga et donc en toute logique à Primordial avec qui ils partagent un goût pour les compos épiques. De là à qualifier Sòlstafir de “Primordial Islandais”, il y a un pas que je ne franchirai pas, même avec tout le respect que j’ai pour les Irlandais.

En effet la musique de Sòlstafir est davantage contrastée même si constamment sombre et pessimiste. Non la joie de vivre n’est pas à l’ordre du jour mais le côté désenchanté se manifeste de diverses façons. Que ce soit au travers d’un rock déglingué et éthylique, d’un doom plaintif ou encore d’atmosphères synthétiques que n’aurait pas renié Burzum (flagrant au milieu de “World Void of Soul”). Les ambiances crépusculaires sont légion et l’on pense aussi à Negura Bunget dans l’art de créer des paysages inquiétants, mais plutôt ceux du grand ouest américain que ceux de l’est Européen. En effet, par certains aspects, Köld pourrait être la bande son idéale d’un Western lugubre et oppressant (leur récentes photos promos auraient d’ailleurs tendance à confirmer cette impression). On pensera aussi à Shining et son excellent Halmstad dans la façon de faire cohabiter un aspect rageur et brut de décoffrage avec des parties plus subtiles, aérées et d’une profonde beauté.

Très long, avec ses 70 minutes au compteur, l’album n’en est pas pour autant longuet, il aurait même tendance à se donner un goût de « reviens’y ». En effet lorsque l’on s’est plongé pendant plus d’une heure dans une ambiance si particulière la tentation est grande d’y retourner.

Assurément un grand disque et probablement une étape importante dans la carrière des islandais.

Tracklist :

  1. 78 days in the desert
  2. köld
  3. pale rider
  4. she destroys again
  5. necrologue
  6. world void of souls
  7. love is the devil (and i am in love)
  8. goddess of the ages
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2 Commentaires

  1. Uter says:

    Coté zic rien a dire c’est pas mal du tout, par contre ce chant, rien a faire çà me gave rapidement :-(

  2. krakoukass Krakoukass says:

    Pure bombe, d’ores et déjà l’un des albums de l’année. Tout au plus on pourrait reprocher une 2ème moitié d’album un peu moins bonne que la sublime première moitié…

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