ATP Nightmare Before Christmass 2008

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Annee de sortie: 2008

Retour sur un festival qui a eu lieu il y a presque 6 mois, mais vaut mieux tard que jamais, et malgré ma fluctuante consommation de psychotropes, je n’ai pas déjà oublié ces quelques jours en terres rosbif, malgré une crève m’ayant plus incité à me pieuter qu’à aller me farcir des journées entières de concert.

Le principe des All Tomorrow’s Party festival, à l’origine créé en 2000 par des anglais mais exporté depuis aux Etats-Unis, est de laisser à une ou plusieurs personnalités le soin de concocter l’affiche d’un festival, qui se passe généralement sur un week-end. Ainsi Portishead, The Mars Volta, Sonic Youth, Shellac, Slint, Mogwai, Tortoise, Explosions in the Sky et même le créateur des Simpsons Matt Groening ont déjà joué le jeu par le passé, et pour cette édition de fin d’année 2008, nommée « The Nightmare Before Christmas », Mike Patton et les Melvins étaient les « curators », et se sont chargé de la programmation de ces 3 jours, cette fois dans un centre de vacances sur la côte Ouest anglaise, investi intégralement pour l’occasion.

L’esprit du festival est indie rock même si il se targue d’une grande variété dans les styles des groupes présents – quoique le terme “indé” s’applique à tous -et s’adresse à un public préférant des cadres plus intimistes et des programmations plus originales que celles des grands festivals estivaux. La curiosité envers le concept et une affiche attractive – traduire plus axée metal – cette année nous a donc convaincu avec quelques potes de faire le voyage, d’autant que ça permettait de passer par Bristol et Cardiff pour ce qui fut plus une petite semaine de vacances que seulement un festival.

On se retrouve donc sur le site du festival le vendredi en milieu de journée, dans ce grand centre de vacances à la Center Parcs français mais en moins « nature » et en plus axé gamins, pour être clair plus beauf, qu’est le Butlins Resort de Mineheads. En fait le lieu, qui était réservé aux festivaliers, se partage entre des résidences d’appartements et un espace sous un chapiteau énorme qui comprend, entre divers activités pour gamins (heureusement absents) dont des piscines couvertes, des lieux pour bouffer (quelques chaînes de fast food) et les 2 salles de concert. Notre appartement, correct quoique spartiate, se trouvant à quelques minutes à pied des salles, c’était assez pratique pour y rentrer manger, se ravitailler ou piquer un somme. Par ailleurs, 2 chaines sur la télé dans le salon diffusaient des films programmés par Patton et les Melvins, une initiative assez sympa (d’autant que tous les fims repris sur le Director’s Cut de Fantomas étaient programmés). Enfin, on était pas là pour voir des films sur une télé mais je me suis quand même maté un bon bout d’un film glauque dans un état comateux.
J’entame le festival par les « Melvins 1983 », premier des 3 sets des Melvins du festival, celui là consacré à des morceaux datant de leurs tous débuts, avant même qu’ils n’enregistrent leur premier album. Buzz Osbourne était donc sur scène avec Dale Crover à la basse et le premier batteur du groupe, du temps où Buzz n’avait même pas 20 ans. En à peine une demi-heure, les 3 musiciens proposèrent un set plutôt anecdotique, une poignée de titres punk de groupe d’ado de garage, sans grand intérêt hormis pour les fans fanatiques. Big Business qui accompagnent régulièrement les Melvins depuis qu’ils se sont ajoutés au line-up sur les derniers albums, jouait ensuite leur propre set, sympa, efficace, avec un bassiste assez en voix. Dale Crover des Melvins viendra les seconder à la gratte en fin de set.

Les 2 autres sets des Melvins furent eux plus proches de ceux des dernières tournées, donc axés sur Senile Animal et Nude With Boots, avec 2 batteurs dont celui de Big Business.

Je dirais juste que Isis ont fait un putain de concert, son et interprétation parfaite, j’étais dedans tout du long, en transe. Bien sûr le set était surtout axé sur les derniers albums, il ne fallait pas s’attendre à n’avoir que les morceaux les plus brutaux de leurs débuts. Etant resté devant Isis, j’ai loupé tout le set de Zu qui m’a-t-on dit, et je n’en doute pas, devait être excellent, mais je les ai déjà vus 2 fois et leur noise free jazz me gonfle rapidement.

J’ai vraiment beaucoup aimé Madlove que je découvrais, c’est le nouveau groupe de Trevor Dunn (Mr. Bungle/Secret Chiefs 3/Tomahawk) je choperai l’album dès qu’il sort, un rock progressif avec un gros niveau instrumental, secondé par une chanteuse asiat aux voix jazz originales.

Mastodon personnellement j’ai adoré les 2 sets, j’ai même un poil préféré le 1er, gros son, un seul gratteux (Bill Kelliher malade) mais ce qu’on perdait en puissance donnait de la clarté au son, grosse énergie sur scène, des musiciens qui bougent dans tous les sens, les morceaux qui défilent sans interruption, avec une série de 3/4 titres des premiers albums à la suite dont « March » et « Megalodon » démentiels, une reprise de Thin Lizzy au premier set. A noter la reprise finale des Melvins (“The Bit” ) qui était sur le tribute aux Melvins jouée avec 3 batteurs dont les 2 des Melvins plus Buzz Osbourne.

Butthole Surfers sans grand intérêt musical à mon goût, du rock vieillot qui expérimente avec le chiant, le chanteur est lourd, sa voix insupportable.

J’avais bien envie de voir Black Heart Procession, ayant plutôt apprécié un de leurs albums mais leur concert m’a rapidement lassé après quelques morceaux. Même si c’est bien exécuté, c’est assez simpliste sur scène, et au vu de la musique, je m’attendais à quelque chose de plus tendu et poussé sur scène, une ambiance mystique, là c’était plutôt pépère, sans charisme.

Fantomas, le « super groupe » constitué de membres de Slayer, Mr Bungle, Melvins, etc. L’intérêt principal du concert était de voir Fantomas interpréter leur Director’s Cut, un album sorti en 2001, reprenant à leur sauce grind barrée les bande sons de classiques du cinéma fantastique. C’était bien la 4ème fois que je voyais le groupe et j’apprécie toujours autant sur scène, bien plus que sur album, la retranscription chirurgicale des morceaux, les rythmiques barrées, les interventions de Patton forment un tout unique.

La crève n’aidant pas, je n’ai rien vu non plus du hip hop mêlé de sons industriels de Dälek, et je n’aurais vu que la fin du concert de Torche, sludge-pop-metal rencontre de Black Sabbath et des Melvins.

Certains groupes jouèrent trop tard, Bohren Und Der Club Of Gore trop tôt, difficile de commencer une journée de festival avec leur musique jazz doom d’une lenteur assomante. Ca aurait été mieux en conclusion de la journée.

Ensuite du jamais vu, Monotonix. Les quelques vidéos glanées sur youtube nous avait mis la puce à l’oreille, le fait que le groupe installe son matos au milieu du public juste devant la scène continua à nous intriguer, et nous incita à nous caler le plus proche possible, mais je dois dire que je ne m’attendais pas vraiment à ça. Déjà faut voir l’allure de ces 3 israéliens, grands maigres à la touffe frisée abondante, qui traversent en silence le public pour accéder à leurs instruments. Le guitariste commence à envoyer du feedback, les 2 autres, à moitié à poil, se contorsionnent de façon louche sur le sol, entourés par un public intrigué, quand le délire démarre d’un coup sec, le chanteur se rue sur des bouteilles pour arroser le public alentour, pique des bières dans les mains et les renversent au hasard sur tout ce qui est à proximité, sur la gueule du batteur déjà sur son siège à marteler une rythmique binaire comme un forcené. Un show de fou qui ne s’arrêtera jamais, le chanteur, surexcité, puis les membres du groupe se dissémineront dans le public, toujours avec de l’eau et de la bière dans tous les sens, il passe les 3/4 du concert en slam, le guitariste joue non stop sans même voir les autres membres, la batterie qui se démentèle et navigue dans le public en éléments séparés, le batteur continuant à avoir toujours un élément sur lequel jouer repris par la sono. Ca se termine en ruée à l’extérieur de la salle, le chanteur porté en slam sur la grosse caisse fait son numéro puis tout le monde se fait éparpiller par la sécu. Du nimp’!

Kool Keith ça se résume à 2 gugusses qui se baladent sur une scène vide, l’un des 2 rappants des conneries à base de « i want to touch your thing girl », « pull off your clothes girl », « Kool Keith in da house », l’autre finissant les phrases sur un « yo », les clichés hip hop s’enchainent avec toujours la même instru envoyée par un dj qui masterise l’appui sur la touche play.

Squarepusher, c’était assez bon sur scène, j’ai réussi à tenir debout malgré la fatigue (début à 2h30…) après un week-end à avoir la crève (saloperie de climat anglais). Le type est seul sur scène mais occupe l’espace avec son matos, claviers, machines et des lumières synchronisées en fond, il balance son electro/drum n’bass tout en y intégrant des lignes de basse slapées tout à fait convaincante. C’est original, dansant et imaginatif.

En conclusion, n’étant malheureusement pas dans la meilleure forme, je n’ai pas apprécié le festival autant que je l’aurais voulu mais les concerts ont été à la hauteur d’une programmation assez incroyable.
C’était quand même un peu limite niveau investissement groupes/prix mais faut voir que les conditions sont assez pratiques, on avait l’appart à moins de 5 minutes à pied des scènes, ce qui m’a permis de faire des siestes entre les groupes et de revenir y picoler. Les conditions des concerts étaient très bonnes, le son généralement impeccable, il était possible d’être très proche des groupes facilement. On avait vraiment l’impression de prendre part à un week-end entre potes avec des concerts à taille humaine, sans le gigantisme impresonnel habituel des gros festivals. Et puis à prendre en compte le fait que ce voyage nous a permis de voir Bristol et Cardiff, cette dernière étant une ville vraiment jolie.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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