Impure Wilhelmina

2 Commentaires      1 208
Annee de sortie: 2010
Petit entretien avec Michael Schindl (chant / guitare) quelques mois après la sortie du dernier album de Impure Wilhelmina, Prayers and arsons.

Après avoir longtemps été disponible sur le net dans une version non-masterisée, votre dernier album (Prayers and arsons) est sorti en fin d’année dernière sur le label Get A Life. Ça doit être un peu rageant de voir son travail mis à disposition de la sorte sur internet, quelle à été votre réaction lorsque vous en avez été informé ?

Ce qui nous à le plus gêné, c’est le fait qu’il s’agissait d’une version non-masterisée, donc inachevée. Sinon c’était prévisible. On a quand même fait retirer l’album sur 2-3 sites, ce qui ne sert pas à grand chose bien sûr…

Si internet est un outil de promotion indéniable pour de nombreux groupes, votre expérience prouve clairement que c’est un outil à double tranchant. Quelle est votre position par rapport au téléchargement de musique sur la toile ?

Il faudrait qu’on s’y mette, proposer une version légale de notre musique. Mais bon le téléchargement illégal, tout le monde en fait, tout le monde est poussé par la curiosité de découvrir un groupe, un album…le principe tacite étant que si tu aimes bien la musique que tu as téléchargé, tu vas acheter l’album. Cela fonctionne pas trop mal pour nous, car la plupart des gens qui s’intéressent à impure sont souvent sensibilisés à cette problématique.
D’un autre côté, nous avons constaté que pas mal de versions « illégales » de notre album proviennent de sites hébergés dans des pays ou notre disque est introuvable (c’est à dire environ 99% des pays…). On est quand même content quand un type de Novossibirsk apprécie notre musique, peu importe comment il y a eu accès…

Pour un groupe de votre envergue, quelles peuvent en être les répercussions par rapport à l’investissement financier et personnel que demande l’enregistrement d’un disque ?

La joie d’avoir des gens qui nous disent qu’ils aiment notre album.

Pour revenir à votre album, savez-vous comment il a été accueilli ? Avez-vous déjà eu quelques retours ?

Oui, il a un bon accueil d’une manière générale, quelques voix discordantes émettent toutefois des réserves (c’était mieux avant, blablabla). On trouve facilement des chroniques sur internet.

Impure Wilhelmina a connu de nombreux changement de line-up depuis sa création, mais sur ce nouvel album, on a vraiment la sensation de se retrouver face à un groupe plus soudé que jamais. C’est d’ailleurs le sentiment que j’ai eu lorsque je vous ai vu en concert au Locle en août dernier. Peut-on dire qu’il s’agisse d’une sorte de nouveau départ pour le groupe ?

Si tu veux. Mais je n’ai pas l’impression de m’être arrêté.

Michael, je me souviens avoir lu quelque part que la majeure partie des idées venaient de toi, et que tu passais souvent du temps seul dans votre local à peaufiner et à enregistrer tes idées. Comment abordez-vous le processus de composition ? Est-ce que le groupe fonctionne de façon démocratique ?

Non. Généralement, je propose des idées et on arrange, construit, déconstruit cela à quatre.

Si Prayers and Arsons possède un côté mélodique plus marqué que sur vos précédents albums, on y retrouve aussi des compositions nettement plus concises, directes. Est-ce venu naturellement ou avez-vous vraiment pris le temps de trier ce qui était superflu et ce qui ne l’était pas ?

Il y avait quand même une volonté d’aller dans ce sens, sans tomber dans l’austérité bien sûr. Mais je crois surtout que c’est « l’amour, la mort, l’enfance perdue » qui est très « étalé ». En effet, nous l’avions enregistré avec la volonté de tout mettre sur la table, sachant que c’était le dernier enregistrement de ce line-up. Par contraste, « Prayers and arsons » donne cette impression de concision.

Vous avez une nouvelle fois fait appel à Serge Morattel pour l’enregistrement de votre album, et ce qui frappe, c’est que sa production suit parfaitement l’évolution musicale entamée par le groupe. Comment se sont passés les sessions d’enregistrement ?

Très bien, comme d’habitude. Il a su suivre l’évolution musicale, car il a plus d’une corde à son arc, et ça nous le savions. Nous savions qu’il enregistre beaucoup de style différents, joue très bien de la guitare, chante, et est un fan de rock progressif…tout cela, et d’autres choses font qu’il a l’oreille du lynx, et la gentillesse du chamois, traqué par le lynx.


Depuis le temps que vous collaborez avec lui, on peut quasiment dire que Serge est le cinquième membre du groupe, non ?

Disons qu’il connait impure mieux que personne.

J’ai vu que vous aviez déjà quelques dates de prévues pour cette année Suisse, mais est-ce qu’une tournée (ou mini-tournée) est à l’ordre du jour ?

On tente de mettre en place quelque chose pour l’après midi de 2009.

Michael, j’imagine bien qu’avec la sortie de Prayers and arsons Impure Wilhelmina reste ta principale priorité, mais pourrais-tu nous dire ce qu’il en est de Vancouver ? Est-ce que le deuxième album est toujours d’actualité ?

On s’y remet lentement.

Lorsque l’on parle de la scène genevoise, on pense assez rapidement à des formations tels que Knut, Nostromo, Shora, Rorcal, ou encore Prejudice. Pensez-vous qu’il y ait quelque chose de spécial dans l’air ou dans l’eau du lac de Genève (fallait bien la sortir celle-là…) pour que tout ces groupes soient si énervés ?

Tu prends n’importe quelle conurbation de 300 000 – 500 000 habitants dans un pays ou les ventes des albums de Carcass sont à peine au-dessus de l’anecdotique, et tu pourrais faire la même analyse, avec ou sans lac.

L’usine est un lieu incontournable de la vie nocturne genevoise qui propose toujours une programmation très éclectique est pointue, que représente cette salle à vos yeux ?

Tout. On y a joué tant de fois. La meilleure, c’était quand même la derniere pour notre vernissage.

Vous allez d’ailleurs venir faire une date à Lausanne le 27 février prochain avec les lyonnais d’Overmars au Romandie. Ce sera votre premier concert dans les nouveaux locaux du club qui a déménagé l’été dernier. Quels souvenirs gardez-vous de votre passage en 2007 avec Ephel Duath dans l’ancienne salle, qui avait vraiment un côté roots ?

C’était bien. C’était le dernier concert que nous avons fait avec Alex, notre ancien guitariste. Je me rappelle que Mario, notre batteur avait oublié ses cymbales au local. On ne voulait pas demander à Ephel Duath de nous prêter les leurs…donc on a fait un soundcheck sans cymbales, le truc qui sert à rien…finalement les Favez nous en ont gentiment prêtés.
Je me souviens aussi que quelques jours après le concert, une personne visiblement déçue par notre prestation nous a dit que sur scène on ressemblait à une bande de beaufs…dur retour à la réalité pour certains qui s’imaginent naïvement que nous sommes des messies.

Impure Wilhelmina est actif depuis un bon bout de temps (1995 si je ne m’abuse), quel regard portez-vous sur la scène musicale Suisse ?

On s’en fout.

Qu’est-ce qui a changé le plus par rapport à vos débuts ?

La confiance en soi, un peu moins vacillante.

Si vous en aviez la possibilité, y’aurait-il quelque chose que vous feriez différemment ?

Je partirait directement dans une optique « metal », pour éviter que le mot « post-hardcore » nous colle aux baskets.

Vous avez aussi participé à la compilation « Falling down » qui est sortie en fin d’année dernière. En tant que groupe, ça doit être hyper motivant de voir deux jeunes sortis de nulle part organiser ce genre de projet ?

Oui, c’est vrai. On a tous été impressionnés par leur engagement. Bravo à eux.

Avant de terminer, pourriez-vous nous dire quels ont été vos derniers coups de cœur musicaux ?

euh…?

Pour 2009, que pouvons-nous souhaiter au groupe ?

De faire de bons concerts. Nous allons aussi essayer de composer des nouveaux trucs.

Un dernier mot ?

Merci.

Merci beaucoup pour votre temps et bonne continuation à toute l’équipe pour la suite !

Up Next

Du meme groupe

2 Commentaires

  1. Schwardrak says:

    =\ … enfin ça me fait toujours plaisir de lire une interview d’un de mes groupes préférés

  2. Krakou says:

    Ouais, on peut pas dire que Michael Schindl soit du genre prolixe… Dommage…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *