Prodigy – Invaders Must Die

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Style: techno-électro/punkAnnee de sortie: 2009Label: Take Me To The Hospital

Les bad boys anglais sont de retour avec un album qui sent bon la série Z. Rien que le titre et la pochette nous mettent sur la voie, le cru 2009 sera rétro kitsch ou ne sera pas.
Il faut dire qu’après avoir joué les méchants garçons en injectant une légère dose de punk dans leur techno big beat sur l’excellentissime Fat of the Land, les Prodigy ne font aujourd’hui plus peur à grand monde et d’ailleurs Liam Howlett (LE seul et unique cerveau du groupe) ne semble pas être homme à vouloir faire du sur place avec sa formation.

Pour preuve, le bougre nous propose avec ce Invaders Must Die rien de moins qu’un saut dans le passé, accompagné qu’il est cette fois par ses deux acolytes (Keith Flint et Maxim), même si leur participation vocale reste assez ténue.
Les sonorités de ce nouvel album sont indéniablement les plus old-school entendues pour ainsi dire depuis le premier album Experience. Loin d’être un point négatif, ce petit goût de nostalgie est plutôt même agréable (les voix trafiquées de « Take Me to the Hospital » fleurent bon le passé), et des titres comme « Omen » (la bombe du disque) prouvent qu’on peut encore faire de la bonne soupe dans un registre pourtant usé jusqu’à la corde. On trouve même avec « Thunder » un sympathique retour vers des sonorités reggae qui étaient présentes sur les deux premiers albums du groupe, et qui avaient depuis complètement disparues.
Si les guitares ne font pas (plus ?) partie du son de Prodigy, on retrouve cette énergie rock qui a toujours fait partie de l’identité du groupe et qui explique qu’il soit souvent un symbole de recouvrement entre les deux scènes techno et rock. Pour autant, la musique est peut-être cette fois plus en avant que par le passé, par rapport aux vocaux, moins présents et qui ne font cette fois l’objet d’aucune participation d’invités annexes.
On hausse les sourcils lorsque commence « Warrior’s Dance » croyant reconnaître le « Engel » des teutons de Rammstein, puis avec les voix féminines très typiques de la dance dans les années 90 qui s’invitent dans la partie.
L’album se termine avec un sympathique « Stand Up » très différent de l’univers habituel de Prodigy, tous cuivres dehors, quelque chose qu’on aurait plutôt imaginé venant d’un Fat Boy Slim par exemple… Totalement instrumental, voilà typiquement le genre de titre dont les télés raffolent pour illustrer des images (sportives par exemple).

Invaders Must Die est clairement un album propice à enflammer les dance-floors mais il ne restera à coup sûr pas dans les annales et l’on est bien loin d’atteindre la qualité des deux grands opus de Prodigy, Music for the Jilted Generation et Fat of the Land qui restent aujourd’hui encore indétrônables. Always Outnumbered, Never Outgunned avait déjà quelque peu déçu son monde, aujourd’hui les anglais nous proposent un album sympathique, frais, qu’on aura plaisir à mettre dans la bagnole en été pour faire de la route, mais qui ne contient pour ainsi dire rien qui puisse en faire un album aussi culte que les autres albums du groupe.
Une semi-déception en somme, qui ne masquera pas le côté fun et très agréable de l’écoute que procure cet album et la qualité des quelques morceaux qui se détachent du lot : « Omen », « Take Me to the Hospital » (qui pour l’anecdote est le nom du nouveau label monté par le groupe, et sur lequel sort cet album), ou encore le très original « Piranha ».

A noter que l’album est sorti dans de multiples éditions différentes (on a vite fait de s’y perdre). L’édition japonaise propose deux bonus tracks instrumentales qui valent plutôt le coup : « Black Smoke » assez atypique, très en basse (gros son de basse qui rappelle KoRn un peu) et « Fighter Beat » pour le coup beaucoup plus expérimental et sombre (proche du travail des Dust Brothers sur la BO de Fight Club).
Le coffret limité contient en outre un EP intitulé The Lost Beats qui contient aussi ces 2 titres, et également « The Big Gundown » ainsi que « Wild West ».

  1. invaders must die
  2. omen
  3. thunder
  4. colours
  5. take me to the hospital
  6. warriors dance
  7. run with the wolves
  8. omen (reprise)
  9. world’s on fire
  10. piranha
  11. stand up
krakoukass

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krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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5 Commentaires

  1. dayspring says:

    ils ont sorti un disque entre fat of the land et celui ci…

  2. krakoukass Krakoukass says:

    Tain pour une fois que tu lis une kro tu ne la lis pas entièrement!! Je cite donc : « Always Outnumbered, Never Outgunned avait déjà quelque peu déçu son monde, aujourd’hui les anglais nous proposent un album sympathique, frais, qu’on aura plaisir à mettre dans la bagnole en été pour faire de la route, mais qui ne contient pour ainsi dire rien qui puisse en faire un album aussi culte que les autres albums du groupe ».

  3. Joss says:

    Il était très bon le précédent, le seul que je possède de Prodigy d’ailleurs…

  4. Gorth says:

    @Joss
    je comprends pourquoi tu le trouves très bon alors. ;)

  5. Joss says:

    Parce que j’ai pas de moyen de comparaison ? Je connais tout de même très bien « The Fat of the land », mais je n’ai plus envie de l’écouter tellement je l’ai entendu à l’époque :-)

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