Candiria – Kiss the Lie

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Style: crossover metal/hardcore/jazz/hip hopAnnee de sortie: 2009Label: Rising Pulse

What doesn’t kill you était un album médiocre. Fatigué du style qu’ils avaient développé depuis Surealistic madness, le groupe voulait se renouveler, d’où un album au style épars que John Lamachia, guitariste absent au moment de la composition, reconnait comme étant parfois trop éloigné du style qu’ils avaient instauré. Son retour pour Kiss the lie ne signale pas pour autant un retour aux sources mais, la concrétisation de ce besoin de trouver un style qui soit à la fois dans la continuité tout en étant une réinvention.

Deux ans après sa composition, son enregistrement, son mixage et même la conception d’une pochette que l’on peut trouver sur le CD offert avec l’édition vynile (seule édition qui sera normalement réalisée pour ce disque pour des raisons contractuelles avec leur label), le disque peut enfin sortir et prouver au monde que la transformation que Candiria avait désiré est maintenant aboutie, n’en déplaise aux nostalgiques ou aux allergiques au chant clair.

Car, du chant clair, il y en a beaucoup. Carley Coma en a eu manifestement marre de rapper ou de crier avec une voix gutturale et a donc troqué son style pour ces lignes de chant qui rappelaient tant POD sur leur disque précédent. Cependant, la musique qui l’accompagne est maintenant très loin de ses écarts de conduite. La fusion que pratique Candiria se forme aujourd’hui autour de la soul, du jazz, du metal, du hardcore et de diverses tendances électroniques (dub, techno hardcore, drum and bass). L’influence rap est beaucoup moins évidente mais n’entraîne pas une déperdition du caractère urbain de leur musique. Plus sombre et aussi plus riche en émotion, Kiss the lie réussit sa fusion avec toujours autant de groove et de cohésion entre les musiciens.

Les transitions entre chaque partie sont très travaillées afin que chaque chanson ne perde pas en cohérence tout du long. Les variations saccadées qui permettait de souligner les différents styles empruntés ne sont donc plus aussi évidentes aujourd’hui et pourront donc faire douter quant à la richesse de cette musique comparée à leur style virtuose d’autrefois. Pourtant, difficile d’avoir grand-chose à redire en matière d’éclectisme sur une chanson comme « Icarus syndrom » avec son introduction très Tool, ses transitions entre des riffs parfois metal et parfois rock, des rythmiques constamment décalées entre tous les musiciens et même l’intrusion d’un beat techno hardcore joué a la batterie en guise de conclusion.

Certes, il y a maintenant des refrains! Comble de la trahison envers le style éclectique et explosé du groupe à leurs débuts! Mais quand ces refrains sont aussi efficaces que celui de « Legion » où deux lignes de chant, l’une criée et saccadée et l’autre claire et élancée, se superposent pour s’acheminer à l’issu de la deuxième reprise vers un soli psychédélique et tordu, il faudrait vraiment être vicieux pour crier à l’infamie.

Une écoute au casque suffit d’ailleurs à se rendre compte de la richesse des chansons. Au premier abord elles m’ont d’ailleurs paru beaucoup plus longues qu’elles ne le sont réellement tant les variations sont importantes en riffs, en rythmiques et en lignes vocales. La production est aussi très propre et claire pour donner à chaque musicien la place qu’il mérite.

La sortie de ce disque aura été l’équivalent des douze travaux d’Hercule pour ce mythique groupe qui n’a jamais rencontré la reconnaissance massive qu’ils méritaient pourtant dès leurs débuts. Précurseurs d’une fusion riche et intelligente, prête à tous les emprunts et aux variations les plus surprenantes, Candiria se place encore aujourd’hui en dehors des modes avec un disque fort, sombre et mélodique. Vivifiant et original, ce nouveau chapitre ne plaira surement pas à tous les fans mais, leur permettra surement de gagner un nouveau public à condition que leur voix se fasse entendre malgré le manque de promotion qu’ils recevront de la part de leur label original, Type A Records.

  1. icarus syndrom
  2. sirens
  3. reflection eleven
  4. the sleeper / thorns for the dying
  5. legion
  6. alicia
  7. a rose dies in eden
  8. ascend
  9. it starts with a splinter, it ends with a knife
  10. genuine
  11. omaha nights

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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6 Commentaires

  1. Lébo says:

    a part la première phrase, je suis d’accord…
    Il y a tellement de passages qui pourraient me faire hurler et pourtant Candiria sait éviter les pièges! Encore un bon album au final (meme si je préfère l’ancienne mouture du groupe)…

  2. jonben jonben says:

    J’approuve, un album qui passe bien. Heureusement qu’il y a les mp3 étant donné qu’il ne sortira pas en CD apparemment…

  3. pearly says:

    hahaha

  4. Candiria-Thon says:

    ah pitin il est finalement sorti celui-là ? curieux d’écouter ça, les morceaux sur leur myspace m’avait redonné goût au groupe…

  5. deep says:

    Un album mediocre? Connard.. Les gouts et les couleurs… Un album que TU trouves mediocre aurait été plus correct !

  6. Joss says:

    Dans la mesure ou c’est SA chronique, ça veut effectivement dire qu’IL le trouve médiocre… aucune chronique n’est censée détenir la vérité absolu. Et aucun chroniqueur ne mérite pas non plus d’être insulté…

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