Archgoat – The Light-Devouring Darkness

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Style: black metalAnnee de sortie: 2009Label: Blasphemous Underground

Ça ne va peut-être pas concerner grand monde mais que ceux qui pensent que seuls les Canadiens sont capables de nous chier des immondices à la gueule dans un rire gras et profond révisent leur opinion car la Scandinavie n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de faire bobo cucul.
Si vous suivez un peu l’underground du black à tendance « warisante », vous avez dû remarquer qu’on assiste ces derniers temps à un véritable défilé de pochettes blasphématoires et tricolores. Eh ben Archgoat, eux, ils font ça depuis les débuts 90’s en compagnie de leurs collègues de la pléaïde Beherit avec qui ils ont d’ailleurs partagé un split en 1999.
Enfin, pour être exact, ils ont fait ça début 90’s et ensuite ils se sont faits une bonne grosse pause de 13 ans après n’avoir sorti que 2 démos (Jesus spawn en 1991 et Penis perversor en 1993) et un EP (le fameux Angelcunt (tales of desecration) en 1992).
La version officielle de la pause ? Alors qu’ils étaient, courant ’93, tranquillement (c’est-à-dire au milieu des cadavres desséchés de bouteilles de jack daniel’s et de vierges défouraillées) en train d’enregistrer un album, il y a eu un souci avec leur label de l’époque.

Vous faites quoi, vous, quand vous avez du matos pour enregistrer un album et que vous avez un souci avec votre label ? Vous en cherchez un autre pour sortir le plus rapidement possible le matos qui selon vous va calmer toute la scène, non ? Ah tas de vermines que vous êtes ! Vous ne pensez qu’à la tune ! Archgoat, eux, se rendent compte – soudainement – que la scène est finalement devenue trop commerciale et partent bouder dans les cimetières.

On pourrait croire que, justement, constater la faiblesse de la scène les aurait plutôt incité à encore acérer leurs crocs. Las, le trio, peut-être psychologiquement trop fragile, préfère tout laisser tomber.
Et puis, un beau jour de 2002, le guitariste Ritual Butcher, fin observateur, se dit sans doute que la scène est enfin débarrassée de la masse faible qui délivre des albums de black trendy osant ne même pas glorifier Satan et décide de relancer la machine. Cette renaissance se fait quand même progressivement puisque le groupe se contente dans un premier temps d’exhumer des titres de 1993 via un EP de 2004 (Angelslaying black fucking metal). Il faudra, en effet, attendre 2006 pour enfin pouvoir jeter une oreille sur un premier album aux titres post 90’s.

On l’aura compris, Archgoat c’est des fous, c’est des purs.
Comme de bien entendu, les zigotos n’ont pas évolué d’un iota depuis 1993.
Rien à redire là-dessus, s’il y a bien un genre où les gus n’ont pas intérêt à modifier la donne c’est celui-là : le black old school primaire, cradingue, barbare, sans compromission, bref noir comme un vieux cul putréfié sur lequel on aurait soigneusement fait caca.

En 2006, ils avaient tenté de démontrer avec Whore of bethlehem que la scène pouvait encore compter sur leur savoir faire ; en 2009 ils mettent la 2ème couche avec un The light devouring darkness sans fioriture.
En même temps y’avait plutôt intérêt à ce que ça aille droit au but parce qu’en 29 minutes on n’a pas vraiment le temps de s’emmerder avec des outro, des soli voire du clavier auxquels on avait droit – certes avec parcimonie – sur Angelcunt (tales of desecration) ou Whore of bethlehem.
Seul sacrifice fait sur l’autel de la concession, la désormais traditionnelle intro d’une minute.
Pour le reste, c’est du Blasphemyien dégueulasse et bestial à tous les étages. A commencer par les vocaux/aboiements de Lord Angelslayer, qui semblent évoluer vers un véritable croisement entre ceux de Dagon d’Inquisition et la tuyauterie défectueuse d’un abattoir désaffecté.
Côté musique, comme je vous le disais, pas de changements majeurs. On peut en revanche noter une science de l’alternance passages supersoniques/mid tempos encore plus dévastatrice que sur les opus précédents. Dès la tuerie « Apotheosis of Lucifer », suivie de près par « Tribulation of the King of Worms », la maîtrise du groupe de sa partition macabre ne fait aucun doute.
Son souhait de pourfendre le crâne, le fion ou l’hymen de qui voudra se mettre sur son chemin n’est, lui non plus, pas vraiment à remettre en cause. Dans le cas contraire, l’écoute des brûlots incandescents que sont « Sodomator of the Doomed Venus », « The Light-Devouring Darkness » ou « Fornicated Messiah » finiront de convaincre les fines bouches du caractère particulièrement jouissif de cet album qui dépasse, selon moi, son prédécesseur.

Archgoat, ou comment, en moins de 30 minutes, convaincre qu’il n’en fallait pas une de plus.

  1. intro: 3rd invocation
  2. apotheosis of lucifer
  3. tribulation of the king of worms
  4. goat and the moon
  5. sodomator of the doomed venus
  6. the light-devouring darkness
  7. blessed in beast’s blood
  8. worms born of martyrdom
  9. fornicated messiah
  10. the dawn of the antichrist

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. Ellestin says:

    bêêêêêh

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