Esoteric – The Maniacal Vale

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Style: funeral doomAnnee de sortie: 2008Label: Season Of Mist

Je ne m’étais jamais intéressé à Esoteric jusqu’à la sortie de The Maniacal Vale que tout le monde m’a recommandé avec véhémence. J’avais pourtant déjà écouté Subconscious Dissolution into the Continuum sans y trouver un grand intérêt. Je lui ai même donné depuis une nouvelle chance mais sans succès. Rien ne me préparait à être emporté par The Maniacal Vale et être autant fasciné que je le suis, comme toutes les personnes qui l’ont entendu, par ce disque d’une obscurité plus profonde que les trous noirs.

Monstrueusement épique, ce monolithe musical mérite toute votre attention si vous aimez les musiques sombres. Au-delà de la mélancolie et de la dépression, Esoteric peint la disparition d’un univers à la vitesse que prend le cosmos pour se mouvoir. Les massacres sont chaotiques, désordonnés et violents. La disparition d’une planète est par contre un procédé beaucoup plus lent et ne nécessitant pas une volonté suprême, mais obéissant à un rythme naturel, qui se retrouve ici reproduit à la perfection sous la forme d’un doom funéraire dénué de toute émotion humaine.

Contrairement aux groupes de black metal qui se veulent les catalyseurs d’une haine suprême, Esoteric dégage une négativité puisée dans la même contrée qu’explore Darkspace. Plus de violence, plus de rage, juste une destruction complète et méthodique de toute trace d’humanité. En vingt minutes, « Circle », la première chanson, résume dans une composition riche la noirceur intégrale que dégage ce double album sur une heure et demie.

On dit des esquimaux qu’ils possèdent plusieurs mots pour parler de la neige. Esoteric trouve de nouvelle manière de créer l’obscurité et de l’étendre sans jamais la rendre redondante ou grotesque. L’esprit dévoré par la nébuleuse, ce double album ne s’écoute pas comme un simple disque mais comme un rituel auquel on assiste. A l’instar de grands groupes comme Khanate ou Neurosis, Esoteric trône maintenant comme une entité capable d’inspirer bien plus que des émotions, mais un véritable environnement dans lequel on aime se perdre malgré toute la noirceur qui s’en dégage. Difficile, lent, immersif, exceptionnel et digne de tous les commentaires élogieux que le groupe récolte aujourd’hui et bien plus encore.

  1. disc 1
  2. circle
  3. beneath this face
  4. quickening
  5. caucus of mind
  6. disc 2
  7. silence
  8. the order of destiny
  9. ignotum per ignotius

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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5 Commentaires

  1. Rémi says:

    à la base c’est pas trop ma came, mais cet album est absolument terrible!!!!

  2. Dun23 says:

    en écoute intégrale apparemment sur le monespace. Je m’en vais écouter ça. Circle vient de commencer et ça commence bien.

  3. noohmsul says:

    Cet album est énorme! même si le doom en général, c’est pas ce que je préfère…

  4. ellestin says:

    Assez monstrueux ouais. Ta chro m’a rappelé qu’il fallait que je l’achète. :o)

  5. Zepekegno says:

    Un putain de brouillard ultradense habité par des milliers de formes vagues, en mouvement perpétuel et indéfinissables, dont le peu que l’on aperçoit nous fait bénir les limites de nos sens… voilà ce qu’est cet album. Leur meilleur en ce qui me concerne.

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