Dredg – The Pariah, the Parrot, the Delusion

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Style: art rockAnnee de sortie: 2009Label: Ohlone Recordings

joss : Ce n’est plus un secret pour personne, comme pour une petite poignée d’autres groupe, Dredg fait partie des chouchous de la rédac d’Eklektik. Bien sûr nous avons encore quelques réfractaires qui crieront à qui veut l’entendre que la musique des californiens ne vaut pas un clou, mais dans l’ensemble ce groupe est largement plébiscité dans nos pages.

Avec un rythme de 4 albums studio en 11 ans, Dredg n’est pas à proprement parler un groupe productif et voilà donc déjà 4 ans que le petit dernier Catch without arms est sorti (mais un live sorti entre temps a permis aux fans de patienter). Compte tenu de l’évolution du groupe qui les vit partir d’un émo-rock punk pour arriver à une pop efficace et accrocheuse, nous étions en droit de nous demander à quoi allait ressembler ce nouvel album.
Beaucoup avaient regretté le côté trop évident (et donc lassant) de Catch Without Arms au détriment des ambiances planantes et plus travaillées de El Cielo mais parallèlement, les progrès vocaux de Gavin Hayes le firent passer du rang de chanteur correct à celui d’exceptionnel.

Afin de vous vendre ce nouvel opus rapidement et sans détour je serais donc tenté de vous dire que c’est le mélange parfait d’El Cielo et Catch Without Arms. Mais je laisse cette accroche pour les stickers de promotion accolés sur les disques.

Pourtant elle n’est pas totalement fausse cette affirmation… Sur TP,TP,TD le groupe revient aux formats moins conventionnels d’El Cielo en intercalant entre les titres de nombreux interludes instrumentaux ou titres courts dont certains au sur-titre récurent Stamp of origin, naturellement en écho avec l’artwork de l’album. Certes, Dredg balance toujours de véritables hits facilement assimilables dont le single “Information” qui, pour paraphraser un collègue chroniqueur (malheureusement encore moins actif que moi ces derniers temps), pourrait être un titre de U2 si ces derniers continuaient d’écrire de bonnes chansons. Pourtant avec Dredg, même un titre pop efficace et accrocheur s’avère finalement plus subtil que prévu et arrangé de façon ingénieuse. C’est indéniable, Dredg à l’art de créer des mélodies absolument irrésistibles. Ainsi des titres comme “Gathering Peebles” ou “Mourning the morning” s’avèrent être de véritables bijoux pop où le magnifique chant de Gavin prend toute son ampleur. “I don’t Know” et “Savior”, plus directs, sont plus ou moins dans la lignée de Catch Without Arms, catchy à souhait et idéalement taillés pour la scène voir un passage en radio (ce qui n’arrivera probablement pas de toute façon). Le petit défaut que l’on pourrait pointer, c’est une légère baisse de régime sur la fin du disque alors que les deux précédents albums finissaient quasiment avec leurs meilleurs titres.

Ainsi en prenant le meilleur d’El Cielo et Catch Without Arms Dredg balance sans aucun doute leur meilleur album à ce jour. Tous les hits de votre été sont sur The Pariah, The Parrot, The Delusion (et un sticker de plus).

jonben : En tant que, si ce n’est plus grand, en tout cas plus vieux fan du groupe ici, je me devais d’apposer ma patte pour contraster l’avis euphorique de Joss. Je crains d’ailleurs qu’il n’ait trop écouté cet album de propagande pour la farniente estivale, et que sa prochaine chronique n’en n’arrive qu’à la prochaine mort d’évêque.
Je mentirais en disant que je n’ai pas beaucoup écouté cet album récemment, il possède une fraicheur, une bonne humeur qui le rend attachant, ce n’est d’ailleurs sûrement pas son ambiance ensoleillée, entre espoir et mélancolie qui me choque, mais la présence de quelques gros ratés, passages mièvres peu inspirés qui gâchent l’écoute de certains morceaux pourtant bien amorcés, en fait surtout des refrains baclés et un peu niais, ceux de « Pariah » ou « Quotes », « Ireland » et son pont aux vocalises bidons, empirées par un violon mièvre, sans parler de l’innommable single « Information », presque entièrement à jeter à mon avis.

C’est donc d’autant plus étonnant que cet album persiste à squatter mes platines. En fait il y a comme toujours de l’excellent avec ce groupe, d’autant que l’album est disparate, comportant 18 titres dont plusieurs prennent la forme d’interludes relativement courts très réussis. C’est donc assez original dans la forme, comme pour Leitmotif et El Cielo, on retrouve les formes progressives de ces albums, certains morceaux surprenants (on est pas loin de Sleepytime Gorilla Museum sur « Long Days and Vague Clues » et il faut reconnaitre que le kitsch assumé de « Gathering Pebbles » fait mouche), tout en constatant une plongée dans des mélodies futiles et ballades à fleur de peau, avec un renchérissement des sonorités pop/rock 80s, plus de groove, de grosses basses et de beats disco 4/4.

Dredg reste un groupe à part, leur musique a évolué mais est toujours unique. Seulement, comme Gavin Hayes le chante, « They’re getting older », et ça se sent qu’il n’a plus envie de chanter de brûlots rageurs. Soit. Qu’ils aient envie d’une musique plus enthousiaste, pourquoi pas non plus, mais ils en versent malheureusement parfois dans des morceaux faciles et assez oubliables. C’est un bon album, parfait pour l’été et pour écouter avec des amateurs de rock gentillet, mais clairement celui que j’aime le moins depuis leurs débuts.

  1. pariah
  2. drunk slide
  3. ireland
  4. stamp of origin: pessimistic
  5. light switch
  6. gathering pebbles
  7. information
  8. stamp of origin: ocean meets bay
  9. saviour
  10. r u o k ?
  11. i don’t know
  12. mourning this morning
  13. stamp of origin: take a look around
  14. long days and vague clues
  15. cartoon showroom
  16. quotes
  17. down to the cellar
  18. stamp of origin: horizon

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10 Commentaires

  1. krakoukass Krakoukass says:

    Tout d’accord avec Joss. Jonben au bûcher! Cet album est tellement meilleur que le médiocre « Leitmotif » (le chant est à ce moment seulement correct).

  2. Joss says:

    J’ai du mal à comprendre en quoi « Gathering Peebles » est kitsh. Je trouve la mélodie ultra travaillée et pas du tout bateau. C’est d’ailleurs le titre de l’album qui me donne des frissons.

  3. darkantisthene says:

    Cet album m’a paru presque mièvre au début, les mélodies popisantes et la production molassone. Pourtant j’ai persévéré et ai commencé à avoir un déclic au bout d’une bonne dizaine d’écoutes. Depuis, il tourne au moins 2 fois par jour===>sans doute dans mon top 10 de l’année. Bayonne démission!!

  4. mr.hutz says:

    Potable mais très formaté. S’écoute avec un certain plaisir, ça mériterait de passer à la radio et je dis ça avec le sourire. Sinon jonben, Dredg ont-ils seulement déjà écrit un « brûlot »? Dès qu’ils ont eu les moyens de leurs ambitions Leitmotiv n’était plus qu’un souvenir pour eux à mon avis comme peut l’être le premier album pour beaucoup de groupes. Là où je te rejoins c’est que Leitmotiv vaut bien celui-là et Catch Without Arms, facile..

  5. Marbaf says:

    Je n’ai écouté qu’une fois le single Information qui ne m’a pas du tout emballé (sur le vif, j’ai pensé à de la soupe).
    En fait, je voulais juste manifester mon désaccord : Leitmotif est excellent de par son côté punk, enthousiaste et frais même après tout ce temps. Je rejoins un peu l’avis de mr.hutz, les fondements de ce premier album ont vite été écartés et c’est bien dommage.

  6. 1ternot2baz says:

    Ex-aequo avec le dernier Thursday en terme de déception pour cette année 2009 ! J’en suis à ma quatrième écoute et pour l’instant vraiment rien ne ressort. Tout me paraît si placide et lisse ! Du Dredg asceptisé acceptable en guise de compil’ de faces b mais vraiment très décevant au vu des deux références qui le précèdent.

  7. Dredg says:

    Riche et frais, il a pas mal tourné, avec un ou deux titres moins bons (j’ai horreur de « Quotes » et « …Take a look around »), il est ultra squatteur d’oreille. Mais je préfere l’ambiance mélancolique omniprésente chez les deux précédents, tout de même…

  8. ellestin says:

    Pour moi on est à des lieues du niveau d’écriture et d’invention d’un El Cielo ou d’un Leitmotiv, et pour le Dredg « raccoleur » je préfère le côté pluis fruité d’un Catch Without Arms. Néanmoins les morceaux défilent sans déplaisir avec leur lot pathos hyper maîtrisé à la Dredg, donc ce n’est pas un échec, juste une petite régression. Je pensent qu’ils ont encore dans le ventre de quoi faire beaucoup mieux la prochaine fois.

  9. Faya says:

    Je sais pas pourquoi j’ai posté sous le pseudo « dredg », manque d’attention

  10. Plunk says:

    Je suis plutôt de l’avis de Jonben pour l’instant, un peu déçu. :(
    Il reste quelques morceaux excellents mais les refrains mielleux du style d’Ireland, Information ou Quotes sont clairement limites !
    Ca ne me dérange pas que dredg cherche à être plus direct et plus accessible mais alors que ça marchait très bien sur Catch Without Arms, ça semble un peu raté ici. Dommage.
    Peut-être que mon avis changera dans quelques temps, on verra bien…
    (Leitmotif est cool, au passage. Il a un côté world pour les interludes et les traces neo-metal sont intéressantes ; Penguins in the Desert pourrait sortir d’un album d’Incubus.)

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