Killswitch Engage + Dir En Grey – 11 juin 2009 – Bataclan – Paris

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L’album Alive or Just Breathing est un album qui m’a scotché à sa sortie et a fait de Killswitch Engage un des groupes que j’ai le plus écouté ces années là et de ceux qui ont forgé mon goût pour le metalcore. Une raison suffisante pour revenir voir le groupe pour ce passage au Bataclan. Les derniers albums, même si ils m’ont moins passionné, comportent assez de brulôts tubesques pour faire de tous leurs concerts de bons moments. J’ai été impressionné chaque fois que j’ai pu les voir auparavant et ce concert ne m’a pas du tout déçu.
Le groupe passe finalement assez peu en Europe, ceci s’explique sûrement par la disproportion entre l’engouement qu’ils connaissent aux Etats-Unis, avec des groupes comme Lamb of God ou Chimaira, et en Europe, où la notoriété des groupes de cette vague de groupes metal américains reste loin des pointures du thrash 80s, ils ne risquent pas de remplir encore les stades.

C’est pour ça que leur venue au Bataclan m’a paru disproportionnée jusqu’à ce que j’apprenne qu’en fait Killswitch Engage y seraient accompagnés du groupe japonais Dir en Grey, dans une sorte de co-headlining. Et en fait, il y eut pas mal de monde, le Bataclan étant quasiment blindé.

C’est toujours étonnant de voir les groupes japonais dits visual key connaître un tel engouement en France, d’un public beaucoup plus jeune, féminin et cosmopolite (on entendait parler de beaucoup de langues, finlandais, anglais entre autre) que celui des amateurs de metal et qui par ailleurs ne se déplace guère aux concerts de metal non japonais. Dir en Grey a par exemple joué à l’Olympia en 2005 et au Zénith en 2007. Le public de ce groupe est ce qu’il est, tant mieux si des gamines s’épanouissent en écoutant une sorte de metal leur convenant, on pourrait les attaquer sur le look mais à vrai dire il y a pire, au moins ils ne sont pas grimmés en poupées barbie.

Musicalement, je note l’effort de Dir en Grey d’essayer de produire quelque chose d’un peu plus intéressant et complexe que la majorité de leurs compatriotes de la même scène jrock, mais j’ai définitivement du mal avec le metal de jap. Ça tient la route au niveau scénique mais c’est trop calibré, artificiel, tout semble calculé, du kit de batterie énorme utilisé à 20% aux attitudes de chaque musicien pour faire rock star, avec le look adéquat, même si de ce côté, là encore, je m’attendais à moins de sobriété. Dir en Grey n’est pas trop "visual" comme groupe finalement. Reste le chanteur, ses gesticulations ampoulées, et surtout son chant abominable. Même si on passe outre le fait que le japonais sonne très bizarre chanté, manquant de consonnes pour accentuer quoique ce soit, ce qui fait qu’on a la plupart du temps l’impression que le chant est informe, aléatoire et ne correspond pas vraiment à la musique. Pour pallier à ça, la voix est surchargée d’effets ce qui fait qu’une seconde de chant se répète pendant au moins 3. Niveau style, c’est chants de tarlouzes, falsetto suraigus ou carrément des growls caverneux, cheveux sur la soupe qu’est cette musique. Malgré un son fort mais approximatif, comme sur album si la musique peut parfois être pas mal, en gros un style à cheval entre Eths, Devildriver et de la pop japonaise.

Après eux, le tiers au bas mot du public se casse, la fosse du Bataclan se renouvelle intégralement, tout le public -masculin majoritairement- qui était dans le fond au bar se rapproche, et les gonzesses et androgynes lookés refluent au fond et au balcon. Les membres de Killswitch Engage s’amènent, Howard nous fait une révérence puis emboite le pas aussi sec sur le chant du premier titre, déambulant sur scène de toute sa masse impressionnante. Même si je regretterais toujours Jesse Leech, le chanteur ayant quitté le groupe après Alive or Just Breathing, Howard Jones a le mérite d’assurer cris hardcore et chant clair sans faute tout en prenant possession de la scène, cavalant sur les bords de scène comme sur les estrades surélevées derrière les amplis et la batterie. Le reste du groupe assure impeccablement, la rythmique est on ne peut plus carrée, aucun temps mort, aucune incertitude, du riff efficace à la pelle, le groupe maîtrise son set de bout en bout et a le mérite du naturel, d’autant qu’il bénéficie d’un son limpide. Ça sent le professionalisme à plein nez.
Ils ont de toutes façons assez de tubes par album pour ne jouer que ça, le public était bien à fond, tous les "classiques" y passent, en particulier les 3 singles de Alive or Just Breathing qui déchaîneront un circle pit occupant la moitié de la fosse. Le public reprend les refrains en choeurs, et il y a de quoi se marrer avec les paroles d’Howard Jones, encore plus excessivement positives que celles son prédécesseur, qui restait quand même dans un domaine plus introspectif. Là voir des malabars suant après un braveheart déchaîné entonner juste après "There is love burning to find you, will you wait for me?" ça vaut son pesant d’or, j’avoue m’être bien marré et avoir également hurlé à tue-tête main sur le coeur. Killswitch Engage, à l’image de ses guitaristes, dont un Adam Dutkiewicz toujours aussi à l’aise pour raconter des conneries entre les morceaux, sapé façon bouliste de camping, faisant le pitre, courant à chaque coin de la scène et grimaçant aux photographes, est un groupe qui dégage une bonne humeur communicative. Certes les refrains touchent parfois au mièvre, mais leurs riffs décapants sont capables de déchaîner une foule acquise à sa cause comme jamais. J’étais foutu, et aux anges, quand l’intro de "Fixation on the Darkness" a retentit.
1h15 de concert, c’était honnête, dont un nouveau titre correct, sans surprise et une reprise de Dio pas dégueu en rappel. J’ai peu d’espoir de revoir le groupe sortir sur album des carcans d’un style qu’ils ont participé à définir et dont ils ont depuis fait le tour, mais c’est toujours agréable de les revoir sur scène.

Setlist Dir En Grey :
Sa Bir
Obscure
Merciless Cult
Gaika, Chinmoku ga Nemuru Koro
Stuck Man
Grief
The Final
Dozing Green
Vinushka
Bugaboo
Reiketsu Nariseba
Agitated Screams of Maggots
Repetition of Hatred

Setlist Killswitch Engage :
A Bid Farewell
Darkness Falls
Fixation on the Darkness
Still Beats Your Name
Take This Oath
Life To Lifeless
Starting Over
Rose Of Sharyn
This Is Absolution
Arms of Sorrow
My Last Serenade
My Curse
The End of Heartache
Rappel : Holy Diver

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. melanie says:

    marrant ton report. J’avais écrit un avant-papier sur mon blog et j’avais la même impression que toi…
    http://melaniechaluleau-photos.over-blog.com/article-32371240.html

  2. Marbaf says:

    T’es pas le seul à le regretter ce bougre de Jesse Leech. Snif. Malgré toute la bonne volonté d’Howard, c’est plus pareil.

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