The Mars Volta – Octahedron

Déjà un 5ème album pour The Mars Volta, un an après The Bedlam in Goliath. La créativité de ces types semble inépuisable, et c’est sans compter les projets parallèles de Omar Rodriguez Lopez dont dernièrement son bien délirant El Grupo Nuevo avec Zach Hill de Hella, à réserver aux aficionados fanatiques, je vous laisse imaginer le bordel.

De mon avis, The Bedlam in Goliath redressait singulièrement la barre après une période d’expérimentations plus ou moins digestes, vers des contrées plus rock et entrainantes. Octahedron poursuit dans cette voie même si, cette fois, le groupe est une formation plus réduite autour de Omar et Cédric (certains des membres du groupe live n’étant même pas crédités sur l’album) qui proposent ici sur la plupart des morceaux la musique la plus calme qu’ils ont jamais enregistré, tous groupes confondus. Souvent, elle se résume d’ailleurs à voix et guitare, on a même sur « Copernicus » des rythmiques électroniques assez barrées, et réussies, à la place du batteur qui sur les autres morceaux est à peine plus assagi que sur l’album précédent. Il y a d’ailleurs quelques morceaux plus musclés dans la veine de Bedlam, en particulier « Cotopaxi » et son riff épileptique, mais il tranche avec le reste, l’ambiance de ce Octahedron est majoritairement assez douce, à commencer par « Since We’ve Been Wrong » qui après 90 secondes de quasi silence, débute à l’acoustique, rejoint par un chant posé, aux tremolos et paroles déliées, et il faudra attendre la 5ème minute avant d’entendre le groupe les rejoindre au complet, comme sur la plupart des titres où d’un calme apparent ils plongent dans des refrains mélodiques plus percutants, marqués par le jeu toujours prolixe du batteur. La guitare, et parfois la voix, sont chargées d’effets tous plus psyché les uns que les autres, et empruntent des mélodies un peu moins biscornues que sur les derniers albums du groupe, plus facilement assimilables mais arrivant à rester surprenantes, même si leur connotation pop pourra en gêner plus d’un. Cédric en profite pour démontrer les capacités de sa voix, dans un registre chanté de façon plus franche mais toujours aussi spéciale, avec force montées dans les aigus jusqu’au falsetto, toujours sur des paroles délirantes. Omar lui se retient d’en rajouter des tonnes en proposant des mélodies ciselées, arpèges délicats et leads minimalistes, jouant plutôt à triturer flanges, delays et wah wahs.

Je suis scotché dernièrement à cet album en fait, et même s’il lui manque la cohérence globale qu’avait les albums précédents du groupe, il contient de vraies perles, et aucun des 8 titres formant les huits faces de cet octahedron n’est passable. Cette facette plus intimiste des Mars Volta est loin de me déplaire. Les 2 frisés ont des précédents dans le domaine de la ballade – voir le sublime « Napoleon Solo » d’At the Drive-In – mais Octahedron présente un fond moins dûr, plus mélancolique, qui en fait un album reposant et agréable. Vu le style unique du groupe, il a toujours aussi peu de chances de plaire aux gens qui ne s’y sont jamais fait mais présente une approche différente qui ne peut que plaire aux amateurs.

  1. since we’ve been wrong
  2. teflon
  3. halo of nembutals
  4. with twilight as my guide
  5. cotopaxi
  6. desperate graves
  7. copernicus
  8. luciforms
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A PROPOS DE jonben

jonben Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Je suis désormais mes styles de prédilection (metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog) de loin, étant exilé sur une île paumée de Thaïlande.

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