Burnt by the Sun – 10 septembre 2009 – Fighting Cocks – Londres

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Rendez-vous au Fighting cocks dans la banlieue londonienne pour ce premier concert de Burnt by the Sun en Angleterre. Petite tournée européenne et puis s’en vont. Le groupe a déjà fait ses adieux aux Etats-Unis et viennent saluer la vielle Europe avant de remballer le tout. Qu’adviendra t’il des musiciens restant après ? Mystère encore, sauf en ce qui concerne Dave Witte, bien entendu, dont l’emploi du temps est toujours bien rempli avec Municipal Waste (et Birds of Prey de temps à autre).

La teneur de l’affiche est aussi un peu mystérieuse pour moi puisque quelques groupes locaux s’enchaînent avant Ted Maul et Burnt by the Sun. Une fois arrivé dans la petite salle derrière le bar je découvre le metalcore de Chapters. Des adolescents dans leurs tee-shirt de groupe favoris répètent des riffs cent fois entendus mais se débrouillent assez bien tout de même. Le chanteur a un look et une attitude similaire à celle du chanteur de Bleeding Through. Quand au bassiste / chanteur porte un tee-shirt Abigail Williams. Peut être finiront-ils par intégrer du clavier dans leur musique mais je ne l’espère pas pour eux. En tout cas pour une entrée en matière c’est un début de soirée timide avant la tempête à venir.

When the Earth Dies Screaming prend ensuite place et propose une musique un peu plus approprié pour accompagner la tête d’affiche. Le guitariste, le bassiste et le batteur ont tous écoutés Psyopus et d’autres joyeuseté grind technique tandis que le chanteur crache des hurlements aigus et amuse la galerie. Seulement un quart d’heure de musique et beaucoup de démonstration dans une collection de chansons rapides et épileptiques. Un autre groupe comme il y en a cent autres mais avec suffisamment de conviction et de savoir faire pour promettre un avenir meilleur. A découvrir par curiosité.

Ensuite, vint un moment que j’attendais avec impatience : ma première expérience de Ted Maul en concert. J’espérais beaucoup de ce groupe après avoir entendu de très bons échos de leurs performances. L’album me plait aussi énormément avec son mélange de brutal death et de musique électronique. Le clavier est très bien incorporé à la musique du groupe et apporte beaucoup. Dommage donc que ce dernier n’apparaisse pas et soit remplacé par un Mac posé sur le côté et qu’un guitariste manipule pour faire sortir les effets qui accompagnent leur musique. Faible dans le mix, tout comme la guitare du délégué au Mac, les multiples variations en ressortent étouffés et ne permettent donc pas d’apprécier les quelques nouvelles chansons joués ce soir là, compressés par l’acoustique médiocre du bar. Ted Maul doit incontestablement briller sur une plus grande scène tant leur attitude et leur énergie ont de quoi inciter une réaction très positive devant un public plus metal. Celui-ci ne l’est pas tant que ça et la reception est donc mitigé, même quand des titres phares de leur disque ("Forest … ‘with this memory of a free festival") sont joués. A revoir.

Il est 22H passé et je pense alors au train qui doit me ramener à mon train. Mon hôtel n’est pas à côté et j’aurais du chemin à faire pour me coucher avant de prendre mon train de retour le lendemain matin. J’espère aussi que Burnt by the Sun jouera "There will be blood", l’une de mes chansons favorite de l’excellent Heart of darkness. 22H20, Burnt by the Sun commence à jouer et "There will be blood" sort des amplis. La soirée va bien se finir !

Pour cette tournée, le groupe n’est malheureusement pas au complet et c’est un membre de The End qui le remplace. L’homme a une voix identique, chante de la même manière, aux mêmes endroits, à la seconde près et rentre en contact avec le public. La centaine de britanniques présents dans la salle n’a de tout de manière pas besoin de cela pour se rentrer dedans, le sourire aux lèvres, et célébrer ce premier passage de leurs héros sur le sol de la perfide Albion.

Ensuite, d’autres titres de Heart of darkness seront interprétés mais la part belle sera aussi donnée au premier disque, Soundtrack to the personal revolution. En premier lieu, "Dow Jones and the Temple of Doom", l’une de mes chansons favorites. L’extase et l’euphorie me gagne et je ne suis pas le seul. Le son est parfait et l’interprétation encore plus. Rien ne gâchera cette soirée. Pas même l’acoustique du bar. Rien de rien. "Forlani", "Dracula with glasses", "Don Knotts" suivi de "Famke". La soirée passe trop vite et les titres s’enchaînent tous terriblement bien. De quoi faire regretter aux indécis de ne pas être venu. De quoi me faire regretter, alors que j’écris ces lignes, que le groupe se sépare et que je n’ai plus aucune occasion de les revoir.

Le rappel se fera avec "Washingtown tube steak" et "You will move", le "single" du premier EP. La tension monte et au moment crucial tout le monde crie le titre de la chanson avant que le chaos n’explose. Une jeune femme trébuche mais se fait très vite ramasser tout en gardant le sourire. Signe d’une bonne soirée quand la fosse est mixte et que tout le monde s’amuse. Seul un jeune homme rentre un peu trop dans ses camarades, comme à un concert de hardcore (mauvaise soirée pour ça mais je le comprends, Burnt by the Sun est un groupe trop hétéroclite pour n’attirer qu’un type de public). Hormis ce détail, je n’ai rien à redire sur le public anglais, enthousiaste et sympathique. Une belle soirée de fête conclue en beauté avec un groupe génial qui sera resté fidèle à lui-même et sera surement copié par des dizaines d’autres groupes. Ce concert témoigne de leur vitalité, à l’aube de leur disparition, et fait donc encore plus regretter cette conclusion. Reste à espérer que les talents de tous ses membres ne seront pas gâchés et s’exprimeront ailleurs très prochainement.

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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