Megadeth – Endgame

Megadeth-Endgame

Depuis son retour aux affaires en 2004 avec The System Has Failed, Megadeth (ou plutôt Megadave devrais-je dire) a entrepris de reconquérir les fans déçus depuis une prise de Risk malencontreuse et un The World Needs a Zero nauséeux. Mustaine rassura son auditoire en proposant un disque conventionnel certes peu flamboyant mais revenant au heavy thrash metal mélodique et racé qui avait fait la gloire de son groupe sur le glorieux Rust in Peace lors de cette période dorée où Marty Friedman éclaboussait les compositions de Mustaine de sa virtuosité et de son sens mélodique raffiné lors de solos endiablés. En 2007, avec le médiocre United Abominations, Dave vantait les mérites de son nouveau mercenaire de la six-corde, Glenn Drover, arguant que grâce à ce dernier Megadeth était revenu au niveau de Rust in Peace. Mais cet album faisait plutôt l’effet d’un disque où Mustaine avait ordonné à son nouveau soldat de mettre plein de notes partout histoire de cacher des compositions loin d’être toutes très réjouissantes. Avec Endgame, même discours du père Mustaine concernant les qualités de son nouveau compagnon de jeu, Chris Broderick (ex-Nevermore, ex-Jag Panzer), arguant qu’avec lui Megadeth venait de pondre son meilleur album depuis Rust in Peace et que le petit nouveau allait enfin faire oublier Friedman dans le cœur des fans.

Sans être aussi enthousiasme que le rouquin marteau concernant cette nouvelle livraison, il faut bien admettre que le nouvel opus est bel et bien le meilleur depuis bien longtemps, peut-être bien depuis Contdown to Extinction. Le disque commence très fort avec une intro mélodieuse remplie à ras bord de duels de guitare où Broderick y fait une belle démonstration de ses qualités de guitariste soliste. Le titre qui suit, « This Day We Fight », véloce et agressif, envoi la sauce avec panache avec moult interventions guitaristiques de hautes tenues. Le tout est servi par une production moderne, puissante et limpide. Cette nouvelle livraison de Megadeth commence donc sous les meilleurs auspices, tout comme United Abominations dont les premiers morceaux étaient loin d’être dégueulasses mais dont l’ensemble ne fut pas des plus réjouissant. Fort heureusement ce Endgame se révèle qualitativement plus homogène.

Les deux singles « 1320 » et « Head Crusher » nous rappellent que Megadeth reste un maître (LE maître ?) en matière de thrash metal technique et puissant et que les petits jeunes issus du revival thrash metal récent ne sont pas prêt de lui faire de l’ombre. « 44 Minutes » et « Bodies », faisant plutôt référence à Youthanasia ou Cryptic Writings qu’à RIP, nous prouvent que le talent mélodique de Mustaine est toujours aussi aiguisé. « Endgame », avec son intro malsaine, semble être la suite du morceau « United Abomination ». La grosse surprise du disque est la power-ballade « The Hardest Part of Letting Go… Sealed With A Kiss » débutant par une belle intro acoustique et accompagnée tout du long de claviers accentuant la mélancolie qui se dégage de ce morceau touchant, bien plus réussi que le mièvre « A Tout le Monde », surtout son exécrable version de 2007 avec la pouffe de Lacuna Coil. Seule petite ombre au tableau, un Dave Mustaine qui semble ne pas avoir accordé beaucoup d’attention à ses lignes de chant (on a parfois le sentiment qu’il parle plus qu’il ne chante).

Si l’excellent Countdown of Extinction avait prouvé que Mustaine et ses sbires n’étaient pas obligé de donner exclusivement dans le thrash metal débordant de technicité et de virtuosité pour signer des disques de qualité, il faut quand même avouer que c’est quand Megadeth nous bombarde de brûlots speed gorgés de solos virevoltants et de breaks de folie qu’on le préfère, quitte à ne pas être très surprenant dans sa démarche, un peu comme Metallica avec son Death Magnetic, sauf que Mustaine a largement mieux réussi son affaire que ses ex-collègues.

  1. dialectic chaos
  2. this day we fight!
  3. 44 minutes
  4. 1,320′
  5. bite the hand that feeds
  6. bodies
  7. endgame
  8. the hardest part of letting go… sealed with a kiss
  9. head crusher
  10. how the story ends
  11. the right to go insane

4 commentaires

  1. « Le rouquin marteau » C’est bon ça ! :OD

  2. Un megadeth qui a l’air de mordre. Ça faisait longtemps!

  3. death magnetic est largement mieux!!!!!

  4. Un album très inégal, de vrais (et rares) moments de bravoure et de vrais gamelles. Et puis c’est bon on a compris que le nouveau guitariste est bon, pas la peine de se faire gaver de soli… pfff… dommage et rendez-vous au prochain.

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  • bbKane | 24 novembre 2014
    Bloodbath – Grand Morbid Funeral
    Entièrement d'accord avec la chronique. Une bombasse d'album pour un groupe que je n'attendais pas à ce niveau. L'apport de Nick Holmes est indéniable dans la réussite de ce disque.
  • dark fortress_venereal dawnangrom | 21 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    ah oui quand même !!!
  • dark fortress_venereal dawnangrom | 20 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    Je m'en fais écouter ça de ce pas !
  • dark fortress_venereal dawnkrakoukass | 18 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    Ouaip excellent album pour sûr. Ils ont clairement franchi un pallier avec ce dernier opus. Très belle chronique camarade!
  • anopheli-ahungerMadrumo | 07 novembre 2014
    Anopheli – A Hunger Rarely Sated
    Vachement cool comme fusion !
  • kerretta-pirohiabeunz | 05 novembre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Effectivement, ya un côté Russian Circles bien prononcé. Merci pour le retour, ça fait bien plaisir ! Et jette-toi sur leurs albums précédents ! ;)
  • kerretta-pirohiaMarbaf | 02 novembre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Ben merde, j'étais passé à côté de ce groupe. Ça me fait penser à Russian Circles. Merci beaucoup pour la découverte (et pour le lien bandcamp).
  • kerretta-pirohiabeunz | 31 octobre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Héhé mais pas de problème ! Ravi que ça te plaise ! :)