Napalm Death + Knut – 09 octobre 2009 – Epicerie Moderne – Feyzin

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Six mois. Six putain de longs mois que je n’ai mis les pieds dans une salle de concert… Alors vous pensez bien que je ne vais pas lever mon séant du sofa pour une affiche en demi teinte au fin fond d’une cave miteuse. Donc ce vendredi, c’est direction L’Epicerie Moderne. Knut vs Napalm Death, metal cérébral contre grind infernal, soit l’une des affiches phares de cette automne.

Arrivé vers 21h, l’affluence metalhead couvre déjà bien le parking. Le temps de faire la bise à la taulière, saluer quelques autochtones et autres émigrés parisiens venus goûter l’air lyonnais, je me retrouve coller devant la scène aux premières notes du set de Knut. La dernière session lyonnaise à laquelle j’avais assisté remonte à 2 ou 3 ans. Elle m’avait bien bluffé à l’époque avec notamment ce Roderic de batteur et son talent de pieuvre métronomique. Sur ce point rien à changé. Il semble toujours le maître de cérémonie auquel chaque membre semble pendu à la moindre de ses impulsions. Par contre, dès les premiers instants un sentiment bizarre prédomine. Là où la musique de Knut vous embarque généralement dans un tourbillon sonique, ici tout semble plus posé, comme réfréné par une peur extatique. La faute à un frontman un rien transparent, à un son correct mais dont j’ai connu la salle mieux doté, à la présentation de cinq nouveaux titres (un nouvel enregistrement est prévu pour le début d’année prochaine) ? Quoiqu’il en soit il manquera un souffle de vie à cette prestation. Elle ne décollera pour moi qu’en de rares instants lorsque j’entendrai se pointer deux ou trois titres de « Terraformer ». Le groupe finira d’ailleurs par écourté son set devant le peu de réaction du public et des rangs de plus en plus clairsemés. Rien à voir avec mes souvenirs de leur dernière prestation en somme. Il en reste non moins que cette prestation m’aura mise l’eau à la bouche pour découvrir plus avant ces nouveaux morceaux sur disque, un rien plus groovy mais toujours plus alambiqués. A suivre donc.

Le temps de s’abreuver et de constater que le grinder s’embourgeoise autant champagne qu’à la bière, Napalm Death attaque frontalement (peut-il en être autrement ?) devant une audience acquise à la cause. Plus d’une heure de set enragé et engagé passée avec ces zigues de Birmingham – va donner une toute autre couleur à cette soirée. Ici c’est rouge et noir. Mais c’est également la fête. Napalm Death se donne à fond et le public lui rend bien. Le pit se déchaîne et j’en connais plus d’un qui a dû connaître des lendemains difficiles… Pas facile le pogo à la quarantaine naissante ! Surtout lorsque les p’tits cons vous poussent au cul ! Bref Barney Greenway avoine comme un ours, Mitch Harris et Shane Embury maîtrisent leur parfait p’tit riffing illustré et Danny Herrera défonce avec grande classe sa batterie ! Entre temps Barney déconne avec le public, prêche la bonne parole anticapitaliste, antiraciste, antimilitariste, antifasciste, antireligieuse, fait une ode à la tolérance sexuelle, sans pour autant que le public semble des plus concernés… Mais c’est vendredi soir après tout, alors au diable la société et ces maux, la politique et son cynisme, la religion et ces stigmates !

Le set fera évidemment la part bel aux derniers albums du quatuor (les meilleurs de leur pléthorique discographie ?)et à cette puissance grind dopé au punk/hardcore. Quelques incontournables tourneront également comme le « Suffer the Children », « You Suffer » ou bien encore l’inaltérable reprise des Dead Kennedy’s « Nazi Punk Fuck Off ». Le pit est en feu, ça slamme entre les bras de la sécu (toujours aussi lourds ceux-là…) et le concert se terminera sans rappel mais dans les salutations, autographes et autres palabres avec un public pour qui le tatouage des contusions est le plus grand des honneurs.

J’y retournerai !

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