Porcupine Tree – The Incident

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Style: pop metal progressiveAnnee de sortie: 2009Label: Roadrunner

The incident, le bien nommé ? J’avoue être assez tenté de répondre par l’affirmative tant cet album me semble revêtir au bout d’une bonne quinzaine d’écoutes l’aspect, sinon d’un incident de parcours, tout au moins d’une légère baisse de régime m’invitant à penser que le père Wilson devrait faire une bonne petite pause avant de nous proposer un successeur.

Irai-je jusqu’à dire que la cuvée 2009 de Porcupine Tree n’offre que très peu de satisfaction ? Que nenni, je ne suis pas fou et eux non plus ! ça n’est tout de même pas la débandade absolue, relativisons les choses en ces temps de crise, foutredieu.

Pour aborder cette chronique, je vous propose de m’accompagner le long d’un petit historique de mes écoutes : la première impression a été assez positive car je ne m’attendais pas à quelque chose d’exceptionnel. Je craignais que les Anglais persévèrent dans la voie de la noirceur largement entamée sur Fear of a blank planet ; voie de laquelle ne semblait pas vouloir s’éloigner le père Wilson à travers son album solo Insurgentes.

Bonne fut la première impression, donc, puisque ce The incident m’a semblé renouer avec des sonorités oubliées ces derniers temps ; celles qu’on pouvait encore entendre sur Lightbulb sun par exemple (les mignonets mais trop courts « Great expectations », Kneel and disconnect » et « Your unpleasant family »). Et comme c’est une période que j’adore, j’ai forcément accueilli cette tendance à oreilles ouvertes.
De plus, « Time flies », du haut de ces quasi 12 minutes et de son ton mélancolico-planant débouchant sur un très beau solo de Wilson, s’est rapidement imposé comme ayant un sérieux potentiel pour figurer sur le (large) podium de la carrière du groupe.

Et puis j’ai ensuite un peu focalisé sur le refrain horrible de « Drawing the line ». Inhabituel. Ce qui n’est pas un défaut en soi. Irritant. Ce qui est rarement une qualité. J’ai eu l’impression que le groupe nous servait sa version de la recette du tube de l’été : je répète 400 fois la même chose en espérant que ça entre dans les têtes. Un titre plutôt facile, donc, que ne vient pas rattraper un solo final peu convaincant.
En parlant de final, la fin de l’album n’apparaissait pas non plus avoir le potentiel pour redresser la barre, à l’image du triptyque « Octane twisted/the seance/circle of manias » sonnant un chouilla réchauffé et n’apportant pas grand-chose à l’œuvre globale du groupe.

Ses premières impressions ont-elles été levées au fil des écoutes ? Pas du tout. Elles ont même été revues à la baisse : ce qui est très bien pour les côtés négatifs (certains choses m’ont paru moins agaçantes ou faciles) ; mais moins sympatoche pour les côtés positifs (des titres attractifs au premier abord ont perdu de leur éclat, cf « The blind house »).
Alors, bien sûr, on peut supposer qu’au bout de plusieurs décennies de carrière la faculté de se renouveler s’amoindrit ; mais les moments en rappelant d’autres sont trop présents pour que je les vois avec un œil magnanime.
« Drive the hearse » ponctue l’album non sans une certaine sympathie provoquée par le solo ; et uniquement par le solo, j’ai presque envie de dire, le reste du titre étant plutôt anodin.

Je passe rapidement sur la structure même de l’album qui est censée être une découpe en 14 pistes d’un même titre. Pour moi, on a plutôt affaire à un assemblage de plusieurs diptyques ou triptyques ; je ne ressens pas de cohésion entre chacun des morceaux tout au long de l’album. Et c’est ce qui m’agace aussi un peu avec cet album : en live, on va encore devoir se cogner le tout joué dans l’ordre, ce qui laissera peu de places aux précédents albums et à la spontanéité intrinsèque des concerts. The incident serait excellent de bout en bout que ça ne me dérangerait bien évidemment pas, or ça n’est franchement pas le cas.

Un très bon album de prog rock. Le minimum syndical pour un album de Porcupine Tree.

  1. occam’s razor
  2. the blind house
  3. great expectations
  4. kneel and disconnect
  5. drawing the line
  6. the incident
  7. your unpleasant family
  8. the yellow windows of the evening train
  9. time flies
  10. degree zero of liberty
  11. octane twisted
  12. the seance
  13. circle of manias
  14. i drive the hearse

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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6 Commentaires

  1. krakoukass Krakoukass says:

    Tout à fait d’accord. Le père Wilson est un peu en roue libre quand même. Ça reste fort sympathique, mais loin d’être indispensable…

  2. booboo29 says:

    J’ai nettement préféré ‘Fear Of…’ leur album précédent…

  3. jonben jonben says:

    Je le préfère au précédent, peut-être parce que je naime pas le précédent.

  4. Jfkool says:

    Sympa, sans plus. pas de quoi s’attarder, surtout après l’album solo de Steven Wilson…

  5. LPA says:

    Tout à fait d’accord avec cette chronique.
    L’album, à la première écoute, fait un très bon effet car facile d’accès et très sombre, à l’exception de certains titres plus lumineux, nostalgiques ou mélancoliques.
    Malgré de très bonnes ambiances calmes ou planantes, l’album ne parvient pas à surprendre au fil des écoutes et au final on en fait vite le tour. Pire, les facilités dans lesquelles est tombé Steven Wilson deviennent vite agaçantes. Il y a des plans qui reviennent d’un morceau à l’autre, des plans qui font sérieusement penser à d’autres albums, des phrases courtes répétées répétées répétées, des enchainements harmoniques trop évidents … Sans parler des passages un peu métal trop simples, pas assez développés.
    Heureusement que Gavin Harrison (le batteur) est là, car au moins avec lui on ne s’ennuie jamais, toujours très créatif, toujours aussi groovy dans son jeu. Un peu l’inverse du bassiste qui déçoit sur cet album en se contentant du minimum …
    Toujours est-il que le son de l’album est vraiment excellent, très acoustique avec beaucoup de dynamique, de spatialisation et de travail sur le mixage, ce qui est loin d’être de le cas de tous les rockeurs/métalleux contemporains …
    Autant dire qu’il faudra faire mieux pour le prochain album ! ! !

  6. klaatu says:

    je voudrais pas vous décevoir, mais à mon humble avis, ils ne feront pas mieux sur le prochain album, et pourtant c’est pas bien difficile de faire mieux que celui là parce qu’on peut dire qu’ils ne se sont pas foulés pour le pondre vu sa piètre qualité.

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