Antipop Consortium + APSCI – 09 novembre 2009 – Maroquinerie – Paris

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Fait amusant, quand on tape APCSI sur youtube on tombe principalement sur des vidéos traitant de l’Apocalypse selon Saint-Jean. Le duo de rappeur / chanteuse n’a pourtant absolument rien à voir avec ces prédictions en dehors du fait que leur nom est APSCI et que toutes les annonces de concert ont reproduit la même erreur. Leur but a eux est de faire la fête et de proposer un mélange electro rap dansant et attractif visuellement grâce à des projections d’extraits de films (Coraline, Le labyrinthe de Pan, Sin City …) ou de clips vidéos les mettant en scène (d’où ma recherche sur youtube). Malheureusement, c’est avec une main blessée par un chat agressif, pour la chanteuse, et une entorse, pour le rappeur, que le groupe devra jouer.

D’abord assit à la table où repose son ordinateur portable, celui-ci finira par se lever et bouger un peu malgré tout. C’est d’ailleurs un témoignage de la tenacité et de la conviction de ces musiciens de venir jouer dans de telles conditions devant un public aussi peu réceptif leur mélange electro / soul / rap pourtant très bien joué et efficace. Le mélange des genres était pourtant parti pour me déplaire sur le papier mais j’ai eu l’impression d’être un des seuls à véritablement apprécier leur musique pendant le concert. Les beats sont gros, la voix de la chanteuse (agrémentée d’effets) est superbe et le rappeur a suffisamment de technique pour enrichir le mélange. Un véritable couple (à la ville et sur scène) qui mérite beaucoup plus que l’accueil froid et absent qu’il a reçu. Pas de rappel pour eux donc mais un set d’un peu plus de quarante-cinq minutes qui aura fait plus que passer le temps. A revoir dans de meilleurs conditions, sans faute de frappe et avec un public moins statique.

Déjà acquis à leur cause, Antipop Consortium n’aura pas à faire beaucoup d’effort pour obtenir une réaction du public. Le quatuor New Yorkais est un vétéran de la scène rap indépendante et s’est trouvé une oreille attentive chez les fans d’electro, de rap et les bobos. Le public ne brillera pas par conséquent par son dynamisme, contrairement aux rappeurs dont les flows croisés rendent l’expérience scénique bien plus saisissante que l’écoute de leur disque malgré leurs multiples qualités. Antipop Consortium est un des groupes que j’écoute depuis qu’un ami bien intentionné m’à introduit à l’autre visage, plus intello, moins ghetto et bien souvent plus blanc, de la scène rap. Je n’aurais cependant pas le loisir d’entendre beaucoup de titres de leurs anciens albums, hormis trois titres de Arrhythmia dont "Dead in motion" et "Ping pong" lors du rappel, puisque le concert sera surtout consacré à Fluorescent black (avec en plus un morceau d’un album solo de Beans).

Les titres du dernier album suffisent cependant largement à me contenter, bien que je les découvrais ce soir. Je dois avouer que la re-formation de ce groupe me faisait craindre un disque en demi-teinte mais que la promesse d’entendre enfin les morceaux de Arrhythmia m’a poussé à me déplacer. Pourtant, le groupe ne semble s’être jamais séparé et s’amuse visiblement sur scène. Beans, derrière de grosses lunettes, reste en retrait sur scène tout en rappant avec une capacité ahurissante. M Saïd n’est d’ailleurs pas en reste et ses interventions au chant sont les bienvenus. Le style de High Priest se situant entre les deux (position qu’il occupe aussi sur scène), sa présence se fait moins remarquer mais il ne démarque pas non plus par rapport aux prouesses de ses compagnons.

Le concert est composé d’enchainement de titres de leurs disques et de séquences d’improvisations où chacun se retrouve autour d’une table et s’affaire sur un sampler ou un clavier. Ces interruptions sont à la fois intéressantes et frustrantes puisque, le dos tourné ou les yeux rivés sur l’instrument, l’interaction avec le public est alors nulle. Toutefois, au bout d’un peu moins d’une heure de concert suivis de deux rappels qui pousseront la durée de la performance à une heure vingt, il serait malvenu de tirer un bilan négatif de la soirée juste pour ces petits reproches. Aussi à part et originaux puissent-t-ils être, les rappeurs d’Antipop Consortium restent les pieds plantés dans l’attitude festive et dynamique des concerts de rap. Ma seule frustration est de ne pas avoir entendu plus de titres que je connaissais mais quand les nouveaux sont aussi réussis, il n’y a pas non plus de bonnes raisons de se plaindre.

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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