Converge – Axe to Fall

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Style: hardcore [brand]newschoolAnnee de sortie: 2009Label: Epitaph

Déçu par un You fail me trop décharné alors que j’avais été introduit à l’univers de Converge par Jane Doe et ses riffs monumentaux, je redécouvre aujourd’hui Converge sur un Axe to fall très metal où se côtoient des membres de 108, Himsa, Disfear, Cave In, Genghis Tron, Blacklisted, Neurosis, et Hatebreed. Ne figure pourtant sur la couverture que le nom de Converge car celui-ci suffit à juger de la qualité du disque. Invités ou non, l’identité du groupe reste constante.

Les interventions des différents musiciens invités n’ont d’ailleurs pas tous un intérêt prononcé. Sean Martin (Hatebreed), George Hirsch (Blacklisted), Trivikrama Dasa (108) et John Pettibone (Himsa) passent presque inaperçus si l’on ne tend pas l’oreille. « Effigy », accompagné des trois quart de Cave In, prouve surtout à quel point ceux-ci ont été influencés par Converge, s’ils ont pris part dans l’écriture de ce titre. De même, les leads crust de Ulfe Cederlund (Disfear) ne dénotent pas par rapport aux envolées frénétiques soutenues par des explosions de double grosse caisse sur les quatre premiers titres (ainsi que sur une bonne partie de la suite).

Le tempo se ralentit sur « Worms will feed » pour permettre à Nate Newton de soutenir avec un chant plus déchiré que dans Doomriders une mélodie maladive comme est capable d’en sortir Kurt Ballou. Un apaisement déchiré dont le relâchement permet de souligner la folie vengeresse qui s’empare de nouveau du groupe sur « Wishing well ». Du pur Converge, possédé et superbement composé, autant dans l’écriture des titres que dans leur enchainement féroce sur des titres allant d’une minute quarante à moins de cinq minutes. Converge n’est plus un groupe de hardcore, au sens strict du terme, mais il en conserve clairement l’énergie.

Que dire des riffs de Kurt Ballou à part qu’ils semblent meilleurs à chaque écoute plus on prête attention à chacun d’eux. La basse de Nate Newton est proprement monumentale. Un son metallique et lourd qui ne s’écoule pas sur la guitare mais marque sa présence. Quant à Ben Koller, il ne s’arrête tout simplement jamais d’asperger sa batterie d’une frappe énergique pour un résultat aussi riche que constant en terme de puissance. Un disque placé sous le signe de la violence dont les seuls véritables ralentissements se trouvent à la toute fin du disque.

C’est d’abord le cas de « Cruel bloom », titre folk interprété avec Steve Von Till (Neurosis) au son d’une guitare folk qu’il ne tient cependant pas entre ses mains et d’un piano. Accompagnée de trois autres voix, son intervention présente une rupture radicale dans le flot du disque dont le souffle aurait pu manquer. Épuisés mais toujours habités par la même mélancolie, les décibels reviennent toutefois en force pour conclure le morceau et relever la tête avant le grand plongeon. Fans de Converge et ici invités sur le dernier titre, les trois membres de Genghis Tron ne doivent pas en revenir de leur ascension… Ils relèvent cependant parfaitement la tâche qui leur est proposée en s’appropriant l’atmosphère du disque sur sept minutes lentes et sombres. Les tonalités électroniques des synthétiseurs s’adaptent parfaitement aux paroles d’un romantisme déchiré et le chant de Mookie Singerman apaise jusqu’au retour des hurlements de Jacob Bannon dont la voix n’aura cessée de cracher sa bile sur toute la durée de l’album. Dernière explosion de guitare. « We may get better » peut-on lire à l’intérieur de l’album. Peut-être. Mais on se remettra difficilement d’une rencontre avec un album pareil.


Tracklist :

1 – dark horse
2 – reap what you sow
3 – axe to fall
4 – effigy
5 – worms will feed / rats will feast
6 – wishing well
7 – damages
8 – losing battles
9 – dead beat
10 – cutter
11 – slave driver
12 – cruel bloom
13 – wretched world

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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15 Commentaires

  1. Hallu says:

    Le plus mauvais album de Converge. Des soli de gratte pathétiques, des invités à la pelle qui n’apportent rien, une absence totale de riffs dissonants cultes, un son trop métal trop surproduit, et des structures très peu inspirées… « You Fail Me » était un excellent album, ceci est une bouse.

  2. Nico says:

    J’aime pas ce disque non plus (tout comme You Fail Me). La force de Converge était de te sortir des morceaux complexes sans pour autant en faire un déballage de technique. Là on a limite l’impression d’écouter un guitar-hero… Ce disque est bien fait, ces gars sont toujours des monstres de technique, mais ça me parle vraiment pas.

  3. dimegoat says:

    Boh, ça s’écoute mais ça tourne un peu en rond depuis le sommet d’inspiration que fut Jane Doe. A l’image de leur graphisme, on sent qu’ils ont trouvé la formule magique et qu’ils se reposent dessus sans apporter grand chose à chaque nouvel album. Dommage

  4. Hallu says:

    Sauf que dans le style de Jane Doe, You Fail Me et No More Heroes était très efficaces et inspirés. Cet album ne l’est pas du tout. Ce n’est plus du Converge, c’est une démo technique mêlée à une compil de guests…

  5. NoiP says:

    Tout comme Hororo. Pour moi, Converge continue son sans faute et sort un nouveau CD de qualité. Qu’on aime pas, je peux comprendre, mais le coup de la bouse surproduite m’a bien fait rire.

  6. Bernard says:

    J’adore cet album, sorte de « récréation » all-stars histoire de ne pas nous refourger la même formule qui aurait peut-être pu lasser. Je me le remets encore régulièrement alors que mon intérêt pour le précédent était retombé un peu rapidement. Mais je comprends les critiques (sans les partager). Ceci dit When Forever Comes Crashing reste mon album préféré du groupe. Big respect pour un groupe qui se veut toujours intelligent et surprenant et un putain de groupe de scène!

  7. jonben jonben says:

    Pour moi c’est le meilleur album que Converge ait sorti à ce jour. Rien que niveau voix, c’est beaucoup mieux, ça sonne, alors que franchement, c’était le gros défaut du groupe auparavant.

  8. jonben jonben says:

    J’adore les commentaires façon Hallu parce qu’ils me confortent dans mon appréciation de cet album. Ca joue, c’est technique, tant mieux! J’aimais déjà Converge avant cet album, mais je les préfère encore maintenant!

  9. krakoukass Krakoukass says:

    Je rejoins Jonjon, peut-être mon Converge préféré mais pas forcément pour les mêmes raisons. C’est surtout par son côté plus digeste sur la durée, plus varié, moins monolithique, que j’adhère en ce qui me concerne.

  10. 1ternot2baz says:

    Bon Hallu, c’est pas parce-que tu ne jures que par Tokyo Hotel que tu te doit de cracher sur tous les autres groupes. Mais je comprend ton acharnement à vouloir défendre coûte que coûte ton groupe favori !

  11. 1ternot2baz says:

    Pour ce qui est de l’album, plus j’écoute, plus j’y découvre des petites subtilités insoupçonnées aux tout premiers jets. L’album est (relativement) abordable et bien varié en fait. On sent une volonté d’évolution (l’avant-dernière piste me fait vaguement penser à du Tom Waits !) et Jacob ne se contente plus de hurler tel une poule qui s’immolerait par le feu ! Un très bon cru donc, comme toujours, mais pas encore le deuxième chef-d’oeuvre tant attendu.

  12. josh says:

    album monumental!!!

  13. jfkool says:

    C’est leur meilleur album selon moi.

  14. Faya says:

    D’accord avec le commentaire qui parle d’un album de « récréation all stars ». Converge s’amuse, disperse ses influences, mais avec une inspiration vraiment au rabais sur une grosse moitié de titre. Varié, mais ca sonne creux pour moi, reelle deception.

  15. Electrique Chou Farc says:

    Aye! Je pensais l’écouter mais vu que c’est l’album favori de Jonben dans toutes leur disco… j’ai des craintes… ;-)

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