Katatonia – Night Is the New Day

katatonia -night new day

« Vendu » un peu pompeusement comme le meilleur album de metal de ces dernières années, par leur ami de longue date Mickaël Akerfeldt, ce nouvel album de Katatonia arrive enfin trois ans après le précédent et très réussi The Great Cold Distance.
On ne s’attardera pas sur la déclaration du leader de Opeth, qui ne doit visiblement plus écouter beaucoup de disques pour en arriver à une telle assertion pleine d’excès. N’allez pas pour autant croire que ce nouvel album des suédois n’est pas à la hauteur. Loin s’en faut.

On retrouve en effet immédiatement ce qui fait la force du métal mélancolique du groupe, ces mélodies ciselées, soutenues ponctuellement par de bons gros riffs bien lourds (on est d’ailleurs saisi d’entrée par les premiers riffs aux accents meshuggiens de « Forsaker ») et littéralement habitées par la voix magnifique de Jonas Renkse.
Il est évident que contrairement à ce que laisse présager l’ouverture de l’album, le groupe s’est quelque peu assagi et on sent rapidement à l’écoute de Night is the New Day que Katatonia a énormément travaillé les arrangements du disque qui sont juste extraordinaires de précision et de beauté. Les mélodies sont toujours aussi travaillées, mais les compositions ont clairement gagné en richesse et en profondeur, acquérant presque une dimension orchestrale ( les claviers, synthés ou mellotrons sont légion, et on a même droit à du violon sur « Inheritance »), dimension accentuée par cette production à la fois claire et énorme qui rend justice à l’intégralité des instruments présents.

Cette richesse rend les compositions passionnantes sur la durée, mais revers de la médaille, il faut peut-être un peu plus de temps qu’autrefois pour être happé par les compositions de ce nouvel album, là où un « My Twin » avait il y a peu, la faculté de s’incruster illico dans le crâne.
Qu’importe, après quelques écoutes attentives, on succombe comme d’habitude, et la plupart des titres, comme « Forsaker », « The Longest Year », « Onward into Battle », « Liberation », « Day and then the Shade » et j’en passe, apparaissent finalement dans toute leur splendeur comme de nouveaux hymnes à la mélancolie. On ressort de ce nouveau conte musical émerveillé et rêveur, empreint de la même douce torpeur qu’on ressent blotti près d’un feu de cheminée, lorsque l’hiver fait son œuvre à l’extérieur.

Ce perfectionnisme toujours plus poussé dans les arrangements est-il à mettre sur le compte d’influences nouvelles ? Il est clair que de nombreux passages rappellent désormais les titres les plus mélancoliques de leurs compatriotes suédois d’Opeth sur les albums récents ce qui n’est pas étonnant compte tenu des vraies relations d’amitié qui unissent ces deux groupes (sans compter la collaboration de deux membres de chaque groupe dans Bloodbath).
Mais au-delà de cette filiation évidente, on a également l’étrange sentiment que le leader de Porcupine Tree a aussi été source d’inspiration notamment dans les arrangements et dans cette tendance à mêler douceur et gros riffs, contraste encore plus appuyé que par le passé et certains passages n’auraient vraiment pas démérité sur un album de PT. Steven Wilson n’ayant (autant qu’on sache) rien eu à voir avec Katatonia
Est-ce à craindre que Katatonia ait perdu son identité dans la manœuvre ? Pas du tout, puisque même enrichi (c’est bien le mot) de ces nouvelles influences tout sauf encombrantes, le groupe reste identifiable immédiatement et nous offre même une sorte de retour vers son passé doom, avec un « Nephilim » bien lent et lourd comme il faut. On notera aussi pour la première fois depuis Brave Murder Day, la présence d’un guest vocal sur « Departer », relativement inconnu (Krister Linder chanteur du groupe Enter the Hunt) mais très réussi néanmoins qui apporte son timbre encore plus fragile que celui de Jonas.

Bref vous l’aurez compris, ce n’est encore pas aujourd’hui que vous me verrez dire du mal de ce groupe qui nous livre encore en 2009 un superbe album, continuant à tracer un chemin sans le moindre faux pas.

A noter que l’album est sorti dans une édition dite « suédoise » en digibook, qui outre une finition esthétique incontestablement supérieure à la version jewel, présente le grand intérêt d’offrir un titre bonus, dont la qualité est (une fois n’est pas coutume avec les bonus tracks) à situer au niveau des autres titres, sa mélodie entêtante en faisant même à mon avis l’un des hits de l’album. A ne pas rater donc si vous comptez judicieusement faire l’acquisition de cet album.

Tracklist :

  1. forsaker
  2. the longest year
  3. idle blood
  4. onward into battle
  5. liberation
  6. the promise of deceit
  7. nephilim
  8. new night
  9. inheritance
  10. day & then the shade
  11. ashen (bonus track édition suédoise)
  12. departer

A PROPOS DE krakoukass

krakoukass Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben. Adresse de contact : krakoukass@eklektik-rock.com

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1 commentaire

  1. Je serais plus sévère, tant le plagiat est proche sur « idle blood » qui me rappelle furieusement « Harvest » d’Opeth assaisonnée de quelques lignes vocales directement claquées de PT. Même sentiment désagréable sur la piste suivante ou j’entends les mêmes nappes et progressions que sur Fear of a Blank Planet… Connaissant très bien la discographie des trois groupes concernés, je trouve que Katatonia a trop perdu de son identité et que cet album n’apporte rien de neuf au genre.

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  • Moonspell - Extinctdarkantisthene | 27 avril 2015
    Moonspell – Extinct
    effectivement, ça n'est pas un chef d'oeuvre mais il y avait longtemps que Moonspell n'étaient pas aussi bien inspirés ; et quels soli !
  • klone - here comes the sunjoss | 22 avril 2015
    Klone – Here Comes the Sun
    Eh bien, moi qui était toujours resté insensible à la musique de ce groupe, me voilà de plus en plus accro à ce nouvel album. J'ai tout de suite été séduit par la superbe voix claire de Yann, ce qui m'a donné envie d'y revenir plusieurs fois. Ensuite les compos se dévoilent au fil des écoutes. Très bel album et une g...
  • Moonspell - Extinctangrom | 20 avril 2015
    Moonspell – Extinct
    Plutôt agréablement surpris par ce disque d'un groupe que j'avais comme toi un peu lâché depuis la fin des années 90. Pas une grosse claque, mais un bon disque bien foutu. par les temps qui courent, c'est déjà pas si mal
  • djentHycare | 20 avril 2015
    Djent, késaco?
    Merci d'avoir mis des mots sur ce que je ressentais en écoutant Meshuggah et de m'avoir fait découvrir ces quelques groupes....! ;)
  • coverThibaut | 18 avril 2015
    Dead – Transmissions / Verse
    Je viens juste (ce matin) de recevoir mes deux EP de DEAD, donc l'album est aussi superbe. J'aimerais la K7, mais je ne trouve pas le bon de commande!!! J'adore DEAD, groupe exitant. A rejoindre les légendes françaises; JC Satan, Docteur Mix and the Remix et bien sûr Métal Urbain. T
  • Moonspell - Extinctsoldout | 13 avril 2015
    Moonspell – Extinct
    Pochette hideuse, ras le bol des pochettes copier/coller de Seth. Sinon excellent album ça doit bien faire une dizaine d'année que j'avais pas autant écouté un album de Moonspell, mention spéciale aux leads vraiment excellents (Domina en tête). Effectivement on réinvente pas la roue mais c'est, selon moi, largement au des...
  • Man is not a birdmetacello | 12 avril 2015
    Man Is Not a Bird – Survived the Great Flood
    Plutôt original et frais. Merci pour la découverte ! (surtout que cela n'a pas semblé facile)
  • Man is not a birdMarbaf | 09 avril 2015
    Man Is Not a Bird – Survived the Great Flood
    Merci pour la découverte !