Dj Shadow – Endtroducing…

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Style: trip-hopAnnee de sortie: 1996Label: Mo'wax

Aujourd’hui, afin de faire découvrir cette pierre angulaire du trip-hop à une collègue, j’ai téléchargé ce disque depuis un blog pour qu’elle puisse l’écouter sur son lecteur. Celle-ci préfère le format numérique au prêt de disque que je lui aurais accordé avec plaisir.

En effet, Endtroducing… est un de mes disques de chevet depuis qu’un ami me l’a gravé sur une compile de mp3. Une petite histoire personnelle autour de différents formats pour un disque dont le contenu est un hommage à l’art du sampling, du digging et par extension au vinyle. Composé à partir de la collection d’un mythique magasin de disque de Davis en Californie, et grâce au talent de Dj Shadow, ces samples ont été puisés dans la mer de vinyle qui sert de toile de fond à l’interview de l’intéressé dans Scratch. C’est depuis ce nid où repose tant de vinyle éparse qu’a éclot Endtroducing …

Reconnu et applaudit par la presse généraliste et spécialisée, son nom apparait dans les listes, des 100 meilleurs albums jamais produit, de Spin Magazine (à la 69ième place, entre Maxinquaye de Tricky et The Blueprint de Jay-Z) et Time magazine (entre Time out of mind de Bob Dylan et (What’s the story) Morning glory d’Oasis). Un témoignage à la fois de l’éclectisme des classements où on peut le retrouver mais aussi de l’unanimité des journalistes de tout bords à son égard.

Classé au livre des records comme l’un des premiers album réalisé uniquement à partir de sample d’autres disques, Endtroducing… a aussi popularisé le trip hop (le label Ninja Tune lui doit beaucoup) tout en participant activement à l’histoire de la scène rap et electro d’une manière générale (de Madlib à Venetian Snares sans compter Ulver et son Perdition city). Cette attitude musicale est parfaitement illustrée par la liste des artistes, samplés pour la création de ces chansons, dont les frontières musicales sont réduites à la distance entre les différents rayons d’un magasin de disque, comme celui de la couverture. Autant plongé dans le funk et la soul que capable d’emprunter à Kraftwerk, Björk ou Metallica, la liste des artistes se lit comme un voyage à travers les cultures. Paradoxale pour un disque à la sensation aussi organique où les samples se superposent avec grâce « comme si le destin avait voulu que ces disques se rencontrent » (comme le décrit Joshua Davis dans ce même reportage).

Ces chansons n’auraient pas aussi bien sonnées si les différents artistes s’étaient rencontrés physiquement dans un studio. Là est tout le talent du Dj pour faire de ce melting pot un joyaux unique. Bien plus que la somme de ses composants.

Endtroducing… pourrait-il être réalisé aujourd’hui ? Peut-être bien plus facilement qu’en 1996 puisqu’à l’instar de ma méthode de collecte de ce disque, la médiathèque internet donne accès à une réserve inespérée d’albums éparses. Le sous-sol de ce fameux magasin de disque reproduit à l’échelle mondiale. Le charme de la fouille physique est alors remplacé par le moteur de recherche. La pochette d’Endtroducing… ne sera alors bientôt plus qu’un vague souvenir nostalgique pour des générations de fans. En revanche, « Organ donor » continuera d’enthousiasmer des générations et des cultures différentes, comme j’ai pu le constater lors d’un récent concert de Dj Krush (le Dj Shadow japonais a la discographie plus conséquente et consistante), et « Midnight in a perfect world » sera toujours une des plus belles chansons au monde.

  1. best foot forward
  2. building steam with a grain of salt
  3. the number song
  4. changeling
  5. what does your soul look like (part. 4)
  6. untitled
  7. stem/long stem
  8. mutual slump
  9. organ donor
  10. why hip hop sucks in ’96
  11. midnight in a perfect world
  12. napalm brain/scatter brain
  13. what does your soul look like (part. 1 – blue sky revisit)

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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4 Commentaires

  1. mateo says:

    oui oui oui et oui.. égalé seulement par Perdition City, Mezzanine et Psyence Fiction d’UNKLE. =)

  2. Faya says:

    word. Un monument

  3. Childeric says:

    Une claque monumentale.

  4. Blakkat says:

    « Building steam with a grain of salt » est un pu-tain de morceau !
    Cet album est un pu-tain de morceau !!!

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