Magma – ëMëHntëHtt-Ré

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Style: zeuhlAnnee de sortie: 2009Label: Seventh Records

Une des meilleures choses qui soit arrivé ces 10 dernières est sûrement le retour de Magma pour terminer une trilogie commencée il y a de cela 35 ans avec le second volet Kohntarkosz. Comme la formation française ne fait rien comme personne, il aura fallu attendre 2004 pour qu’enfin soit enregistré K.A (Kohntarkosz Anteria), le premier chapitre de la trilogie Kohntarkosz qui avait déjà été rodé sur scène depuis bien longtemps. La dernière partie du triptyque, Ëmëhntëhtt-Ré, écrite en 1975 et déjà interprété live de nombreuses fois, débarque enfin dans une version studio exceptionnelle en 2009.

Ëmëhntëhtt-Ré est une longue suite en quatre parties (de 3:56 pour la plus courte à 22:24 pour la plus longue) plus deux compositions plus brèves en guise d’épilogue. Il se dégage quelque chose d’à la fois mystique et apaisant du premier mouvement qui reprend le « Rindë » déjà présent sur l’album Attahk, chanté par la voix gracieuse de Stella Vander et accompagné de sublimes parties de piano. Le deuxième mouvement, le plus long, débute par un excellent tour de chant de Christian Vander avant que la musique se fasse plus vive et grave avec l’inclusion d’un mouvement de Köhntarkösz (1974) version 2009. Une cavalcade des plus épiques qui enfle jusqu’à l’explosion avec un Christian Vander qu’on imagine en transe derrière sa batterie. Le troisième tableau se veut plus posé au début mais reste empli d’une tension et d’une gravité, voir d’une violence prête à exploser à tout instant. La rythmique est carrément volcanique, Vander n’est pas considéré comme un des meilleurs batteurs au monde pour rien et ses contretemps feront perdre la boule à certains.

Les deux chapitres centraux de l’œuvre sont d’une richesse et d’une complexité époustouflante, n’ayant rien à envier aux productions plus anciennes et cultes de l’orchestre. Il faut voir l’extrême méticulosité de l’enregistrement qu’illustre le DVD bonus. Dense et sophistiqué, l’ensemble paraît pourtant couler de source malgré de nombreux contrastes. Hésitant sans cesse entre la lumière vive et l’obscurité d’un sépulcre au cœur d’une imposante pyramide (à ce propos, l’épilogue funéraire « Funëhrarïum Kahnt » est digne des cérémonies mortuaires les plus glaçantes) ou de fastueuses chorales et de plus humbles et arides passages.

L’opéra tellurique Ëmëhntëhtt-Ré clôt en beauté cette seconde trilogie tout aussi imposante que la première (la Theusz Hamtaahk Trilogie). Preuve que la zeuhl de Magma est carrément intemporelle. A vie, à mort et après…

  1. Ëmëhntëhtt-ré i
  2. Ëmëhntëhtt-ré ii
  3. Ëmëhntëhtt-ré iii
  4. Ëmëhntëhtt-ré iv
  5. funëhrarïum kahnt
  6. sêhë
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3 Commentaires

  1. passmountain says:

    jolie kro

  2. Spektr says:

    Magma est un groupe que j’adule, ou plutôt que j’adulais tout particulièrement, durant la période MDK, Udu Wudu, Köhntarkösz, Live Hhai etc…
    Aujourd’hui ? Pour ma part, Magma est un groupe qui tourne sacrément en boucle… C’est bien simple, le groupe n’a JAMAIS su EVOLUER, et c’est vraiment vraiment dommage. La magie a complètement disparu, je m’écoute ce disque et je me dis : « Non… non vraiment pas. »
    A l’ère ou l’on peut composer tellement de belles choses en harmonie avec l’informatique, Magma n’exploite pas d’un iota cette possibilité, le groupe crache dessus même, et ça s’en ressent dans une prod somme tout banale, parfaite mais froide, plate et vide.
    On adhère ou on adhère pas, pour ma part tout ceci n’est plus qu’un gros foutage de gueule, dommage pour un groupe aussi mythique, et qui figure parmi mes préférés tout de même.

  3. Monster says:

    Le Magma des années 2000, de K.A et Ëmëhntëhtt-Ré, n’évolue pas vraiment il est vrai, mais c’est un peu normal vu qu’il met la touche finale à des oeuvres composées en 1974-75, donc ce n’est pas trop ce qu’on lui demande. Je trouve que K.A et Ëmëhntëhtt-Ré font partie des meilleurs albums de Magma, juste après M.D.K. et Kohntarkosz qui restent inattaquables. Rien de neuf sur K.A ? Un peu normal vu que ce dernier, composé en 1974, se veut le point de liaison entre M.D.K. et Kohntarkosz, avec une utilisation encore plus poussée des voix (il y a dès fois 16 pistes de voix utilisées sur cet album, un véritable opéra). Ëmëhntëhtt-Ré a été composé en 1975, donc c’est un peu normal qu’on y trouve dedans du M.D.K., du Kohntarkosz, du Udu Wudu et du Attahk mais rien de vraiment neuf. La dernière véritable évolution de Magma c’est Merci en 1984, un Magma plus commercial sonnant comme du Prince par instant. Depuis, Vander est passé à autre chose, au Christian Vander Trio et à Offering. Je ne sais même pas s’il est prévu de nouveaux enregistrements studio après Ëmëhntëhtt-Ré…

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