Pyramids – Pyramids With Nadja

Pas de commentaires      972
Style: shoegaze experimentalAnnee de sortie: 2009Label: Hydrahead

Si la pochette vous donne une impression de calme reposant, propice à l’isolement, alors vous savez à quoi vous attendre en achetant ce disque. Plus qu’une collaboration entre les membres mystérieux de Pyramids, dont on ne connait encore que le contour vaporeux des photos promotionnelles, et le duo Nadja, ce disque est une fusion entre deux entités dont l’interprétation des préceptes du shoegaze a été applaudi pour son originalité.

L’écoute de ces quatre titres (pour plus de 55 minutes de musique) devra cependant se faire dans l’isolement et le calme le plus complet pour en apprécier les nappes vaporeuses et le roulement de la basse dont la présence, à l’instar du cours d’eau au travers de l’étendue verte de la pochette, se fait discrète tout en alimentant le mouvement de la vie alentour. Les battements de la boite à rythme sont rares tout au long du disque et n’interviennent que brièvement. Les transitions ne sont donc marquées que par les variations dans les couches de sons provenant de guitare, de synthétiseur, de clavier ou de paroles étouffées dont les respirations roulent au gré de l’évolution de chaque composition.

Celles-ci forment un tout cohérent pour une plongée intégrale dans un univers sonore tout aussi personnel que celui de chacun des parties intégrées dans le cadre de l’expérience. En plus des six musiciens des deux formations, Simon Raymonde (Cocteau Twins), Albin Julius (Der Blutharsch), Chris Simpson (Mineral), Colin Marston (Behold… the Arctopus, Dysrhytmia) et James Plotkin (Jodis, Khanate) participent. Tout n’est pas qu’ambiance et étendu sonore puisque la présence d’un clavier se distingue très nettement mais il n’intervient, par exemple, qu’à 5 minutes passées pendant « Another war » et ne revient ensuite que plus tard. Distinguer une structure serait, de toute façon, une perte de temps quand le but est justement de s’abandonner au gré de l’heure passée en compagnie de ces musiciens.

Tim Hecker, Blut Aus Nord, Stockhausen même, sont des noms qui conviennent très bien pour tracer le contours de ce disque. Les influences de chacun des collaborateurs, de l’indie-rock à l’industriel jusqu’au travail de textures aériennes, interviennent tout au long de ce disque pour en faire un album à part. Un disque qui trouvera parfaitement sa place chez les aficionados du label HydraHead, ou des artistes cités, à condition qu’ils prennent le temps, ferment les yeux et laissent le disque leur parler tout comme on s’allonge parfois dans l’herbe pour ne capter que les sensations autour de soi et s’oublier quelques instants.

  1. into the silent waves
  2. another war
  3. sound of ice and grass
  4. an angel was heard to cry over the city of rome

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

hororo a écrit 395 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Groupes cités dans la chronique

Vous pourriez aussi apprécier

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *