Slayer – World Painted Blood

Quand Dave Lombardo est revenu chez Slayer, il a créé un espoir, celui de voir le grand Slayer de retour, celui là même qui était invincible jusqu’au live Decade of Agression en 1991, avant que le batteur cubain ne claque la porte. Une espèce de légende comme quoi l’inspiration divine (ou plutôt maléfique) qui hantait le Slayer des débuts allait de nouveau frapper à la porte de King et Hanneman comme par intervention divine, simplement en récupérant leur batteur original. Et puis Christ Illusion est sorti et, justement, il n’a pas fait illusion très longtemps et le mythe s’est vite effondré. Oui mais voila, même si cet album ne restera pas dans les annales, le fait est qu’entendre Slayer faire un retour en arrière vers quelque chose de plus old-school après deux albums tout simplement atroces (mention spéciale à l’infecte Diabolus in Musica) était rassurant pour certains. Même que si on est du genre optimiste, on pourra toujours se dire que Christ Illusion n’était qu’un rodage et que les choses sérieuses vont commencer ensuite.

Le fait est qu’avec World Painted Blood, si rodage il y a, on peut aisément dire qu’il perdure. Les Américains continuent de recycler une recette maintenant faisandée qui a fait ses preuves sur une trilogie d’albums devenue culte il y a de cela deux décennies, que cela soit dans le mid-tempo (« Beauty Through Order ») qui, s’il s’était retrouvé sur Seasons in the Abyss, on aurait dit « hé con c’est quoi cette merde » ou des titres courts brutaux typique de Reign in Blood (« Psychopathy Red » par exemple).

Il y a bien quelques titres plus modernes et surprenants dans le lot mais ça ne pèse pas lourd. En premier lieu on notera le titre éponyme, sa montée en puissance et surtout son solo inhabituel, puis le lent et malsain « Humain Strain », ensuite « Americon » avec son riff plus haché et enfin un « Playing with Dolls » dans la lignée de « Jihad » sur l’album précédent. On pourra aussi citer la dernière partie du bourrin et frustre « Not of this God », d’une lourdeur peu commune pour du Slayer.

Le meilleur morceau de ce lot est clairement « World Painted Blood », peut-être même le meilleur du disque. Si cette compo plutôt honnête qui débute l’album est la plus intéressante, ça montre à quel point cette nouvelle livraison ne vole pas haut. Entre nouveautés timides pas réussis et du pilotage automatique (incroyable le paquet de riffs des plus banals et peu excitants que Slayer recycle), cet énième album à la production maigre et sale, oeuvre du même gus (Greg Fidelman) qui avait déjà massacré le mix du médiocre Death Magnetic de Metallica, apporte au moins la confirmation que Slayer est définitivement rincé, Lombardo (qui ne se foule pas trop d’ailleurs) ou pas. Vivement la retraite.

  1. world painted blood
  2. unit 731
  3. snuff
  4. beauty through order
  5. hate worldwide
  6. public display of dismemberment
  7. human strain
  8. americon
  9. psychopathy red
  10. playing with dolls
  11. not of this god
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