Chris Moyen

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Depuis les peintures rupestres, l’homme cherche par le dessin à reproduire, comprendre, maîtriser, dominer son environnement. Il se sacralise au travers de ses mythes. Parfois il écartèle des bonnes sœurs. Matt Moussiloose, le chroniqueur qui prend la profondeur, a voulu savoir ce qui depuis 20 ans fait courir notre Chris Moyen national, pinceau emblématique du design de pochettes extrêmes, dont vous avez forcément quelques travaux sur vos étagères. Echange…

Salut Chris ! Avant de nous pencher sur ton activité, j’aimerais essayer de cerner brièvement ton personnage. Peux-tu en quelques lignes nous résumer d’où tu viens, dans quel coin tu habites aujourd’hui, à quoi ressemble ton parcours éducatif et quels métiers tu as exercé avant, voire pendant, celui de dessinateur/graphiste ?

Salut Bertrand. Je suis né à Marseille mais je n’y ai ni attache, ni famille. A l’époque, mon père y avait été muté. Mes parents sont restés une petite dizaine d’années dans la région. Mon frère et moi y sommes nés. Je n’en ai pas trop de souvenirs, à mes cinq ans on a débarqué dans la banlieue de Bordeaux. Aujourd’hui, je suis toujours installé en Gironde et je m’y plais. J’ai eu un Bac A3 (à l’époque : Arts plastiques/Histoire de l’Art). Quelques petits boulots de livreur ou magasinier et des périodes de chômage, puis j’ai bossé dans une boîte comme peintre en lettres sur panneaux, vitrines, façades, etc. Dans le même temps, j’ai commencé à illustrer quelques fanzines de metal, en 1989.

Comment le virus du crayon s’est-il insinué chez toi ? Avais-tu des prédispositions au dessin, à travers par exemple, des vocations artistiques dans ta famille ? Te souviens-tu de l’instant T où tu as réalisé que la chose allait dépasser le stade du hobby chez toi, et où tu chercherais à faire un gagne-pain ? A ce jour, s’agit-il de ton activité professionnelle exclusive ?

J’ai toujours dessiné, d’aussi longtemps que je me souvienne, à la maison, à l’école, en cours, etc., et d’après mes parents, vers l’âge de 2 ans, sur les tapisseries à peine posées par mon père. Sinon non, aucune vocation artistique familiale déclarée ! J’ai toujours pensé que je travaillerais dans le milieu de la création graphique mais ce n’était pas évident à matérialiser. Aujourd’hui, je ne fais que ça, je suis artiste en freelance, grâce à l’envie, au travail, à Internet également et surtout à la chance.

As-tu des modèles ou des influences particulières en matière d’illustrations ?

Forcément la BD, notamment les comics américains. Egalement les œuvres de Druillet et Bilal, l’extraordinaire Gustave Doré et autres illustrateurs du 19e siècle et début du 20e, les gravures médiévales, les pochettes de disques et les affiches de films des années 80… Un mélange « eklektik » de tous ces genres avec une touche assez personnelle… enfin, je crois.
En ce qui concerne les artistes liés au metal, j’aime beaucoup Derek Riggs, Ed Repka, Phil Lawvere, Drew Elliott, Kris Verwimp, Mark Riddick, Matt Putrid, Daniel Desecrator et quelques autres…

Tu inondes l’underground de tes créations impures depuis bientôt 20 ans. Les débuts n’ont sans doute pas été de tout repos. Comment fait-on son trou dans un créneau aussi spécialisé et confidentiel que l’illustration d’artwork metal, a fortiori metal extrême ? Peux-tu citer quelques problèmes auxquels tu as été confronté ? As-tu eu à combattre des préjugés, voire des réticences vis-à-vis de ton activité ? J’ai cru comprendre que tu avais mis le pinceau en sourdine pendant plusieurs années…

20 ans, c’est vrai ! Je ne suis pas sûr d’être un exemple à suivre ou de pouvoir donner de bonnes indications. Aujourd’hui tout est différent. Avec Internet, on a plus de chance de pouvoir se montrer et plus vite, mais il y a plus de monde sur les rangs aussi.
En 1989, j’ai illustré quelques fanzines ainsi que le Blasphemy/Sarcofago European fan club de Ludo « Evil » Lejeune, que je ne connaissais pas et qui est aujourd’hui un ami à qui je dois beaucoup. Certains groupes ont contacté Ludo pour avoir mes coordonnées et j’ai commencé à distribuer des flyers estampillés ThornCross dans mon courrier. C’était en 1990, et je recevais des commandes de dessins, de logos de groupes underground tels qu’Incantation, Amorphis, Beherit, Necromantia, Irreverent (pré-Black Witchery), Sathanas et d’autres… C’était plus un hobby, et j’étais assez fier de retrouver mes artworks sur des T-shirts ou des démos de groupes qui m’intéressaient. Je ne demandais pas un sou aux groupes. Mes premières (mini) rémunérations me sont venues de labels comme Turbo Music ou Seraphic Decay Records. Je me souviens avoir touché 50 dollars pour la pochette de Beherit, The Oath Of Black Blood ! J’étais super content, haha !
Je n’ai jamais eu à combattre de préjugés, je dessine ce que j’ai envie de dessiner, j’écoute ce que j’écoute. Que ceux à qui ça ne plaît pas passent leur chemin. Je leur laisse volontiers Plus belle la vie, la Star Ac’ et même Le Jour du Seigneur. C’est bien, il faut des gens comme ça.
J’ai fait un break de quelques années fin 1997 pour plusieurs raisons. Le boulot, des déménagements, mon fils dont je me suis beaucoup occupé et parce que depuis quelques mois, je recevais des commandes de groupes dont les idéologies politiques n’étaient pas à mon goût. J’ai dit stop et je me suis consacré à d’autres choses.
Fin 2002, j’ai fait une formation de webmaster sur plusieurs mois et évidemment j’ai eu pour la première fois accès à Internet. Jusque là, je n’en éprouvais pas le besoin. J’ai été surpris de voir qu’un allemand avait mis en ligne une galerie ThornCross contenant une quinzaine de mes réalisations des années 90. Je l’ai contacté pour le remercier et pour lui dire que j’allais probablement en créer une plus complète. Ce que j’ai fait en été 2003, un petit site sur lequel j’ai compilé presque tout ce que j’avais fait pendant 8 ans. Mon but n’était pas de ressusciter ThornCross, simplement de faire partager ces images. J’ai ensuite contacté quelques groupes, avec qui j’étais en contact plus de 10 ans auparavant comme Incantation, Derkéta ou Sathanas. D’autres m’ont retrouvé et la majorité avait envie de s’attacher à nouveau mes services. J’ai dit OK, comme en parallèle je cherchais un emploi, mais j’ai reçu de plus en plus de commandes. Finalement, j’ai décidé de consacrer 99% de mon travail à ThornCross et aux artworks metal. Autant saisir la chance de pouvoir faire ce qu’on aime.

Y a-t-il une signification particulière au nom ThornCross, la structure sous laquelle tu signes tes œuvres ? Un pseudonyme comme un autre ?

Non. Début 90, quand j’ai édité mes premiers flyers, j’ai pensé créer un logo pour montrer que je pouvais aussi en réaliser pour les groupes qui en avaient besoin. J’ai pris un dictionnaire et j’ai cherché quelque chose qui sonnait bien. Thorn+Cross, tout simplement. Depuis, je me suis rendu compte qu’il y a une petite ville en Angleterre qui porte ce nom !!!

Te décrirais-tu comme un bosseur forcené ? Comment organises-tu tes journées en général, et quel est ton rendement moyen, en terme de nombre de designs réalisés par mois, par exemple, qu’il s’agisse de pochettes, de T-shirts, de logos ou autres ?

Forcené, certainement pas ! Je mets un certain temps avant de commencer une pochette, le temps d’y réfléchir même si on m’a donné quelques directions à suivre. Par contre, une fois que j’ai commencé, je n’arrive plus à décrocher jusqu’à ce que ce soit quasiment terminé.
Au niveau du rendement, c’est très variable, selon si c’est un logo ou une pochette d’album ! Ça peut être quatre par mois, grand maximum six ou sept si je fais des logos ou des sigles… De toute façon, je ne compte pas. Je fais et quand j’ai fini, je passe à autre chose. Presque la moitié du travail consiste à répondre à mon courrier, envoyer les esquisses, en discuter avec les groupes, mettre mon site web à jour, etc.

Comment qualifierais-tu tes relations de travail avec tes clients ? On pourrait imaginer qu’il n’est pas commode d’entretenir des rapports pacifiés avec des gens qui consacrent leur temps libre à mugir des apologies à la guerre, à la mort et autres exactions inavouables envers les serviteurs du Seigneur le Christ notre Sauveur ? As-tu des exemples de collaborations qui se sont mal passées ?

J’imagine que c’est du 666ème degré, cette question, non ? Ça se passe toujours très bien !!! Il est vrai qu’aujourd’hui je privilégie les groupes et les labels avec qui je travaille depuis plusieurs années, et avec qui ça se passe toujours parfaitement. La plupart d’entre eux sont des gens très cool, sérieux et dévoués à leur musique, certains sont même des amis et ils font la part des choses entre la scène et la vie en dehors. De temps en temps, dès que j’ai le temps, j’essaie de dessiner pour des groupes plus récents voire tout nouveaux qui me contactent. Je n’ai eu des problèmes que dans les années 90 quand il n’y avait pas Internet, surtout des problèmes de communication, de courrier égaré, d’argent ou de disques envoyés (ou pas) et mystérieusement disparus (?). C’était un peu l’Aéropostale.

Les groupes qui louent tes services te fournissent-ils en général une ébauche assez précise de ce qu’ils souhaitent comme illustration ?

Ça va des groupes qui me laissent travailler à partir d’un titre ou de lyrics à ceux qui savent précisément ce qu’ils veulent. C’est pour ça qu’inévitablement, quand on me demande un bouc décapitant le Christ dans une église, ça ressemble à ce que j’ai déjà fait, mais si c’est ce que veut le groupe, je me dois de répondre à son attente.

Ton trait inimitable est reconnu comme une véritable marque de fabrique. As-tu une explication rationnelle au succès de tes artworks ? As-tu l’impression d’avoir bénéficié d’un phénomène de bouche à oreilles, d’avoir été là au bon moment pour accompagner l’éclosion d’un style ? Retires-tu une réelle fierté personnelle de faire désormais partie des meubles de l’Histoire du metal extrême ?

C’est vrai qu’on peut dire que j’ai créé un style, puisque certains artistes s’en inspirent et le reconnaissent, mais en réalité, ça n’a jamais été prémédité. J’ai simplement dessiné, comme je le ressentais, le black/death underground. Ensuite ça a plu à certains. Je suis surtout fier d’apporter ma pierre à l’édifice metal, au même titre qu’un groupe, un label, un créateur de fanzine, un organisateur de concert, un roadie ou tout simplement quelqu’un qui se déplace pour aller voir en concert les groupes qu’il aime.

Peux-tu nous faire un inventaire des créations dont tu es le plus fier ? J’imagine que la pochette du cultissime The Oath of Black Blood de Beherit, ou le logo de l’emblématique label Osmose Productions, occupent une place de choix dans ton petit panthéon personnel…

La pochette de The Oath Of Black Blood est très importante à mes yeux. Non pas parce que c’est la meilleure, mais parce qu’elle a été le déclencheur d’une certaine reconnaissance. Et puis à l’époque, HV de Beherit m’avait juste demandé « un dessin. » J’ai fait cet artwork sans consigne, et ça a tout de suite accroché.
Le logo d’Osmose date aussi de 1990. J’en ai parlé avec Hervé, je devrais bientôt lui faire un petit lifting tout en conservant l’idée de départ. Entrantment Of Evil d’Incantation et De Magia Veterum de Necromantia sont parmi mes artworks préférés de la première époque, et bien sûr d’autres plus récents.

Ton nom est étroitement associé aux scènes death et black metal old school, qui forment le noyau de ce qu’on a coutume d’appeler aujourd’hui le war metal. Quel regard portes-tu sur l’évolution (ou la non-évolution) de ce courant musical depuis la fin des années 80 ? Quels en sont les groupes les plus emblématiques selon toi ? Ceux qui t’ont marqué personnellement ?

Appelons ça du war metal puisque la mode est à tout cataloguer, compartimenter. En 1990, Blasphemy, Beherit, Naked Whipper, Holocausto, Sarcofago étaient simplement des groupes de black metal ou death metal, plus brutal et plus minimaliste que celui pratiqué dans les années 80, et très proche des groupes de grind death/core comme Blood, Impetigo ou Agathocles. J’ai l’impression que ce courant s’est essoufflé au bout de quelques années pour réapparaître 10 ans plus tard, plus fort qu’auparavant. Les reformations de Blasphemy, d’Archgoat ou de Beherit ne sont pas étrangères à ce phénomène. Le style quant à lui n’a quasiment pas évolué. Personnellement, j’aime autant !
Des groupes intéressants ont fait leurs apparitions comme Blasphemophagher, Proclamation, Morbosidad, Necroholocaust et j’en passe. Ceux qui m’ont marqué sont ceux que je viens de citer, en y incluant Black Witchery, Conqueror ou encore Revenge.

En prolongement, peux-tu revenir sur ton parcours auditif ? Quels sont tes styles de prédilection ? Ecoutes-tu des choses en totale inadéquation avec l’univers graphique dans lequel évoluent tes dessins ?

J’ai découvert le heavy metal à l’âge de 15 ans, au début des années 80 avec les albums d’Iron Maiden, Accept, Saxon, Judas Priest, Motörhead, Venom, Manowar, Manilla Road… Je me suis rapidement orienté vers des groupes plus agressifs, au début Metallica, Exciter, Anthrax, Slayer, puis au fil des années Hellhammer/Celtic Frost, Death, Possessed, Kreator, Sodom, Bathory, Destruction, Voïvod, Napalm death, Morbid Angel, Autopsy, Dismember et la vague  raw black metal (war metal) et death metal (brutal et doom) que l’on qualifie aujourd’hui d’old school… Qui a dit que ce n’était pas clair ?
Ce que j’écoute quotidiennement oscille entre tous ces styles, et également de temps en temps des groupes comme The Exploited, Charged GBH, Misfits ou Discharge.

Par ailleurs, écoutes-tu généralement de la musique en travaillant ? As-tu par exemple l’habitude d’écouter la musique du groupe sur lequel tu es précisément en train de travailler, histoire d’alimenter ton influx créatif ?

Oui, j’en écoute quasiment tout le temps. Avant de travailler pour des groupes que je ne connais pas, j’écoute bien sûr ce qu’ils font via leurs sites web, leurs MySpace ou les mp3 qu’ils m’envoient.

Es-tu toi même musicien ? Si oui sur quel instrument promènes-tu tes doigts de mercière ? Joues-tu ou as-tu joué dans un groupe ?

Non. Par contre mon frère Eric était guitariste dans Disabled, groupe de brutal death metal de Bordeaux, entre 1992 et 1997. Ils ont malheureusement splitté juste avant l’enregistrement d’un premier album. On en a discuté ensemble, et on va essayer de sortir leurs trois démos sur CD et de rééditer le mini CD de 1997 Faith Ablation. J’ai quelques labels en tête qui pourraient être intéressés, mais j’attends d’avoir l’accord de tous les anciens membres du groupe pour les contacter.

Au-delà de la frange ouvertement satanique de ton portefeuille clients, j’ai cru comprendre que tu œuvrais  désormais pour des groupes plus mainstream, comme Trivium. Sans forcément citer de chiffre, donnes nous un ordre d’idée de ce que cela représente en terme de différence de rémunération par rapport à tes contrats habituels, car j’imagine que ta tarification est liée au volume d’impressions des objets qui portent tes artworks ?

Non, non, non, ça ne marche pas comme ça (…en tout cas pour le moment) ! Je vends un design pour un T-shirt, après, peu m’importe qu’ils en impriment 50 ou 500. Dans le cas de Trivium, leur label de merchandising m’a contacté pour savoir si j’avais des illustrations inutilisées qui pouvaient leur plaire. C’était le cas. L’une d’elle est devenue le top de leurs ventes en matière de T-shirt d’ailleurs ! Je devrais normalement leur en créer un nouveau, ainsi que pour des groupes un peu dans cette mouvance comme Pantera, Lamb Of God et d’autres. J’ai aussi récemment eu l’opportunité de réaliser des pochettes de groupes de heavy metal, pour les Polonais de Crystal Viper et les excellents Lonewolf de Grenoble.

Bien entendu, tes pochettes représentent souvent les icônes que sont Jésus Christ, généralement figuré dans des postures peu confortables, ainsi que Satan, l’illustre archange de lumière. Mais pourrais-tu être tenté de créer, peut-être pour un groupe en particulier, un personnage récurrent de ton cru, à la manière d’Eddie pour Iron Maiden ?

Oui, bien sûr ! D’ailleurs c’est ce qu’on a fait avec les italiens de Corpsefucking Art. J’avais fait une pochette pour eux en 1997. Et pour les trois derniers albums, on a réutilisé le même personnage, Mister Daisy, que l’on retrouve systématiquement sur une scène de crime gore, dans ce qui lui sert d’habitation. Une fois dans le salon, une fois dans la salle de bain ou encore dans la cuisine avec Grand Ma ou son chien Scooby Doom, etc.

Souhaites-tu t’exprimer brièvement sur tes convictions personnelles en matière de religion ? Parviens-tu, tout en faisant du blasphème un fonds de commerce, à garder une fenêtre de tolérance sur les pratiques de la foi. Penses-tu être en mesure d’échapper au pire à l’heure du jugement dernier ?

Je trouve les gens qui « croient » pathétiques et amusants, mais après tout, chacun peut bien faire ce qu’il veut, je n’irai tenter de convaincre personne. Je n’adhère à aucune forme de religion ou aucun courant spirituel que ce soit. Par contre, j’ai foi en la suprême intelligence du genre humain, qui conduit le monde tout droit vers le chaos et l’autodestruction. Je pense que nous, nous aurons la chance de ne pas en connaître l’épilogue… quoique. Quant au  jugement dernier, c’est peut-être juste une promotion en fin de compte, haha ! On verra bien mais pour ma part, il n’y a aucune urgence.

J’ai cru voir traîner chez toi une écharpe de l’AS Saint-Etienne… D’où te vient cette passion pour le foot et cette équipe en particulier, qui patauge dans la médiocrité depuis des lustres ? As-tu déjà pensé à te recycler en caricaturiste sportif, voire à publier des ouvrages de dessins consacrés au foot ? C’est sans doute un créneau rémunérateur, non ?

Mais d’où tiens-tu cette info ? D’un certain AOS, je suppose ! En effet, je suis les Verts depuis l’épopée de 1976. J’avais 10 ans et ça m’a marqué. Malgré ces longues années de disette, on se dit qu’il suffit de pas grand chose pour que la roue se remette à tourner dans le bon sens… mais c’est long.
Me recycler n’est pas d’actualité, ça c’est bon pour un footballeur ! Je me plais dans mon créneau, d’autant que je suis en train de plancher sur l’édition d’un art book contenant un maximum d’illustrations que j’ai créées depuis 20 ans. On m’en parle souvent, je crois que c’est le bon moment.

As-tu déjà été contacté pour travailler sur des projets d’animation ? Est-ce un domaine qui pourrait t’intéresser dans l’absolu ?

Non. Je ne sais pas, tout dépendrait du projet à priori.

Merci d’avoir pris sur ton temps pour répondre à ces questions. Tiens, peux-tu nous indiquer pour terminer quels sont tes principaux projets de graphismes pour les mois qui viennent ?

Je ne me projette pas sur les mois à venir parce que je ne suis pas quelqu’un de très  organisé, ce n’est pas dans mon tempérament. Je sais ce que je dois faire le mois en cours, et que des labels et des groupes comptent sur moi très régulièrement. Ensuite, j’ai de la réserve, je reçois plusieurs demandes par semaines, mais je ne peux malheureusement pas répondre à tout le monde. Au début j’essayais mais je me suis vite rendu compte que je perdais un temps fou à répondre à chacun en m’excusant de ne pouvoir donner de suite. J’en suis réellement désolé, j’aimerais avoir plus de temps…
Je viens de finir les pochettes des nouveaux albums de Nominon et Spun In Darkness, j’enchaîne avec quelques travaux pour Incantation et pour un groupe de black avec qui Je bosse souvent, mais qui veut garder secrète cette prochaine réalisation (désolé pour le scoop). Il y a aussi des pochettes pour un split EP de groupes 100% underground, et pour la réédition sur CD des démos du groupe de death français des années 90 Catacomb. Et un truc vraiment étonnant et assez inattendu, en espérant que l’artwork soit validé par le groupe, considéré come l’un des plus grand groupes de metal en activité. Un de ceux qui draine le plus de monde à ses concerts en tous cas. Je n’en parlerai que plus tard, si l’affaire se conclut… rapidement j’espère !!!
Merci à toi pour cette longue interview, en espérant te croiser un de ces jours à un concert, dans un festival… ou dans un chaudron en ébullition.

Chris’/ThornCross
Website : http://www.chrismoyen.com
MySpace: http://www.myspace.com/thorncross

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4 Commentaires

  1. AxGxB says:

    Chouette interview. J’irai jeter un oeil à son boulot plus tard car je ne connais pas tout.
    Ca m’a en tout cas donné envie de me plonger dans certains albums cités que je ne connais pas.

  2. Julien says:

    Impossible que t’aies pas un skeud avec une illustration du monsieur !!! Super interview, complete quoi ! (Il y en avait une bonne dans l’un des derniers In Extremis aussi) Respect au monsieur en tout cas, ses dessins sont reconnaissables entre 1000…. Putain j’aimerai savoir qui est ce groupe vendeur… MetallicA, Maiden ???

  3. SagresMetal says:

    Cool l’interview, bravo pour l’initiative c’était interessant.

  4. ThornCross says:

    Merci pour vos commentaires et également à toi Bertrand,
    pour cette interview !

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