Extreme – Pornograffiti

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Style: Funky Hard RockAnnee de sortie: 1990

Nous sommes en 1990. Devant l’écran de sa télévision, la ménagère fond pour deux éphèbes au cheveu propre et à la voix de velours. « More than words » fait chavirer les cœurs et permet à Extreme de se faire connaître du grand public. J’ai treize ans, la ménagère c’est ma mère et je m’apprête à recevoir une des plus grandes leçons musicales de ma vie. Car la jolie ballade, si bien tournée qu’elle soit, n’est que la partie visible d’un monstre d’iceberg qui s’apprête à m’éperonner sérieusement.

A quelques temps de là, je copie l’album sans même l’écouter. Un peu plus tard, en glissant la cassette dans mon poste, j’espère fébrilement arriver rapidement au titre multi-diffusé. Quelle erreur de jugement… Une intro au piano, un orage qui gronde au loin, ambiance… Et les guitares se mettent à ronronner. La tempête approche, elle s’appelle Pornograffiti et elle va tout emporter.

D’abord une guitare. La guitare. Entre les mains de son flamboyant héros, Nuno Bettencourt, elle se fait souple, animale. Le jeu est insolent d’aisance. Des riffs de folie se succèdent dans une déferlante virtuose. Ca claque et ça groove méchamment sans jamais virer à la démonstration. Derrière, ça suit et pas qu’un peu. Pat Badger et Paul Geary tiennent bon le cap. Une section cuivre épaule également le lusitanien. Elle pétarade, elle rutile. Son souffle éclatant gonfle et alimente le brasier musical.

Et puisqu’il est question de souffle… Touché par la grâce, Gary Cherone éclate de talent. Sa voix est limpide, incisive. Il est sans discussion possible l’un des meilleurs chanteurs de sa génération, deuxième tête d’une hydre qui déborde de vitalité. Son charisme irradiant porte des mélodies percutantes, régénérantes et inoubliables. Funambule élastique, il danse sur le fil allant de l’émotion à la puissance. Il prêche la bonne parole avec une fougue irrésistible, invoquant la divine trinité du hard, du rock et du funk.

Saupoudré d’humour, l’album s’écoute à fond la caisse avec un sourire qui va d’une oreille à l’autre. Il y en a pour tous les goûts : de l’explosif « He-man woman eater » au fédérateur et positif « Song for love » en passant évidemment par le très remuant « Get the funk out ». 20 ans et pas une ride. La conclusion s’impose d’elle-même : Don’t bang your fuckin’ head, just shake your funky hips !

  1. decadence dance
  2. li’l jack horny
  3. when i’m president
  4. get the funk out
  5. more than words
  6. money (in god we trust)
  7. it (‘s a monster)
  8. pornograffitti
  9. when i first kissed you
  10. suzi (wants her all day what?)
  11. he-man woman hater
  12. song for love
  13. hole hearted

Chroniqueur

alchemist

Chroniqueur inter mi-temps, amateur de chats, de Metal mélodique sous toutes ses formes, de fromages de caractère, de bons bouquins, de radios intelligibles... et de zombies.

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4 Commentaires

  1. krakoukass Krakoukass says:

    Pas mieux, un album qui tue, vraiment anthologik. Bien ouej Alchy.

  2. Dun23 says:

    J’avais découvert l’album avant la sortie single de More Than Words sur les conseils de Hard Rock Mag et je me souviens très bien qu’à l’écoute de ce joli titre, je m’étais fait la réflexion qu’ils devaient sortir ça en 45t pour exploser à la face du monde. 3 mois plus tard, s’était fait et je me suis dit, fort justement apparemment, que la claque allait être énorme pour ceux qui allaient se payer l’album après ça. Un de mes albums de chevet.

  3. heavydevy says:

    Je viens rajouter un commentaire à un album qui en mérite pleins ;-)
    Un superbe album, « Funky hard rock » je trouve que cette étiquette colle bien avec la musique de l’album, ca funk sa race, c’est sur.
    Donc un chef d’oeuvre, clairement pour moi, rien à jeter et pas mal de titres énormes.J’ai surtout envie de parler de 2 membres du groupe : Gary Cherone est vraiment un chanteur très talentueux, charismatique, avec sa voix chaude et virtuose, une très grosse découverte pour moi et depuis cet album il fait partie de mon top chanteurs.
    Et bien sur Nuno Bettencourt, un monstre à la guitare, technique (meme ultra technique) mais jamais démonstratif, du moins pas de shred dans le vide,virevoltant, il vole tellement au dessus de la masse que c’en est indécent, juste la classe.
    Même les titres un peu guimauve (more than words, when i first kiss you, song for love) passent bien car c’est fait avec tellement de talent ( à l’instar de certains titres de Queen, ca me fait penser).

  4. Jimmy Jazz says:

    Pas grand chose à ajouter à la chronique. Cet album est une des perle de ma discothèque. Chaque morceau contient son riff magique. Pour ma part je n’ai jamais entendu une fusion de HardRock/Funk aussi réussi.

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