Anathema – We’re Here Because We’re Here

7 ans putain… 7 ans depuis le dernier (vrai) album studio des anglais d’Anathema. On peut dire qu’ils ont pris le temps les frangins pour revenir nous enchanter avec leurs délicates mélodies dont ils ont le secret. On commençait vraiment à s’impatienter, voire même à leur en vouloir (surtout avec le bâtard Hindsight, piètre amuse-gueule pour fans sorti il y a deux ans).
Alors maintenant après autant de temps, tant pis pour vous les frangins, on est en droit d’être particulièrement exigeants lorsqu’on pose enfin les oreilles sur ce We’re Here Because We’re Here (on reconnaît bien dans le titre l’humour british qui les caractérise, à moins qu’il faille y voir une quelconque justification d’un retour qu’on osait plus espérer ?).

Et heureusement pour eux et pour nous, ce nouvel album est un grand cru. Un album magnifique, comme le groupe n’en avait (à mon avis) pas fait depuis longtemps (bien plus que 7 ans). Certes, on en connaît déjà certains titres, en tout cas si on a jeté une oreille sur les quelques titres distillés par Danny Cavanagh ces dernières années (« Everything », « A Simple Mistake » ou « Hindsight » donc) mais qu’importe, ces titres sont excellents, on aurait tort de bouder notre plaisir cette fois.

Autant être clair pour ceux qui se berceraient encore d’illusions après toutes ces années, la période Silent Enigma tant chérie par certains, est toujours bel et bien révolue, We’re Here ne marquant en aucune façon un quelconque retour dans le passé. Il représente le Anathema simple, beau, et mélodique (à grand renfort de piano que ce soit sur « Summer Night Horizon », « Dreaming Light » ou « Universal », Danny Cavanagh fait encore merveille derrière son clavier) comme on (en tout cas je) l’aime et surtout je ne boude pas mon plaisir de voir le groupe enfin arrêter de se prendre pour un autre : les piètres tentatives de marcher sur les plate-bandes de Radiohead que je trouvais grossières et inadaptées sur les deux précédents albums, sont visiblement enterrées. Il reste des mélodies superbes, qui laissent parfois la place à une légère saturation (ce magnifique « Thin Air » en ouverture).

L’ombre de Steven Wilson plane quand même légèrement dans les airs (ce changement de ton sur « A Simple Mistake » ou ce « Get Off, Get Out » un peu facile pourraient par exemple faire penser au groupe de Wilson), mais il faut reconnaître que le style est proche depuis longtemps, et même si Mister Wilson a assuré le mixage de l’album et a également signé les anglais sur son label, Anathema reste Anathema, avec ses marques de fabrique (mélodies de guitare typiques par exemple, jusque dans les sonorités qui renvoient parfois assez loin, jusqu’à Eternity même) à commencer par la voix sublime, divine, de Vinnie, toujours plus belle… Même si une voix féminine l’accompagne de temps en temps (« Everything », « Angels Walk Among Us » ou « A Simple Mistake »), elle a le bon goût de rester discrète pour ne pas faire de l’ombre à l’unique et seule vraie voix d’Anathema (désolé Danny mais on ne peut pas être bon partout).

7 ans d’attente et au final un très bel album. Il serait toutefois de bon ton de ne pas nous faire attendre à nouveau autant d’années pour nous proposer le prochain, mais en attendant je ne trouve personnellement rien à redire sur cette très belle cuvée 2010.

  1. thin air
  2. summernight horizon
  3. dreaming light
  4. everything
  5. angels walk among us
  6. presence
  7. a simple mistake
  8. get off, get out
  9. universal
  10. hindsight

A PROPOS DE krakoukass

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