Prodigy – Fat of the Land

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Style: electro/punkLabel: Maverick

Nous sommes en 1997 et un énorme buzz commence à se bâtir sur le groupe The Prodigy. Celui-ci n’en est pas à son coup d’essai et a déjà sorti 2 albums remarqués qui ont offert quelques brûlots dont les pistes de dance se rappellent encore.
Mais cette fois, la musique du groupe anglais bâti autour de son leader, le dj Liam Howlett, va prendre une nouvelle ampleur. Le nouvel album The Fat of the Land est en effet introduit par deux singles énormes qui sortent en avance de phase en début d’année et qui vont engendrer un effet d’attente rarement observé pour un album. Ces deux titres sont « Firestarter » et « Breath », hits imparables qui vont être multi-diffusés sur MTV notamment, la chaîne étant alors au faîte de son pouvoir d’influence. Ces morceaux sont non seulement des hits imbattables, mais ils sont en outre mis en images de façon très habile par des clips qui vont marquer les esprits en véhiculant une très forte image du groupe. Affichant une attitude très punk (Keith Flint l’un des 2 chanteurs affichant un look fort en crête et en maquillage proche des Sex Pistols) et quelque peu agressive, le groupe va choquer et créer une controverse qui va contribuer encore davantage à faire exploser le buzz. Proposant un mélange de rock et de techno, le groupe se fait connaître auprès d’amateurs de rock, de punk, qui étaient jusqu’alors restés à l’écart de la musique très tournée techno-clubs que Prodigy proposait auparavant.

L’été arrivant, le buzz prenant de l’ampleur, le risque devenait bien réel que la sortie de l’album fasse finalement l’effet d’un pétard mouillé, et que Liam Howlett ait pris le risque d’avoir brûlé ses cartouches en balançant au monde ces deux tubes.
Il n’en sera rien lorsque l’album sort enfin en juillet 1997 arborant cette étonnante pochette dont un crustacé se retrouve la vedette. Avec seulement 10 titres, il ne contient que des tubes (à part peut-être « Climbatize » un peu en retrait) à commencer par « Smack My Bitch Up » (si vous ne connaissez pas le clip illustrant ce morceau, il est plus que temps de découvrir ce chef d’œuvre) qui ouvre l’album sur les chapeaux de roue.

La variété est au rendez-vous et c’est sans doute ce qui fait la force de cet album, certains morceaux étant plus électro (comme l’excellent « Narayan » featuring Crispian Mills, leader du groupe Kula Shaker, les incendiaires « Smack My Bitch Up » et « My Funky Shit »), d’autres plus rock (comme « Serial Thrilla » et ses riffs ensorcelants, ou la reprise de L7, « Fuel my Fire » sur laquelle on retrouve Saffron, chanteuse de Republica), mais presque tous sont construits sur une base rock avec des chanteurs, et des refrains souvent imparables. A l’exception de l’entêtant techno hip-hop « Diesel Power » qui met pour sa part en évidence les qualités du flow de Keith Flint.
Le dynamisme, l’énergie et la puissance de The Fat of the Land sont marquants, et la fusion entre le rock et la techno n’a jamais atteint une telle qualité.

L’album au crabe a laissé des traces indélébiles chez la plupart des mélomanes amateurs de rock et de techno et cet album reste totalement inégalé par le groupe lui-même mais aussi par les quelques imitateurs qui ont tenté de réussir eux aussi cette géniale fusion. Prodigy a aujourd’hui renoncé à marquer par la voie du subversif (on se souvient du ratage du single « This Baby’s Got A Temper » et de son clip très… produits laitiers), mais Liam Howlett réussit encore à produire des albums de qualité, bien que le génie de l’album au crabe semble difficile à retrouver.
The Fat of the Land est un album culte, une œuvre majeure, indémodable et indémodée qui a certainement marqué au fer rouge bon nombre d’entre vous. Mes oreilles en fument encore.

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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