Jaga Jazzist – One-Armed Bandit

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Style: electro/jazz progAnnee de sortie: 2010Label: Ninja TuneProducteur: Jørgen Traen

Séduit par trois fois, notamment à l’occasion d’une collaboration d’anthologie entre les cuivres du dixtuor norvégien et leurs frères d’armes de Motorpsyhcho (In The Fishtank 10 sur le label Konkurrent que je vous conseille urgemment de vous procurer), j’avais été très déçu par What We Must le dernier Jaga Jazzist en date, fusion a minima de leurs racines jazz et électroniques à un post-rock alors déjà expurgé de toute sa substance originelle. Mais c’est moins son appétence pour un style que les clones successifs de Mogwai auront réussi à tuer en moins de temps qu’il n’en faut pour écouter Young Team que sa relative pauvreté mélodique qui était en cause. En réalité, What We Must manquait surtout d’une direction, d’un fil conducteur pour justifier ce nouvel effort aux coutures trop voyantes, grossières.

One-Armed Bandit fait renaître l’excitation. Plus complexes qu’auparavant, les compositions délicieusement ouvragées et progressives (la plage titre au pont jouissif, « Prognissekongen ») sont enfin serties d’une production qui réalise leur équilibre entre le synthétique et l’organique. Ainsi, le talent des instrumentistes n’a peut-être jamais été aussi prégnant et renvoie sans rougir aux titres les plus apaisés du Mats & Morgan de Thanks for Flying With Us aussi bien en termes d’abstraction que de complexité.

Les percées rock du précédent effort sont toujours de mise, mais elles ne servent plus de prétextes à des emballements téléphonés. Au contraire, elles viennent ponctuer les progressions tournoyantes par quelques touches légères de saturations bienvenues (« 220 V/Spektral », « Book of Glass ») puis se fondent à l’amas de courtes cellules mélodiques répétées, parfois jusqu’à plus soif comme sur « Toccata », pièce centrale aux relents minimalistes et pourvue d’un véritable élan.

En s’écartant de son passé drum and bass, Jaga Jazzist réalisent ici un album original porté par une vraie vision syncrétique. Certes, on pourra regretter le swing d’un « Airbone » ou la frénésie épileptique d’un « Midget » sur leur premier album, qui laissent ici place à de grands échafaudages essentiellement rythmiques (le télescopage introductif de « Music! Dance! Drama! »). Il n’en reste pas moins qu’avec One-Armed Bandit, Jaga Jazzist n’auront volé personne.

Une des meilleures surprises de 2010.

  1. the thing introduces…
  2. one-armed bandit
  3. bananfluer overalt
  4. 220 v/spektral
  5. toccata
  6. prognissekongen
  7. book of glass
  8. music! dance! drama!
  9. touch of evil
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4 Commentaires

  1. Rémi says:

    mmm… aussi déçu par le dernier, me réjouis d’entendre celui-ci.

  2. Devin says:

    Fonce ! C’est du tout bon, quoique moins immédiat que par le passé.

  3. Albinobeach Ebondo says:

    post-rock version electro/jazz ?!? Houla je vais pas m’y risquer alors…

  4. Devin says:

    C’est une erreur. Ca n’a rien mais RIEN à voir avec le post-rock. Et je ne suis pas responsable de ce tag ;-)

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