Bon vous vous attendiez à quoi, vous ? Un miracle ? Un deuxième album qui allait enfoncer le désormais fameux Runnin’ wild grâce auquel Airbourne a imposé son nom au cours des derniers mois ? Une tuerie qui laisserait loin derrière le dernier AC/DC ?
Ben moi non. Et bien m’en a pris. J’ai même voulu laisser passer un certain temps (en gros de la sortie jusqu’à la rédaction récente de la chronique) pour que mon esprit ne soit pas embrumé par mes souvenirs de concert des jeunes Australiens. Car, s’il y a bien un groupe dont les albums sont là avant tout pour fournir les munitions à une débauche live d’énergie, c’est Airbourne.
Il aurait été facile de dire que No guts, no glory remplit le seul rôle qu’ont doit lui assigner : faire taper du pied et donner envie de lever son cul ramolli pour aller se prendre une mandale dans une salle pleine de foufous sponsorisés par le père Kro.
À un moment donné, faut la jouer chroniqueur sérieux aux lèvres duquel des vies entières de lecteurs sont suspendues et écouter un album pour ce qu’il est et non ce qu’il promet.
Et là ça devient tout de même un peu épineux comme affaire. Parce qu’on ne peut pas éviter de donner un point de vue en fonction des canons du genre ; canons particulièrement circonscrits depuis belles lurettes et par le gratin du hard rock, inutile d’épiloguer sur cet aspect.
Les titres n’ayant que peu d’intérêt après 3 écoutes sont franchement trop nombreux : « Raise the flag », « White line fever », « It ain’t over ‘til it’s over », « Steel town ».
Le reste, c’est-à-dire une fragile majorité, oscille entre bon (« Armed and dangerous », « Born to kill », « Chewin‘ the fat ») et très bon : si le groupe nous avait chié 40 minutes du niveau de « Blonde, bad and beautiful », « No way but the hard way » et, surtout, « Bottom of the well », j’aurais été le premier à aller chercher ma pelle pour creuser la tombe de leurs principaux inspirateurs.
Mais force est de reconnaitre qu’avec No guts, no glory, si l’examen est passé, les félicitations du jury ne sont pas pour cette année. Le phénoménal Joel O’Keeffe et sa bande peuvent à mon avis faire mieux qu’augmenter leur set de 5 titres prompts à provoquer des crampes de cervicales et de mollets. Si ça n’est pas le cas, j’ai peur que la prochaine étape ne leur permette pas de dépasser le statut d‘ancien nouvel espoir pour porter haut l‘étendard du hard rock.
- born to kill
- no way but the hard way
- blonde, bad and beautiful
- raise the flag
- bottom of the well
- white line fever
- it ain’t over till it’s over
- steel town
- chewin’ the fat
- get busy livin’
- armed and dangerous
- overdrive
- back on the bottle
A PROPOS DE darkantisthene

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu.
Des choses horribles (que je ne peux pas dévoiler pour des raisons liées à la légalité), bien évidemment, sinon je ne serais pas amateur de musique noire me servant d'exutoire m'évitant le tant redouté passage à l'acte.
Mais j'ai également vécu des choses classiques, comme tout un chacun, l'école, le collège, les boutons, les filles, les 5 contre 1, le lycée, la fac, le monde du travail, bref : le commerce avec mes congénères. Et c'est pourquoi, bien évidemment, je suis amateur non seulement de musique noire mais aussi de musique... très noire. Car la normalité donne encore plus envie de tout casser que les choses horribles (que je ne peux pas dévoiler pour des raisons liées au manque de courage).
Du coup, j'ai suivi le chemin logique de la montée en puissance : dépucelage par le heavy suivi rapidement par une partouze avec le thrash, le death, le black.
Mais je saute quelques étapes (que je vais vous dévoiler pour des raisons liées au manque de pudeur).
Aussi loin que je puisse me souvenir, je pense avoir toujours accompagné mes journées et mes soirées de musique. Bien évidemment je n’ai pas immédiatement eu l’oreille assez fine pour séparer le bon grain de l’ivraie, ce qui me permet de pouvoir affirmer aujourd’hui à la face du monde que j’ai acheté en un temps reculé et désormais révolu des œuvres telles que : « Tarzan boy », « Boys boys boys » (d'où les 5 contre 1) et autres perles dont l’être humain est malheureusement capable.
Le passage à la « vraie » musique s’est fait via la découverte de groupes comme A-HA, Dire Straits, J-J Goldman, Simple Minds, Tears for Fears, etc… Nous voici donc à la fin des années 80 et, pour une raison qui m’a toujours échappée, alors que j’étais embarqué dans une foire aux disques pour accompagner mon père, comme chaque année, dans le rayon vinyles J. Halliday, vlàtipas que mon regard se porte sur des tee-shirts arborant des effigies plutôt macabres et vindicatives. Probablement possédé par le Malin sans le savoir, je m’approche des reliques et constate qu’elles font référence à des groupes jusqu’alors totalement étrangers à ma faible culture.
Souhaitant jouer le rebelle et encouragé par le duvet naissant sur mon visage d’ange déchu, je fis l’acquisition de ce que l’on me présenta comme étant des « classiques » : « Seventh son of a seventh son » d’Iron Maiden, un mini de Metallica « Seek and destroy/Blietzkrieg » et « Appetite for destruction » des Guns. Le poison était instillé. La montée en puissance est vite apparue comme inévitable et je passai rapidement au thrash de Testament, Exodus et Slayer ainsi qu’au death metal de Obituary, Entombed, Carcass, Death. Certains passages du « Leprosy » de ce dernier, ainsi qu’une compilation de je ne sais plus quel label sur laquelle figurait un morceau de Cathedral (Forest of equilibrium) m’ont ouvert les portes du doom : My dying bride et consorts.
Un premier choc a découlé de cette nouvelle perspective suite à la découverte fortuite (motivée par l’attrait esthétique envers la pochette) du « Shades of god » de Paradise lost. Pendant la plupart des années qui suivirent, les anglais furent mes plus fidèles compagnons avec Metallica (nombre incalculables d’écoutes du « live binge and purge » offert pour mes 18 ans).
Comme il me semble que cela a toujours été le cas, la pratique d’un groupe m’aura incité à aller voir si les nuages étaient plus noirs de l’autre côté. Le « One second » et le « Host » de Paradise lost m’ont permis d’aller lorgner du côté de l’electro. Ce n’est toutefois pas le style que j’affectionne le plus même si je reste très féru de groupes tels que Diary of dreams, Depeche mode, De/Vision, Covenant, And One et autres VNV Nation.
Sentant le vent de l’extrémisme et du toujours plus violent/toujours plus lugubre souffler sur ma nuque fragile, c’est tout naturellement que je mis un pied – grâce à un camarade de l’époque – dans le monde souterrain du black metal et de sa horde de sanguinaires misanthropes amoureux de la Nature aux accents vampiresques des contrées glacées par la misère de la condition humaine. Je saisis alors qu’il me fallait une dose incommensurable de musique belle, noire et triste capable de me faire accéder à ce qui ne devrait pas rester enfoui trop longtemps pour qui cherche un équilibre aussi peu précaire que faire se peut.
Entre temps, et comme je me mélange les pinceaux, j’ai eu la chance de voir ma curiosité attisée par un groupe au patronyme original : Porcupine Tree et qui fait désormais partie du quintet gagnant dans mon palmarès personnel.
Un second choc est sans aucun conteste possible la sortie de Biomech/Ocean machine du génie Devin Townsend. A partir de là, j’avais un nouvel énergumène à vénérer et il ne se passe pas un mois sans que l’un de ses albums tourne dans le lecteur.
Au final, un bien beau parcours (idéal ?), rarement motivé par les phénomènes de mode ; ce qui m’a permis de ne pas céder aux sirènes du grunge ou du neo par exemple (Nirvana et Korn me font royalement chier).
Aujourd’hui, mes goûts sont plus disparates que jamais et je peux parfaitement faire succéder à « Rio Grande » d'Eddy Mitchell (vous avez bien lu) le dernier groupe de black ukrainien qui ne sortira qu’une seule demo de 2 titres, les membres ayant tous accidentellement brûlé au cours d’une cérémonie où ils voulaient immoler la perruque de leur grand-mère un soir où était diffusé un remake moldave de l’Exorciste.
De plus, l'âge aidant, une volonté sans cesse grandissante de me tourner vers les « classiques » m'amène à diriger mes oreilles vers les 60's et les 70's qui ont probablement offert les plus belles pages du hard blues rock.
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Une écoute au compteur seulement pour l’instant mais je partage ton avis…. c’est moyen …