Brutal Assault 2010 (2/3) – Devin Townsend, Lock Up, Converge, Sigh

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Annee de sortie: 2010

La deuxième journée débute avec un petit sentiment de lassitude quand le premier groupe à jouer se résume à la coupe de cheveux de ses membres. Le succès assez inexplicable de Bring Me The Horizon a fait des petits et la progéniture a tout les traits des parents couplé à un manque d’originalité flagrant. Malheureusement, le large public présent à une heure aussi matinale (10H du matin) semble indiquer que ces gamins mettront bas à leur tour.

Après un tel début de journée, la musique de Gaza résonne avec d’autant plus de force. Tout aussi chargé de bile et de rage, voir même plus, qu’à leur concert parisien, Gaza assure le même set constitué à part égale de morceaux de He is never coming back et d’I don’t care where I go when I die. La conclusion se fait toutefois sur Femur », de l’EP East, dans la rage avec un batteur hurlant dans le micro de sa caisse claire et un guitariste faisant voltiger sa guitare jusqu’à la jeter sur le côté. Apparemment étonné de son geste, celui-ci résonne à l’unisson avec leur attitude dénuée de pose et de chorégraphie huilée. Original et sincère, un groupe que j’espère revoir encore et encore sur des planches françaises.

Après être délibérément passé à côté de Proghma-C et de Ragnarok, le début du concert de Callisto m’amène très vite à la conclusion que le monde n’a pas besoin d’un clone supplémentaire de Isis période Panopticon.

Pas non plus de Catamania, je préfère me réserver pour Devourment, un groupe pour qui la subtilité doit être synonyme d’ennui profond. Arrivé un peu en retard devant la scène, je découvre un groupe en plein action avec un bassiste portant un masque de cheval (masque qu’il aura porté, semble t’il, sur toutes les dates de leur tournée européenne). Le chanteur s’exprime entre les morceaux comme un bon redneck américain avec deux de tension et introduit même le dernier titre, « Babykiller », avec une question essentiel « Do you know what you want to do when a baby starts screaming? ». Riffs gras, tempo bas, pig vocals. Tout ce que l’on peut attendre d’un groupe de slam death en action, sans trop d’énergie et d’envie de la part du public ou du groupe.

Jusqu’à ce jour, Kylesa n’avait jamais réussi à m’intéresser sur scène. Jeu entre les voix assez mal géré, lassitude de devoir supporter un groupe dont on connait déjà le set et pour qui on ne ressent que de l’apathie. Pourtant, après les avoir vu trois fois interpréter à peu près le même concert, j’ai été conquis par ce quatrième show alors qu’il ressemblait pourtant en tout point au précédent. Le bassiste et la guitariste prennent manifestement du plaisir à jouer ces morceaux et leur enthousiasme aura eu une part certaine dans la découverte de mon intérêt pour eux.

L’apathie est toutefois un sentiment qui caractérise bien les musiciens de Monstrosity. Très talentueux sur leurs instruments respectifs, chanteur y compris (bien qu’il ne fasse que growler, il le fait de bien belle manière), et pourtant ils ont l’air de s’ennuyer. Le concert commence même avec un peu de retard, mais contrairement à SSS, ils ne chercheront pas à le rattraper en dépassant le temps qui leur est imparti.

Pas de Kalmah ensuite pour ne revenir qu’à l’arrivée de Sigh. Grand fan devant l’éternel de ce groupe de black metal symphonique japonais décalé, j’attendais de ce concert qu’il gomme les petits défauts de leur set au Hellfest et j’eus ce que j’attendais. Les parties symphoniques enregistrées ressortent avec plus de force et le jeu des musiciens est plus clair, avec seulement une perte d’énergie lors des solos de guitare qui laisse le spectre sonore bien trop vide par rapport au reste des morceaux. Les deux voix de Mirai et de son égérie et saxophoniste, le Dr Mikannibal, restent aussi en retrait, contrairement à leur présence scénique qui continue d’être des plus actives et récompensée par un public ne cessant de scander le nom du groupe entre les morceaux. Ceux-ci sont tirés de Scene’s from hell et Hangman’s hymn ainsi qu’un titre surprise, « Shikigami », de l’EP Ghastly funeral theatre (récemment réédité en LP sur The Crypt mais déjà sold out) accueilli avec enthousiasme par un plus grand fan que moi qui se trouvait à ma gauche et pas grand monde de plus. Peut être réussirais-je un jour à me procurer tous leurs disques et peut être que Sigh remettra rapidement les pieds en Europe. Ce dernier point est bien plus sur que le premier, car à en juger par l’engouement et le nombre de personnes présentes, les fans à contenter sont nombreux malgré la relative notoriété du groupe.

Crushing Caspars remplace Cro-Mags et je préfère me casser faire un tour et louper une poignée de groupe pour mieux me préparer pour la soirée qui promet d’être longue. L’envie de revoir Necrophagist me pousse enfin de nouveau dans la scène pour découvrir avec effroi qu’ils ont joué finalement plus tôt dans l’après midi et échangé avec Mnemic que je n’avais en revanche pas du tout envie de voir. La vue de Guillaume Bideau et l’entendre massacrer un titre chanté par son prédécesseur me fait prendre mes jambes à mon cou et rejoindre des amis qui me rassurent en m’informant que le concert de Necrophagist était tellement handicapé par des problèmes techniques (guitare inaudible au début et multiples coupures de son) que je n’ai finalement rien manqué de bien intéressant.

J’ai par contre très bien fait de ne pas laisser mes deux expériences decevante avec Converge me convaincre de rester dans mon coin. Convaincu que la troisième serait la bonne, j’ai croisé les bras, prié pour que le son soit bon et eut mes voeux d’exaucés avec un concert de possédés accueillis par un public à l’image de l’énergie frénétique des morceaux. Le large wall of death augmentera aussi considérablement la taille de la fosse après sa dissolution pour donner encore plus de folie à ce concert. La set list est similaire a celle de leur concert parisien avec, entre autre, « Last light », « Homewrecker », « Locust reign », « Axe to fall ». Certes, Jacob Bannon n’est pas très en voix mais son énergie, et celle de ses collègues, compense l’absence de certaines lignes vocales. Si le groupe est fatigué de jouer il ne l’a pas fait ressentir une seule seconde ce soir.

Après avoir tout obtenu de Converge, je n’attendais rien de Lock Up et fut donc agréablement surpris d’entendre un all star band jouant du grind à la Napalm Death pour le seul plaisir de partager la scène entre potes. Thomas Lindberg au chant, excellent frontman aux blagues efficaces (« This song is about Shane Embury’s eyebrows », « In case you didn’t notice, we’re not Sepultura » en référence à leur échange de place), Shane Embury à la basse (Napalm Death, Venomous Concept, Meathook Seed…), Anton Reisenegger à la guitare (Criminal) et Nicholas Barker derrière les futs (ex. Cradle of Filth, ex. Dimmu Borgir, Criminal). Comme on peut s’y attendre avec un tel groupe, la musique, bien que directe, ne fait pas un faux pli et passe en revue les deux albums du groupe avec une force qui compense le manque d’originalité du groupe. Une dédicace est faite à Jesse Pintado à l’origine du projet tandis qu’un autre est dédié à l’organisateur de l’Obscene Extreme (festival grindcore tchèque). Enfin, le dernier mot est laissé à Barker qui, en partant de scène, se retournera pour montrer à tous l’inscription sur son tee shirt : Seven churches on vinyl or fuck off!

Tout devait ensuite bien se passer avec un bien belle enchainement pour finir la journée : Devin Townsend, Cannibal Corpse, Ishahn, Napalm Death et Aura Noir pour les plus courageux (à 1H55). Townsend arrive, plaisante, met en place son matériel, commence pile à l’heure, est acclamé par un public enthousiaste et commence a chanter … juste quand la pluie commence à tomber. La synchronicité des évènements était tellement surprenante après une journée au temps correct que beaucoup, dont moi, ont cru qu’ils avaient juste reçus le contenu d’un verre de bière sur la tête, comme cela peut arriver à ce festival où l’alcool est peu cher. Sauf que les gouttes n’étaient pas alcoolisées et durèrent un bon quart d’heure que je passais sous un bout de tente, collé à d’autres personnes qui, comme moi, n’avait rien prévu pour se protéger tellement le temps avait été clément et ensoleillé l’année dernière. Le concert de Townsend continua pendant ce temps devant un public déterminé, et/ou protégé, avec un son parfait et d’autant plus rageant que je ne pouvais pleinement en profiter. Après cela, l’heure était au contrôle de ma tente et de mes affaires et la fatigue eu raison de ma détermination à remonter, surtout avec à l’esprit la possibilité d’avoir mes affaires trempées.

Note : L’averse n’arriva qu’à quatre heure du matin et inonda considérablement le camping et les alentours. Prevoyez donc de quoi vous protéger, vous et votre tente, ainsi qu’un matelas pneumatique pour surélever suffisamment votre duvet.

Note 2 : Un camping VIP est disponible dans les offres de campement du festival mais celui-ci est seulement protégé par des vigiles et n’est donc pas avantagé d’aucune manière pendant les intempéries.

Photos de Alina *Neurotica* et Renata.

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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Commentaire

  1. moonlight666 says:

    MNEMIC et SYBREED, c’était achement bien ..
    et DEVIN TOWNSEND, concert du festival … parfait
    et terrible CANNIBAL CORPSE …
    Enfin bon mon report est déjà fait,
    bravo pour le tiens … mais si très souvent on arrive à ne pas être d’accord :)

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