Ratt – Infestation

Le titre de leur best of le disait très bien : Ratt, en gros, c’est né en 81 et c’est mort en 91. Qui pouvait alors penser que, 19 ans plus tard, l’un des groupes phares du hard glam des années 80 referait surface ? Pas grand monde.
Et encore moins sont ceux qui pouvaient imaginer que le retour soit de ce niveau. Parce que l’arrivée de ce Infestation constitue une double surprise : il existe et il fait bobo cucul. On se pincerait presque à la fin de chaque titre histoire de vérifier qu’on n’est pas en proie à des hallucinations provoquées par une écoute trop prolongée d‘un discours d‘Hervé Morin.
Pourtant, en réécoutant les vieux titres (parce que je dois bien avouer que, pour ce qui me concerne, ce groupe n’a pas vraiment usé les enceintes), on serait en droit de ne pas être si surpris que ça. Riffs accrocheurs et solos de salauds abondaient déjà. Le petit choc ne vient pas de là et est plutôt à chercher, d’abord, du côté du son.

En vingt ans, la technologie a inévitablement évolué et Ratt n’ont pas essayé de nous prouver qu’ils sortaient leurs instruments uniquement pour leur faire voir le jour. Les types ont mis le son moderne au service de leurs compositions. Quelle puissance ! De ce point de vue, on est plus proche de la scène suédoise que de la scène américaine.
Une certaine hargne, beaucoup moins présente auparavant me semble-t-il, a également fait son apparition et participe de ce sentiment qu’on recherche tous à l’écoute d’une musique et qui nous permet d’affirmer qu’on est train de se prendre « une bonne vieille claque ».
Terminée l’image de zazous fans des spectacles de michou ; place à la virilité et aux mâles dominants. De la « bad guy attitude » en veux-tu en voilà. Les paroles ne font d’ailleurs pas dans la dentelle (ça n’a jamais été finaud, je vous l‘accorde) et musclent encore plus le propos musical : le puissant « Look out below » (que n’auraient pas renié Skid Row sur Slave to the grind) est à lui seul une magnifique ode à la femme… à genoux.

Et que dire des solos ? C’est un véritable déluge ; rares sont les titres à ne pas bénéficier d’une envolée particulièrement inspirée et impeccablement exécutée. Mention spéciale tout de même à « Best of me », « As good as it gets » et « Eat me up alive ». Le groupe passe même la délicate épreuve de la balade grâce à un « Take me home » évitant la mièvrerie malgré la présence de claviers.
Les jeunes loups vont avoir du fil à retordre s’ils veulent surpasser cette petite bombe qui semble bien partie pour figurer sur la plus haute marche du podium du genre cette année. C’est chez les vieilles peaux qu’on trouve le meilleur foutre.

http://www.therattpack.com/
http://www.myspace.com/therattpack

  1. eat me up alive
  2. best of me
  3. a little too much
  4. look out below
  5. last call
  6. lost weekend
  7. as good as it gets
  8. garden of ede
  9. take a big bite
  10. take me home
  11. don’t let go

A PROPOS DE darkantisthene

darkantisthene Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

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