Rorcal – Heliogabalus

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Style: doom, sludgeAnnee de sortie: 2010Label: Cal Of ROR Records / Division Records / Urgence Disk

Rorcal n’a jamais été le genre de groupe à composer des hymnes à la joie, mais avec Heliogabalus, la formation genevoise va encore plus loin dans sa quête de puissance et de lourdeur en nous proposant un trip de plus d’une heure (découpé en 66 pistes) et qui retrace la déchéance d’un empereur romain, Heliogabalus.

Le quintet ne laisse pas le temps à l’auditeur de comprendre ce qui lui arrive et l’attrape directement à la gorge pour le traîner dans son univers froid et agressif au possible. On ne peut même pas parler de descente aux enfers, car c’est à cet endroit même que débute votre périple et autant vous dire que rares seront les accalmies.

On est littéralement étouffé par ce maelstrom sonore qui nous plaque au sol et qui ne nous lâche que lors des quelques passages drone (plus souvent oppressants qu’aériens) durant lesquels quelques bulles d’oxygène filtrent aux travers des meurtrières disséminées ça et là. Et encore, même lorsque l’atmosphère se fait moins pesante, l’auditeur ne peut se défaire de cette tension qui reste constamment palpable et qui le suit comme une ombre maléfique.

Analyser un tel pavé ne s’avère pas être une chose facile, car le groupe joue clairement sur les émotions et le ressenti. Il s’agit typiquement du genre de musique qu’il faut écouter dans les bonnes conditions et surtout avec l’humeur qui va avec. Bien entendu, l’écoute au casque accentue l’immersion dans cet univers lugubre et permet à l’auditeur de s’imprégner de la moindre note, du moindre cri, l’entraînant ainsi dans un véritable cauchemar éveillé.

L’idée de pondre un tel morceau était franchement assez casse-gueule – on embarque tout de même pour plus d’une heure de torture auditive –, mais le résultat final s’avère être plus que probant. Si lors des premières écoutes on a parfois envie de simplement arrêter l’écoute, on ne résiste pas longtemps à l’envie d’y revenir, de replonger dans cet univers poisseux à la fois repoussant et hypnotique. Est-ce de la curiosité ou du masochisme ? Allez savoir…

Hormis quelques longueurs vers la fin (ça, on pouvait s’y attendre), il n’y a pas grand-chose à gommer. Les diverses transitions sont bien amenées, et la montée en puissance jusqu’à l’apothéose finale, bien maîtrisée. Une expérience qui fera le bonheur des amateurs du genre et qui devrait contenter les curieux en manque de sensations fortes…

A noter que si ce titre est disponible en téléchargement libre sur le site du groupe (on ne peut que saluer cette initiative), il est aussi disponible en version limitée à 500 exemplaires pour une quinzaine d’euros. Si vous optez pour la version limitée, vous recevrez votre CD dans un digifile A6 accompagné d’une enveloppe noire, scellée à la cire (rouge sang, bien entendu) et qui contient un magnifique booklet de 8 pages assemblé et numéroté à la main. Autant vous dire que la formation a pensé aux collectionneurs et n’a pas fait les choses à moitié, tant au niveau du visuel que sur le plan musical.

1. Heliogabalus

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