Atheist – Jupiter

Ca ne nous rajeunit pas, mais si on y regarde de plus près, Elements, est sorti il y a 17 ans. Waouh, ça fout une claque tout de même. Ultime album (à l’époque) d’une discographie courte, mais très appréciée et respectée, le groupe avait sorti, en 1989 et 1991, ce que beaucoup estiment être des références dans le genre thrash/death technique,  les excellents Piece of time et Unquestionable Presence. Elements a été plus diversement apprécié à cause d’expérimentations assez osées. Cela reste cependant un très bon album. Il est même considéré par certains comme leur meilleur offrande.

En 2006, le groupe se reforme, pour le plus grand bonheur de ses fans, et se produit en concert sur quelques dates. Lorsqu’en 2008, le groupe annonce un nouvel album, une sensation de joie mêlée d’appréhension a parcouru l’ échine de la fan-base. Il faut dire que depuis quelques années les diverses reformations de groupes cultes des années 80-90 se sont faites pour le meilleur et aussi, hélas, pour le pire. Ce nouvel album allait il être à la hauteur de la réputation du groupe ? Allait il combler les attentes de ses plus fidèles supporters ?

Histoire de faire durer le suspens (sauf si vous avez déjà regardé la petit pictogramme en haut à droite de cette chronique, bande de petits impatients), commençons par nous intéresser à l’habillage. L’artwork, réalisé par Eliran Kantor (responsable de la pochette de The formation of damnation de Testament, et du futur Sodom In war and pieces, entre autres), est de toute beauté. Un vrai régal pour les yeux. Une des plus belles pochettes de l’année sans nul doute. Bourrée de détails, vous risquez de vous surprendre à l’approcher de vos yeux pour y chercher toutes les subtilités. Le livret est quant à lui assez joli, sobre, avec les paroles, et d’autres artworks à l’intérieur qui vont vous plonger dans l’ambiance toute particulière de ce disque.

Allez hop, passons à l’essentiel, insérons le disque dans le lecteur. « Second to sun », le premier titre, nous saute à la gueule. La patte Atheist est reconnaissable entre mille dès les premiers accords. Cela ne fait même pas 2 minutes que le titre est commencé qu’on s’est déjà pris 3 breaks dans le nez. Le refrain fait mouche, on bouge la tête, et on se dit qu’il est méchamment bon ce titre. Et ça va être comme ça pendant les 32’29 minutes de l’album. Le niveau technique est là, très impressionnant, mais jamais prétentieux, ni démonstratif. Fort heureusement, le groupe n’a pas oublié le feeling en route, ce qui fait que tout passe comme une lettre à la poste. Et puis, il y a ces ambiances à vous filer des frissons dans le dos. « Live and live again » avec son intro au violoncelle, « Faux King Christ » (jeu de mots avec Fucking Christ ?) et son rythme chaloupé, à la limite de la samba, « Tortoise the Titan » et son magnifique et planant solo de guitare, « When the beast » et son riff d’intro presque black  et son pattern de batterie tribal… Magique.

Rien à dire  sur les performances des musiciens. Enfin si… Ils sont écoeurants de maîtrise. Mais ça joue tellement naturellement qu’on ne se rend même plus compte qu’ils ont un niveau de folie. On retrouve avec bonheur un Kelly Shaefer très en forme, Steve Flynn assure gravement derrière les fûts, les guitaristes Chris Baker et Jonathan Thompson (qui est aussi le bassiste sur cet album) nous offrent un déluge de notes merveilleusement jouissif. Seule la basse est légèrement en retrait. Non pas qu’on ne l’entende pas, mais elle semble moins mise en avant que les autres instruments au niveau technicité. La production signée Jason Suecof est juste parfaite. On nous épargne le son surproduit qui écrase tout et qui peut foutre en l’air tout un disque.

Conclusion, cette cuvée 2010 est à la hauteur de ce que l’on attendait. Atheist signe avec Jupiter un vrai bon retour aux affaires, qui présage du meilleur pour l’avenir.

Histoire de chipoter, s’il fallait trouver un défaut à ce disque, ce serait la durée. Il est beaucoup trop court ! On en aurait volontiers repris pour 1 ou 2 titres de plus. Mais bon comme souvent, quand le cru est excellent, la bouteille est toujours trop petite. Il vaut peut être mieux se contenter de 8 excellents titres plutôt que de gâcher le plaisir en rajoutant des titres moyens. Le mieux étant l’ennemi du bien, on se contentera de mettre le mode répétition de notre lecteur favori afin de se mettre en orbite autour de Jupiter

Myspace : http://www.myspace.com/kellysatheistwebsite

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Tracklist :

01. Second to Sun
02. Fictitious Guide
03. Fraudulent Cloth
04. Live and live again
05. Faux King Christ
06. Tortoise the Titan
07. When the Beast
08. Third Person

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A PROPOS DE Kane

Kane Amateur de metal depuis plus de 20 ans, sans style de prédilection particulier (quoique grand amateur de doom, death & black). Mes plaisirs extra-metalliques vont vers l'indus, l'électro, le trip hop, et le rock en général.

Kane a écrit 15 articles sur Eklektik.