I Pilot Dæmon – Come What May

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Style: southern botchcore argileuxAnnee de sortie: 2010Label: Heckspoiler Music

Ca devait être en 2006, je crois… Première écoute d’un tout jeune groupe curieusement nommé I Pilot Dæmon.

Rien qu’une petite démo, faite de bric et de broc, de Breach et de Botch

Deux petits morceaux que je n’ai pu m’empêcher de me passer en boucle dans les mois qui suivirent. Dès lors, j’ai suivi de près l’évolution des toulousains. Il y’a d’abord eu l’EP Happily Depressed, voyage bipolaire sous perfusion d’adrénaline qui les a révélés, puis très vite après The Lighthouse is in our Back, split en cohabitation avec les allemands d’Anything But Yours, où leur style prenait soudainement un accent plus stoner, southern, sale.

Près de trois années et beaucoup de concerts se sont écoulés depuis cette dernière sortie. Il tient donc de l’euphémisme de dire que j’attendais ce nouvel opus (et premier full-length) avec impatience… Et autant dire qu’on n’a pas fait le voyage pour rien. Dès le premier titre, on est embourbé dans la gadoue jusqu’à la taille; sous le lourd martellement hypnotique et aliénant de cordes et de fûts malsains, bientôt rejoints par une longue complainte époumonée, on comprend vite que non, on ne vas pas beaucoup se marrer dans les minutes qui suivent. C’est sale, ça pue des pieds, ça court pendant quelques secondes avec un drapeau confédéré avant de trébucher sur une racine de palétuvier pour se retrouver la gueule par terre, le nez pété sur le sol humide.

Non pas que les albums précédents aient été des odes à la joie de vivre, mais celui-ci tranche clairement en faveur du sombre. Par le choix de la production déjà, où tous semblent être mixés au même niveau et enregistrés de loin, mais surtout la teneur des titres qui, alternant entre lourdeur post-hxc/sludge et épilepsie southern hardcore, donnent le vague sentiment d’être le témoin des tribulations du seconde pompe William Braxton Ryer III de l’armée confédérée du Tennessee, en pleine déroute pendant la guerre de sécession.

Y’a pas à chier, c’est vraiment de la très bonne came. Éviscérant à la baïonnette avant de cautériser au bourbon, IPD remue les tripes et charme les esgourdes . On retiendra particulièrement les titres Purple Teeth et Black at Heart (digne successeur du Bluish Fennec de leur premier EP), particulièrement réussis.

Mais surtout, surtout, ne les loupez pas s’ils passent près de chez vous, car c’est vraiment sur scène que leur musique et leur folie prennent tout leur sens.

http://www.myspace.com/ipilotdaemon

écoute et free download : http://ipilotdaemon.antiheroes.org/

Chroniqueur

drommk

Chroniqueur instable depuis 2009, je me passionne pour les fouilles du web, en quête de groupes originaux ou/et méconnus. J'ai un faible pour les mélanges de genres. La formule parfaite est pour moi un équilibre entre originalité, technicité et émotion.

drommk a écrit 30 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. georges abitbol says:

    Effectivement, ça dépote méchamment en live (sur disque également)!

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