Temple of Baal – Lightslaying Rituals

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Style: Black MetalAnnee de sortie: 2009Label: Agonia Records

Temple Of Baal, groupe de black metal provenant de la région parisienne nous a livré sa nouvelle galette en fin d’année 2009/début d’année 2010.

Lightslaying Rituals est leur 3ème album. Il fait suite à Traitors to mankind qui officiait dans un black/thrash rudement bien fait, mais avec un petit manque de personnalité. En tout cas, malgré ça, j’avais bien apprécié ce disque qui montrait que le groupe avait un sérieux potentiel.

Visuellement tout d’abord, on se trouve en face d’un très joli artwork. Fini le noir et blanc, un peu de couleur rouge vient s’immiscer pour au final donner une ambiance occulte à ce disque au premier coup d’oeil. En version digipack, c’est encore plus beau avec le nom de groupe en surbrillance noire. Le livret est sobre mais classe, avec paroles et photos.

La musique maintenant. Première chose qui saute immédiatement aux oreilles : le son. La production « true black », comme sur les précédents méfaits du groupe, n’est plus de mise. Non, là nous sommes face à quelque chose qui sonne résolument « death ». Les guitares sont très lourdes, et la batterie assomme l’auditeur de coups assassins. Pourtant nous sommes bien en train d’écouter un album de black. Le grain des guitares, les blasts, la voix, tout sonne « black ». Mention spéciale au chant d’ Amduscias, à la limite du growl, mais intelligible. De son coté, la basse, très présente sur ce disque, donne une ampleur supplémentaire au son de ce nouvel album.

Grosse production donc pour ce nouvel album, mais ça ne veut pas dire que tout est aseptisé et propre. Le tout garde un coté sale, crasseux et noir. Sous la couche death, le black reste maître. Chaque instrument se distingue parfaitement, point de bouillie sonore ici. J’en remets une couche sur la basse, proprement monstrueuse (flagrant sur « Black sun of the damned »).

Au niveau évolution musicale, ce nouvel album permet au groupe de franchir un cap. On sent que le potentiel commence vraiment à être exploité sur ce nouvel opus. Les compositions semblent bien plus travaillées, et plus personnelles. La musique dévie doucement vers quelque chose de plus brutal, en nous livrant un black/death vindicatif qui ne laisse aucun doute sur ses intentions : nous faire mal. Ça tombe bien on aime ça. Et quand c’est aussi bien fait, le pire c’est qu’on en redemande ! Dès le premier titre, Temple of Baal annonce la couleur. « Piercing the veils of slumber » et « Triumph of Heretic Fire » vous accueillent avec la batte de base ball à clous. D’ailleurs étrangement, sur ces titres, j’ai quelques réminiscences de Sodom qui remontent à la surface, je ne sais pas pourquoi… Ensuite, on a le droit à des titres, ou des passages, qui ralentissent franchement le tempo (« Black sun of the damned », « Dead cult », « Poisoned words ») qui arrivent à créer une forme de « calme » tout relatif dans un album aussi intense. Quelques torgnoles dans la tronche (« Hate is My Name », « Vectors to the void ») ramènent sur des sentiers plus rugueux. Quant au dernier titre, il résume quasiment à lui tout seul l’album. « Blessings of Blackfire » est, en plus d’être un des meilleurs titres du disque, un concentré du savoir-faire du groupe. Brutal et rapide au départ, lent au milieu, atmosphérique avec une fin superbe tout en solos de guitares, il est la dernière petite touche d’un album quasi parfait.

Toutes les compositions créent un climax haineux sur l’ensemble du disque, ce qui le rend assez homogène. Homogénéité qui pourrait être le principal petit « défaut » de cet excellent album.L’atmosphère y est étouffante, presque irrespirable, comme si l’on rentrait en apnée dès le premier titre, et que l’on ne puisse reprendre son souffle qu’une fois le dernier titre terminé. Pour cette raison, ce disque ne sera pas une promenade de santé pour tout le monde, malgré sa durée relativement courte (41minutes). Il est très « intrusif », au point que j’ai eu l’impression que c’est le disque qui m’absorbait, et non pas moi qui m’immergeait dans la musique. Assez déroutant. D’un autre coté, on ne peut noter aucune baisse de régime. Pas de titre plus faible qu’un autre, chacun à sa force, ses qualités, pas de bouche-trou.

Au final, Lightslaying Rituals est un album dur au mâle, puissant, intelligemment composé, et donc, vous l’aurez compris, une franche réussite. Une fois le CD terminé, l’envie de le remettre depuis le début est là, et ça, ça ne trompe pas.

Tracklist :

01.  Piercing The Veils Of Slumber
02.  Triumph Of Heretic Fire
03.  Black Sun Of The Damned
04.  Angstgeist
05.  Dead Cult
06.  Hate Is My Name
07.  Poisoned Words
08.  Vectors To The Void
09.  Blessings Of Blackfire

Chroniqueur

Kane

Amateur de metal depuis plus de 20 ans, sans style de prédilection particulier (quoique grand amateur de doom, death & black). Mes plaisirs extra-metalliques vont vers l'indus, l'électro, le trip hop, et le rock en général.

Kane a écrit 28 articles sur Eklektik.

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