Tesseract – Concealing Fate EP

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Style: metal progressif/djentAnnee de sortie: 2010Label: Century Media

La pochette de ce premier EP affiche une représentation d’un tesseract, figure géométrique complexe, il faut modéliser dans son esprit un cube auquel on rajouterait une 4ème dimension, celle-ci pouvant être une représentation des transformations du cube à travers le temps par exemple. On a bien affaire à des matheux qui se projettent dans un metal atmosphérique synthétique des plus actuels.

La musique qu’ils proposent est donc sans surprise un metal progressif moderne basé sur des confrontations entre des plans vectoriels différents, la complexité des signatures rythmiques de riffs saccadés dans les graves servant de structure à des mélodies pop atmosphériques. Les parties les plus sèches et vrombissantes de Meshuggah et Sikth se fondent ainsi avec les mélodies des groupes les plus progressifs de Steven Wilson ou de Devin Townsend, les 2 guitares se partageant souvent le spectre sonore en s’occupant chacune d’une facette, l’une accompagnée de la basse (très présente dans le mix, au son bien rond et claquant) et la batterie formant un socle de groove puissant quand l’autre égraine des notes atmosphérique et soutient les voix, choeurs gorgés de reverb.

Le guitariste de Tesseract, Acle, travaille depuis 2007 à la formation d’un groupe autour de ses compositions. Tout comme Periphery, dont il est un peu le pendant anglais (les deux groupes étant les meilleurs représentant du style « djent » à mon goût), le groupe aura mis du temps à se former autour de son leader. Difficulté avant tout à trouver des musiciens, dont un batteur capable de suivre des rythmiques complexes (celui de Textures a un temps participé à des démos) et un chanteur adapté, puis un label. Chose faite, ce premier EP sortant sur une grosse écurie, Century Media. Concernant, le chant, après avoir enregistré des démos avec plusieurs chanteurs aux styles différents, le choix de Dan Tompkins se révèle tout à fait décisif. Le parti pris d’un chant quasiment exclusivement clair, en notes prolongées comme des nappes de choeurs, est bienvenu me concernant, à la fois car ce chant est tout à fait adapté à la subtilité mélodique de cette musique et également car ça prend le contre-pied de leur influence principale, Meshuggah, en proposant une approche vocale n’ayant rien à voir. Ça ne plaira certainement pas à tout le monde, ça reste une question de goûts, d’autant que musicalement, Tesseract propose quelque chose de froid, aux circonvolutions plus propices à la méditation qu’aux émotions exacerbées, ça dépend donc de ce qu’on recherche.

Il est difficile de parler de cette première sortie de Tesseract comme de rééls débuts tant le groupe aura mis du temps à peaufiner son style en diffusant les démos au compte goute sur internet mais le résultat est à hauteur de l’attente. « Concealing Fate » est une pièce de musique de 27 minutes, 6 plages, épique et fluide (la dernière piste s’écoute même en boucle sans interruption avec la première), le tout est cohérent, ne cherche pas à s’éparpiller mais se concentre sur l’élaboration d’un son propre qui les distingue déjà parmi les groupes suivant dans leur sillage. Clairement un grand groupe en devenir, il n’y a plus qu’à attendre la confirmation sur l’album annoncé en 2011.

http://www.myspace.com/tesseract

Concealing Fate Part 1 – Openings
Concealing Fate Part 2 – Deception
Concealing Fate Part 3 – Emotive
Concealing Fate Part 4 – Sadness
Concealing Fate Part 5 – Anger
Concealing Fate Part 6 – Resolution

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 486 articles sur Eklektik.

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10 Commentaires

  1. AxGxB says:

    « Djent », qu’est-ce que c’est?

    • jonben jonben says:

      En gros c’est le son agressif avec des notes sèches et « sautillantes » des riffs de Meshuggah, obtenu par une technique de jeu particulière avec des guitares accordées très graves (ou à 7 ou 8 cordes), et un réglage des amplis particulier faisant ressortir les aigus. « Rational Gaze » en est un exemple flagrant. Fredrik Thordendal’s Special Defects en est bourré aussi. C’était déjà un peu présent chez Textures, Coprofago, Sikth et tous les groupes inspirés par Meshuggah.
      Actuellement, il y a quelques groupes qui reprennent ce type de jeu, on peut parler d’une petite vague portée par internet : Periphery, Tesseract donc, Structures, Animals As Leaders, Vildhjarta, Monuments, Structures… il y a même un groupe français dans le lot, totalement inconnu en dehors de ces cercles virtuels : Uneven Structure (http://www.myspace.com/unevenstructure)

      • jonben jonben says:

        Meilleur exemple sur la vidéo à 2:52. J’adore ce passage, ce groove dément!

      • drommk says:

        ah merde j’avais pas vu que tu parlais déjà d’uneven structure ici…
        Par contre je connais pas Structures tout court, qui doit être bien vu que tu l’as mis deux fois ^^
        J’aime bien AaL, mais Vildhjarta beurk

  2. Plunk says:

    Même question.

  3. drommk says:

    The sound you get when you palm mute with razor tight, high gain tone.

    « DJENT! DJEN-DJENT! »

  4. AxGxB says:

    Ok Merci pour la précision. Je jeterai une oreille même si je ne pense que ce soit pour moi.

  5. drommk says:

    dieu que je suis déçu par l’évolution du djent depuis 2 ans… du chant clair partout, des ambiances disney… Je trouve que ça casse toute l’ambiance chaotique, froide et agressive qui faisait tout l’intérêt du genre… Ca vaut autant pour Tesseract que Periphery, et tous les projets homme-orchestre qui se multiplient et se ressemblent.

    Ceux qui s’en sortent le mieux sont peut être encore Uneven Structure, qui est assez classe, même si pas très original

    • drommk says:

      je trouve d’ailleurs très juste le passage qu’hororo écrit à leur sujet sur le report de l’assymmetry

  6. Rémi says:

    Tiens, ça chante comme Linkin Park…

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