Mar de Grises – Streams Inwards

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Style: doom death atsmophériqueAnnee de sortie: 2010Label: Season of Mist

Bon c’est pas le tout mais, l’air de rien, le temps (dégueulasse d’ailleurs) passe et il passe vite (surtout passée la trentaine, vous aurez tout loisir de vous rendre bientôt compte de ça, jeunes fougueux boutonneux que vous êtes). Nous sommes en effet au mois de décembre et traditionnellement c’est au cours de ce mois-ci que mon naturel se penche plus sensiblement sur la musique qu’il ne fait pas bon écouter quand on a un four à gaz en guise de chapeau.

La tendance doom a en général mes faveurs. Mais difficile, cette année, de mettre le doigt sur un bon dealer. Même si je fonde quelques espoirs en une nouvelle horde lusitanienne (le premier album de Mourning Lenore qu’il me faut réécouter encore quelques fois avant de soumettre ma prose aux fidèles lecteurs de ce site), j’ai bien peur que le salut ne vienne cette année d ‘un groupe confirmé.

Ce Streams Inwards est en effet le troisième album des Chiliens de Mar de Grises. Ce qui fait d’eux, vous en conviendrez, un groupe confirmé. Ou dont le talent vient d’être pleinement confirmé, pourrait-on également dire. Leur précédent opus Drainning the waterheart avait en effet ravi les suffrages en 2008. Circonstance qui, selon moi, m’arrogeait le droit de réserver un accueil attentif et exigeant à ce qui s’avère au final une vraie réussite.

Streams Inwards est probablement l’album le plus accessible et le plus mélancolique du groupe – même si Mars de Grises n’ont jamais délivré une musique hermétique et guillerette. L’aspect funeral quelque peu présent sur le The tatterdemalion express originel n’est désormais plus qu’une infime composante de la musique de Mar de Grises (l’introduction du torturé « Knotted delirium »). Place, en revanche, au piano, aux atmosphères intimistes, à une présence accrue de la voix claire.

Comme sur leurs précédents opus, quelques influences se font sentir ici et là (Agalloch et, dans une moindre mesure, les old Anathema) mais c’est surtout celle de Swallow the Sun qui transparaît le plus et je dois bien avouer que ça n’est pas pour me déplaire. D’autant que l’ombre des maîtres suédois laisse une belle marge de manoeuvre à l’aurore chilienne.

Le propos du groupe a encore gagné en cohérence (disparition de passages un peu fouillis comme il pouvait y en avoir encore sur Draining the waterheart), les vocaux sont maîtrisés (le fragile et poignant « Catatonic north »), le songwritting est peaufiné aux oignons.

Les joyaux que sont « Starmaker », « Shining human skin », « The bell and the solar gust » et « Sensing the new orbit » (mon titre préféré, peut-être parce que le plus Swallow the Sunien) ne manqueront pas de convaincre les suspicieux, après plusieurs écoutes. Car, si l’album est plus accessible, il serait regrettable de conclure qu’il ne garde pas dans certains recoins quelques petits trésors qui ne demandent qu’à émerger. Point de lassitude donc malgré les multiples tours de pistes.

A noter, sur l’édition limitée, après le prévisible – mais efficace – « A sea of dead poets », un titre audacieux, aux sonorités inhabituelles : « Aphelion Aura », qui me fait penser à un titre du Souvenirs de The Gathering, remixé par David Lynch et justifie largement les quelques euros supplémentaires déboursés.

Mar de Grises faisaient une entrée prometteuse avec The tatterdemalion express en 2004 ; 2 ans plus tard, ils se cherchaient encore un peu sur Draining the waterheart. Ils se sont trouvés avec ce troisième album et me font espérer un véritable chef d’oeuvre pour un successeur que je me hâte d’attendre. L’album doom death atmosphérique de l’année.

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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