Inquisition – Ominous Doctrines of the Perpetual Mystical Macrocosm

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Style: black metalAnnee de sortie: 2010Label: No Colours Records

Nefarious Dismal Orations avait quelque chose de profondément terrien dans son flux et sa densité, une rigidité soudée par le feu dont les prêtres noirs d’Inquisition avaient chanté les louanges avec une force et une intensité tout à fait remarquable en 2007, enchâssant les vagues de lave de riffs comme des marteaux à l’ouvrage sur le pentacle en fusion de leur œuvre.
Besogneux, hululants sous la lune rousse Dagon et Incubus reprennent le chemin de la grande Guerre, les peaux animales sur le dos, le monde païen dans le fond du regard, la science des étoiles pour se guider sur les océans noirs de la scène black metal actuelle, les grands voyages font les grands Hommes quand ils reviennent sains et saufs, mais à jamais changés, sur la terre ferme.

Les yeux tournés vers le ciel.
Ominous Doctrines of the Perpetual Mystical Macrocosm est certainement l’album le plus « volatile » du groupe, le plus évanescent certainement à cause de l’orientation de son écriture, le moins imprégné de la dimension tellurique que les géomanciens du verbe occulte avaient imprimé dans leur disque précédent, et paradoxalement c’est un album à la densité monstrueuse…

Ce n’est d’ailleurs pas une coquetterie ponctuelle puisque l’on retrouve en filigrane toute la dimension cosmique d’Inquisition dans les incantations rituelles que le timbre monocorde que la voix de Dagon suggère depuis Into the Infernal Regions of the Ancient Cult, première pierre du Temple des mages colombiens.
Avec Ominous Doctrines of the Perpetual Mystical Macrocosm, Inquisition imprime des motifs et des constructions qui suggèrent la contemplation, à travers la répétition structurelle , la percussion du disque trouve une vibration intérieure qui dirige ses forces dans des formes de récitations plus harmonieuses que par le passé, plus dirigées, la nature des morceaux approche une dimension plus hiératique, une sérénité qui entérinerait  une atmosphère processionnaire , comme des mantras noirs qui génèreraient un tapis pour véhiculer le message des deux séditieux,  le disque s’articule autour d’une idée du rite, tout à fait fascinante.

Le groupe aurait très lien pu verser dans une plus consensuelle musique figurative pour mettre en œuvre son théâtre méditatif, comme ils ont pu le faire par le passé, et planter un décor païen équivoque au milieu de tout cela en pratiquant et campant un black metal atmosphérique de bon aloi avec des effets électroniques et des nappes de synthés pour taper dans le cosmique  comme beaucoup d’autres l’ont déjà pratiqué avant eux… Et heureusement il n’en est rien.
La dimension céleste est régie par un codage assez précis et une grille de lecture et donc d’intention qui adapte une forme de paganisme liturgique sous la forme de Chants sacrés à la musique enténébrée du groupe, le chant retrouve une fonction magique, un appel, une incantation qui résonne d’autant plus dans le pouvoir hypnotique du chant « atonal » de Dagon, des titres comme « Desolate Funeral Chant », « Cosmic Invocation Rites », « Crepuscular Battle Hymn » ont tous cette résolution, que ce soit au niveau du langage et donc du champ lexical auquel ils renvoient ou de leur disposition à créer de la matière pour la théatralité des morceaux de l’album.

Dagon ouvre la voie, comme halluciné, il place les points d’inflexion dans l’espace du disque pour laisser la matière noire y fondre sous l’effet du rituel des sorciers. Dirigeant parfaitement sa messe noire avec tout le zêle et la malice qu’on lui connait, les textures des grattes pleuvent en cordes sous l’effet des tremolos pour fluidifier et densifier le côté monolithique de l’album et imprègnent l’auditeur de sa vocation contemplative le tout est libéré par le martellement d’Incubus, très appliqué et qui n’oublie pas de faire sonner les cloches de la paroisse à chaque tintement de ride, le reste est à aller chercher dans le creuset matriciel de la substance du brulot, ce n’est qu’après une bonne dizaine d’écoutes que l’on remarquera les sonorités exotiques de certains riffs, certains solos presque cachés dans les entrailles des saturations droniennes qui émaillent l’épopée sonique des résidents américains, de ses breaks et dissonances  imperceptibles au premier abord mais qui une fois assimilés expliquent l’harmonie de certaines constructions.

Inspiration, flux et reflux, absorption, émanation, Satan.

Inquisition fait parler son Art occulte et fend le ciel comme le mystique qu’il a toujours été, aussi foudroyant qu’envoûtant. Un retour illuminé pour le plus vorace des trous noirs de l’univers black metal.


http://www.myspace.com/inquisitionusa

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Commentaire

  1. darkantisthene says:

    tout ça donne bien envie de se replonger dans l’univers de ces braves Colombiens ! j’avais été quand même moyennement emballé par le prédécesseur mais ce titre m’accroche bien

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