Thursday – No Devolucion

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Style: Indie rock atmosphériqueAnnee de sortie: 2010Label: Epitaph

Thursday a marqué durablement le paysage indépendant avec son visage émocore, qu’on retrouvait notamment sur leur sortie emblématique Full Collapse, paru en 2001. Pour autant si le groupe bénéficie depuis d’un vrai succès critique et d’estime, c’est qu’il a depuis montré qu’il n’avait pas vocation à se répéter, mais bien à proposer de nouvelles choses, à expérimenter, répondant égoïstement (à raison) à ses seules envies.
Voilà le genre de comportement qu’on aurait tendance à louer par ici, et ce d’autant que l’évolution du groupe est toujours intéressante et maîtrisée. Ce n’est pas ce No Devolucion qui me fera mentir tant voilà encore un album ô combien réussi, dans un registre passablement apaisé.

C’en est quasiment terminé des cris, Geoff Rockly chante en grande majorité tout au long de cet album, à l’exception de quelques passages énervés, comme sur « Past and Future Ruins » sur lequel ses agressions surgissent de façon quasi inattendue, pour un résultat surprenant mais assez scotchant.

La musique est à l’avenant, la particule « core » de la musique de Thursday n’ayant pour ainsi dire plus lieu d’être. On se trouve plutôt en présence d’un rock atmosphérique (émotionnel même pourrait-on dire) et très travaillé, qui rappelle pas mal les derniers albums de Deftones y compris vocalement (les effets sur la voix étant similaires), ou ponctuellement aussi les suédois de Lingua (car la ressemblance vocale est parfois très troublante, notamment sur le précité « Past and Future Ruins »). Les mélodies sont belles, travaillées, pas niaises, et on se laisse facilement prendre au jeu d’un album sur lequel le groupe n’hésite pas à s’éloigner ponctuellement du schéma guitare-basse-batterie, pour sortir des parties de piano (« Sparks Against the Sun ») voire de synthé (cette nappe de synthé qui nous cueille sur « No Answers » est par exemple du meilleur effet) qui viennent astucieusement appuyer l’émotion et le côté atmosphérique de certains passages.

Pas sûr que les fans restés scotchés sur Full Collapse se retrouvent dans cette nouvelle mue de leur ex groupe fétiche. Ceux qui les suivent et apprécient justement cette capacité à se remettre en question pour proposer de nouvelles idées à chaque sortie devraient a priori s’y retrouver sans trop de difficultés. Si vous ne connaissez pas Thursday (c’était mon cas) et savez apprécier le rock bien foutu et les références citées, No Devolucion pourrait vous combler.
Dans les bonnes surprises de l’année en ce qui me concerne !

Tracklist :

01 – Fast To The End
02 – No Answers
03 – A Darkest Forest
04 – Sparks Against The Sun
05 – Open Quotes
06 – Past And Future Ruins
07 – Magnets Caught in a Metal Heart
08 – Empty Glass
09 – A Gun In THe First Act
10 – Millimeter
11 – Turnpike Divides
12 – Stay True

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 900 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. penumbra says:

    Ben moi, je le trouve absolument génial cet album…

    Thursday a eu un peu le même schéma de carrière que Radiohead (toute proportions gardée tout de même)… Un début juvénile («Pablo Honey» et «The bend» pour les uns et «Waiting», deux chefs d’œuvres majeur chacun dans leur style («Ok Computer» et« Kid A»/«Amnésiac» pour les premiers, «Full Collapse» et «War All The Time» pour les seconds) et…des albums de remplissages. Très bon, mais des albums de remplissages tout de même…

    Si A «City By The Light Devided», était très bon est présentait un groupe aventureux dans sa deuxième moitié, ils ne maitrisaient/ou n’assumaient pas encore tout cet aspect mélodique et post quelque chose…Et pourtant, cette hallucinante conclusion qu’est Autumn Leaves Revisited, nous montrait un groupe au sommet de son art et en plein maitrise de son sujet.

    «Common Existence» est un peu comme une régression musicale, ou plutôt un retour vers le passé et aurait pu être le frère cadet de «Full Collapse». On aurait dit un album forcé qui évoquait un brin de nostalgie. Mais là aussi, il y a des chansons imparables comme Friends In The Armed Forces ou You are the Cancer qui nous présentait un Thursday qui voulait avancer mais c’était vraiment la seule…

    C’est en ce sens que je les considère tout deux comme des albums de remplissages…

    Maintenant ce «No devolucion» est plus mature, plus assumé, plus pop, plus post…Les claviers son judicieusement bien intégré, et au delà de Chino Moreno des Deftones, avec qui ils ont déjà partagé l’Affiche en Amérique du nord en 2003 et pour le Taste Of Chaos un peu plus tard, je dirai que notre Goeff Rickly se rapproche d’un Robert Smith plus contemporain par moments. Excusez-moi mais c’est une des chose m’ayant sauté au oreilles. Sa prestation est tout simplement époustouflante…
    L’album est très fouillé, très riche et le groupe ne se contente pas de se reposé sur ces Lauriers, et même si les cris peuvent paraitre hors de propos sur un album comme celui-ci ils n’en demeurent pas moins jouissifs et très surprenant…De plus ils possèdentun petit côté raw qu’il est le bienvenu…Non finalement ils ne sont tout à fait dans le propos…
    Les titres phares sont sans aucun doute «No Answers» et son coté atmosphérique appuyé,« Past and Future Ruins» par aspect doux-amer avec des coté à fleur de peau limite rose bonbon et son autre coté très agressif, et bien entendu le morceau fleuve« Stay True» qui se veut un peu comme une réponse à You Are The Cancer qui montre le côté un plus post-rock… Ce morceau est un des meilleurs dans toute leur carrière. Les autres sont tout aussi géniales mais en parler prendrait bien trop de temps.

    Maintenant qu’est-ce-que cette album à de plus de ses deux grands frères? En fait c’est simple, Thursday n’a ni chercher à révolutionner l’émocore auquel il est affilié, ni de faire une synthèse de sa carrière ce qui aurait était complètement con. Non Thursday a réussi l’exploit de se transcender et de se séparer de ce schéma qu’il partageait avec Radiohead qui a sortit un album aussi égocentrique qu’impénétrable.

    PS : je ne compare pas les deux groupe artistiquement parlant…

  2. l'ogre doux says:

    Parallèle intéressant que comparer Thursday à Radiohead, et bien que je n’aime pas particulièrement la musique de ces derniers (hormis the bends), ton analyse est assez pertinente !
    Maintenant en ce qui concerne ce disque, une écoute m’a suffit pour déceler le pouvoir addictif de leurs nouvelles compos. C’est peut-être, sans pour autant proclamer que le quintet New-yorkais tiens là son meilleur disque (War all the times gardant toujours ma préférence), ce que le groupe a réalisé de plus abouti et audacieux à ce jour. J’avais des doutes quant à leur capacité à se renouveler et de se distinguer des mélasses insipides de la production actuelle, et No devolucion vient d’anéantir ces préjugés. En fait, ce qui différencie Thursday de la masse, c’est cette passion d’artistes qui habite leur musique depuis le début et qui continue de rassurer ses fans quant au grand groupe qu’il est !

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