Dredg – Chuckles & Mr. Squeezy

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Style: PopAnnee de sortie: 2010Label: Superball MusicProducteur: Dan the Automator

Le groupe a beau visiblement plaisanter sur le sujet dès le premier titre « Another Tribe », sur lequel Gavin entonne au moment du refrain « Here we go again, following all the trends », pas sûr que ce qui est certainement à prendre comme du second degré de la part du groupe, ne soit pas interprété par certains comme une confession malheureuse, et que le parallèle soit rapidement fait avec ce radical changement de cap qu’il sera impossible d’ignorer à l’écoute de Chuckles & Mr Squeezy. Car cette fois Dredg a VRAIMENT changé. Les américains, on l’avait constaté au fil de leurs sorties, n’étaient pas hommes à faire du sur-place et avaient déjà développé un penchant pour la pop et la simplification du format de leurs titres. A ce titre The Pariah, The Parrot, The Delusion, était déjà éminemment différent de Leitmotif. Mais la patte Dredg subsistait, tant dans ces parties de guitare caractéristiques, que dans les superbes vocaux de Gavin Hayes (à vrai dire bien plus superbes sur les derniers albums que sur le premier encore assez brouillon sur ce terrain) à tel point que cet album était d’ailleurs en tout point admirable, synthèse quasi parfaite de l’ensemble de leurs réalisations.

Pour le coup, c’est presque un nouveau groupe que l’on retrouve sur ce nouvel album. On savait que Dredg avait bossé avec Dan the Automator et avançait un parallèle avec Gorillaz pour décrire ce qu’il fallait attendre de ce nouvel opus.

Le groupe n’a pas menti et Chuckles & Mr Squeezy est clairement un album très très très pop. Les guitares sont remisées à l’arrière-plan dans de très rares cas (« Upon Returning »), et sont complètement inexistantes la plupart du temps, laissant la place à des trifouillages électroniques qui existaient déjà comme seconde chair sur les précédents albums, et qui portent ici le squelette et l’architecture de la quasi-totalité des titres avec cette orientation pop, grand public même, qui fera bondir nombre de leurs fans.

Pour être honnête, si l’on est capable d’apprécier le changement et la prise de risque chez un groupe, on aura du mal ici à défendre cet exemple-ci, tant on en vient rapidement après plusieurs écoutes, à regretter de ne pas retrouver ici ce qu’on aime tant chez Dredg : cette émotion et ces sons qui s’éloignent de la facilité, cette capacité à pondre des tubes qui font passer le répertoire de Coldplay pour des gamineries niaiseuses. Cette patte bien à eux, quoi.

Il n’y a rien de mauvais sur ce nouvel album soyons clairs, mais il n’y a malheureusement pas grand-chose qui donne envie d’y revenir, et aucun titre qu’on puisse ajouter au répertoire de « tubes » du groupe, même si certaines chansons sont sympathiques et s’écoutent bien (« Down without a Fight » ou « The Thought of Losing You » malgré ses paroles bien niaises).

La sophistication relative des arrangements n’y changera rien, difficile de ne pas voir cet album comme une déception. Peut-être amènera-t-il de nouveaux fans au groupe, mais on se prend finalement à souhaiter que ce ne soit pas le cas, afin que cette tentative soit peut-être enterrée et reléguée au titre de simple erreur de parcours.

On leur pardonnera sans mal, en repensant à tous les bons moments qu’on a vécu avec eux mais il ne faudrait pas nous faire le coup trop souvent quand même…

Tracklist :

01. Another Tribe
02. Upon Returning
03. The Tent
04. Somebody Is Laughing
05. Down Without A Fight
06. The Ornament
07. The Thought Of Losing You
08. Kalathat
09. Sun Goes Down
10. Where I’ll End Up
11. Before It Began

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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3 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    Je suis un grand fan du groupe depuis leur 1er album, et je les suivais encore sur le précédent, le dernier concert à Paris était d’ailleurs excellent, mais cet album est juste nul, pas un seul morceau à récupérer dans le lot. Mélodies faciles et paroles pitoyables, qu’est-ce qui leur est arrivé?

  2. shaq says:

    Est-ce une habitude chez Dredg de pondre un album moyen entre deux bijoux ? Ni Catch without arms, ni ce Chuckles & Mr. Squeezy ne sont mauvais, mais ils sont clairement en deçà d’El Cielo et The Pariah, deux albums de Rock vraiment… euh… surpuissant ? géniaux ?
    Si oui, alors j’attends le prochain avec impatience.
    Et puis cette pochette, une véritable horreur.

  3. Angrom angrom says:

    Pour ma part j’étais un peu circonspect avant d’aborder cet album tant décrié et j’avoue qu’après quelques écoutes, je l’aime vraiment beaucoup, exception faite de The Tent, qui est vraiment trop niaise à mon gout… Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi sur le manque de « tubes » , « Where I’ll End Up  » en est un pour moi, par exemple.
    Je ne serai pas contre un retour à plus de guitares pour le prochain album, par contre…

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