Virus – The Agent That Shapes The Desert

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Planète rouge en ébullition dont les convulsions dynamiques régentent les assortiments de fondations du noyau, The Agent that Shapes the Desert est à Virus ce que l’eau est à la sensation d’humidité, un délicat rappel d’une obsession pour la diffusion de son matériel sous la forme de cette génétique particulière.  L’orthodoxie dans les cartons, la veine qui palpite, le soufle cabotin, le groupe revient dans sa langue presque Kafkaienne asséner son nouveau discours après avoir labouré et préparé le champ et y avoir semé ses graines avec The Black Flux en 2008.

Il y a toujours cette étrangeté chez Virus, ce visage inquiétant qui tire ses traits aux aiguilles, pas loin de la grimace penserait on.

Ces intonations, ces accents forcés qui diabolisent plus qu’ils ne jouent le charme académique; ce théâtre pour lequel le metal est un un élément qui participe à la construction et l’élaboration du décor et non un but à atteindre qui diffuserait sa matière pour exister.

Toujours rêches, toujours souples et mobiles, toujours déglinguées , les saisons ont beau changer, les mathématiques de Virus restent les mêmes, les équations reflètent cette arithmétique où les motifs se côtoient pour tisser la matière vivante du groupe. Ce vortex dont émane cette répétition, ce canevas psychédélique de riffs enchâssés à cette basse ronde qui percute le sommet de chaque vague, participe à cette matrice de diffusion à l’architecture bringuebalante et à la rythmique chaloupée.

Rêve où les oasis se muent en cascades, les fantômes courent entre chaque mirages pour aller se perdre dans un mystère noir et incertain derrière les dunes; comme autant de comptines macabres dont on ne saisirait pas tout à fait la portée. Désinvolture et férocité sous un soleil de plomb. Où sont passés tes grands héros du désert, Billy, ceux qui portaient le colt à la ceinture ? Ici la plume est le guide sous les derniers effets du peyotl et la chaleur accablante. Ceux qui parcourent ces plaines se noient dans leurs certitudes, autant ne pas en avoir.  Si le voyage est un cheminement, le chemin est cette transformation constante, d’état en état, de décors en décors, de textures en textures, les breaks impactent les nouveaux départs vous diront les philosophes de comptoir, ces Neruda de l’Apocalypse qui ont moins soif que vous, le regard plissé derrière l’écume d’une mousse. Et si le vent souffle sur les sillons de ce désert c’est aussi pour donner de l’air aux compositions, l’équilibre s’autorise les asymétries pour sa montée en puissance au zénith et les dernières angoisses disparaissent derrière l’idée d’un fleuve tranquille qui suit son courant porteur.

Une piqure de rappel pour continuer la contagion, un jour vous rêverez bien d’être malade.

http://www.youtube.com/watch?v=SUF4DnOq_0Q

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1 commentaire

  1. Album qui tourne régulièrement chez moi… Difficile d’aborder leur musique mais un fois que le déclic se fait c’est juste un bonheur de se délecter de ces plans tordus, jazzy…

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  • slipknot-the-gray-chapter-newDrugzath | 21 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Enfin une tres bonne chronique sur cet album ,pas comme chez nos compères de VS Webzine ;--) .Je te rejoints en tout point sur ce que tu a mentionné .Pour ma part un bon album qui se lasse pas au fil des écoutes .
  • slipknot-the-gray-chapter-newkrakoukass | 20 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Merci pour ton commentaire. ;) Loin de moi l'idée de proclamer que quiconque n'aime pas cet album est un abruti obtus (les personnes visées sont plutôt les couillons qui n'ont jamais aimé Slipknot -pour des raisons souvent basées sur des préjugés ou une haine du so called Nu Metal- et ont toujours craché sur le groupe, ...
  • slipknot-the-gray-chapter-newMths | 20 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Merci de bien faire comprendre que quiconque n'aime pas cet album est un "rageux bas du front", ça fait toujours plaisir. Et si ce n'est pas le message que tu voulais faire passer, je t'invite cordialement à retravailler le début de ta chronique... Je trouve que, dans les titres qui ont été balancés sur le Web, il y a q...
  • fartbarf-dirtypowerRémi | 19 octobre 2014
    Fartbarf – Dirty Power
    masques, vocoder et Lap dance? merci au revoir.
  • occultation - silence in the ancestral houseIkea | 15 octobre 2014
    Occultation – Silence in the Ancestral House
    Sans aller jusqu'au coup de cœur, un très bon album. Tout à fait d'accord sur l'ambiance, très réussie, renvoyant aux films d'Argento, Fulci et consorts. Quant au côté Ghost... Il est présent mais Occultation est tellement plus raffiné, insidieux, que j'ai tendance à le mettre à-part. Clairement, un groupe qui montre ...
  • krieg-transientdarkantisthene | 13 octobre 2014
    Krieg – Transient
    très belle sortie, je suis moins fan de la "2ème" partie de l'album mais ça reste très intéressant dans le style.
  • White Lung - Deep FantasyRIRIMARTIGUES | 09 octobre 2014
    White Lung – Deep Fantasy
    Je découvre et suis déjà sous l'emprise. Ca t'attrape et tu ne lâches plus...
  • vampiresquid-nautilusworldshaq | 07 octobre 2014
    Vampire Squid – Nautilus World
    Merci pour la découverte, très bon album de Death technique-mais-pas-trop, bien produit, et en name your price sur bandcamp : aucune excuse de ne pas lâcher quelques ronds pour une galettes vraiment bien fichue.