Antediluvian – Revelations in Excrement

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Style: Death metalAnnee de sortie: 2011Label: Bird of Ill Omen

Fossoyeurs à temps plein, héritiers flétris de la putréfaction, Antediluvian de disques en disques ne cesse de promulguer ses soins et sa sagesse à tous les aficionados de sa cause. Sa majesté des Cadavres appelle une nouvelle fois à la prédation funeste et la demie mesure semble leur être, comme à chaque nouveau missel, totalement inconnue.

« Là ou ça sent la merde
ça sent l’être.
L’homme aurait très bien pu ne pas chier,
ne pas ouvrir la poche anale,
mais il a choisi de chier
comme il aurait choisi de vivre
au lieu de consentir à vivre mort. »

C’est en ces quelques vers qu’Antonin Artaud ouvrait « La recherche de la fécalité », un mouvement qui faisait de l’évacuation un point central de l’existence, on n’évacue pas le problème avec Artaud au contraire, littéralement la physiologie de l’écriture accepte d’être sémantiquement au cœur de ce qu’on ne saurait voir ou sentir, une tartufferie qui est une politesse de l’hygiène certainement évitée pour aller, par un goût pour la provocation, définir une esthétique sans fard de sa probité morale.  Antediluvian avec cet « Revelations in Excrement » remet le pied gauche dans le plat de résistance. Il faut dire qu’à la lumière de ses pairs canadiens il y a comme un certain émoi quant à l’utilisation de la flétrissure comme un outil narratif à chaque fois que les grands noms de la scène ont fait dégueuler leurs instruments pour chacun de leurs disques, une cause commune que le duo enfourche comme un cheval de bataille pour asseoir son art primitif blafard de Seigneurs des profondeurs. Sur ce nouvel EP ils reviennent chargés à bloc avec ce qu’ils font de plus puant et lourd, du death taillé dans le morbide à en sécher les cimetières. 3 titres avec une production qui cette fois ci tape dans l’énorme et dégoulinant, grossières textures lâchées par paquets de seaux remplis au ras bords, growl putassier qui n’a rien à envier aux ténors du genre, ambiance fardée au downtune bien gras, ça pue, c’est sale, c’est molosse, du Antediluvian qui copulerait sur le sol dégueulasse d’une sale d’accouchement clandestine serais je tenté de dire et franchement ça arrache bien la gueule. Splendide moment avec « Rapture Amongst the Phosphenes « , de son ouverture, ses changements de tempo, sa froideur clinique intestine et imperméable, son allure monolithique friable et sa nature conquérante, on peut dire que les canadiens signent un des titres les plus purs qu’ils aient écrit, à couper pour éviter l’overdose.

Grosse sensation avant un premier album qui on l’espère atteindra des sommets dans l’ignominie, en attendant Antediluvian continue de manger sa barbak crue, c’est bien ça le principal.

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Commentaire

  1. Tata says:

    On dirait du Gronibard joué dans une cave. J’espère que tout l’album n’est pas comme ça. Si ? Aïe.

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