Graveyard – One with the dead

GraveyardOneWithTheDead

Non mais comprenez-moi bien monsieur le juge : bien sûr, je savais que les Espagnols pouvaient être parfois de fiers pourfendeurs de tradition metallique noire ou mortifère. Je n’ai jamais considéré que cette patrie n’avait rien à dire en matière de riffs assassins sauce swedish old school death metal.

Mais reconnaissez tout de même qu’avec Graveyard, l’erreur est, sinon excusable, quasiment inévitable : rien que le nom ! On ne peut pas dire qu’ils se soient cassés la rondelle à multiplier les brainstorming.

Et puis – et ce sera le second point de ma défense, il faut dire que, en 2009, le défilé des grosses pointures suédoises était tellement élégant (Revolting, Tribulation, Demonical) qu’il ne m’est pas venu à l’esprit d’aller voir si l’herbe chez le voisin était plus annihilée.

Mais je suis d’accord avec vous, il y a un côté inacceptable à avoir mis autant de temps à jeter l’oreille sur le premier album de cette horde ibérique. J’aurais dû en fait être attentif dès leur split avec Deathevokation (2009) ; leur association avec ces valeureux américains aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

Les deux gus à l’origine du projet avaient en tête (et à coeur) de rendre hommage aux groupes qui ont bercé leur enfance : Entombed, Grave, Asphyx, Dismember et autres combos dénués de talents. Désir ô combien louable mais voie ô combien glissante tant il est impossible à l’écoute de chacun des titres de cet album de ne pas se dire « oula là ça sonne carrément comme tel titre de tel groupe » : je vous épargne la liste, ça serait fastidieux, mais en gros reprenez les premiers méfaits des 4 grands déjà cités et vous avez la formule gagnante sans oublier d‘y ajouter une pointe de heavy doom (l’instrumental Maidenien « Abandonned churches » et la reprise « A tale of creation » de Candlemass).

Ah ben tiens, ça, ça aurait fait un très bon argument à vous opposer, monsieur le juge, si je n’avais pas, contrairement à ce qu’il convient de faire, apprécié pleinement One with the dead : le fameux manque de personnalité. Car je ne pense pas risquer la prison à perpétuité en affirmant que Graveyard n’apportent pas grand-chose : on ne progresse pas d’un pouce, on ne met même pas un bout d’ongle de pied en-dehors des clous.

Ou plutôt, Graveyard n’apportent qu’une seule chose : un putain d’album de death old school made in Sweden à ranger parmi les meilleures performances en la matière depuis… depuis la période bénie 90′s-93′s.

Vous trouvez que j’en fais un peu trop pour prouver un attachement qui me permettra de ne pas finir au trou ? Eh bien que nenni, je vous ouvre mon âme, monsieur le juge. Cet album est clairement un incontournable qu’il serait scandaleux de contourner. Je peux retirer ma tête du billot ?

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A PROPOS DE darkantisthene

darkantisthene Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 256 articles sur Eklektik.

1 commentaire

  1. Didiou, Si c’est si bon que ca, va falloir que j’écoute. Si c’est vraiment du worship-swedish death et qu’en plus c’est très bien fait, ca peut le faire pour moi, meme si ca manque de personnalité. Chouette chro comme dhab.

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  • ben-howard - i forget where we werejoss | 25 novembre 2014
    Ben Howard – I Forget Where We Were
    En parfait accord avec la chronique. On sent dès la première écoute qu'il se passe quelque chose de spécial, même si il en faudra plusieurs pour bien s'imprégner de l'album. Pour moi le sommet du disque se situe avec l'enchainement "End of the affair" et le superbe "conrad" qui montre qu'on peut encore, en 2014, faire d'ex...
  • bbKane | 24 novembre 2014
    Bloodbath – Grand Morbid Funeral
    Entièrement d'accord avec la chronique. Une bombasse d'album pour un groupe que je n'attendais pas à ce niveau. L'apport de Nick Holmes est indéniable dans la réussite de ce disque.
  • dark fortress_venereal dawnangrom | 21 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    ah oui quand même !!!
  • dark fortress_venereal dawnangrom | 20 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    Je m'en fais écouter ça de ce pas !
  • dark fortress_venereal dawnkrakoukass | 18 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    Ouaip excellent album pour sûr. Ils ont clairement franchi un pallier avec ce dernier opus. Très belle chronique camarade!
  • anopheli-ahungerMadrumo | 07 novembre 2014
    Anopheli – A Hunger Rarely Sated
    Vachement cool comme fusion !
  • kerretta-pirohiabeunz | 05 novembre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Effectivement, ya un côté Russian Circles bien prononcé. Merci pour le retour, ça fait bien plaisir ! Et jette-toi sur leurs albums précédents ! ;)
  • kerretta-pirohiaMarbaf | 02 novembre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Ben merde, j'étais passé à côté de ce groupe. Ça me fait penser à Russian Circles. Merci beaucoup pour la découverte (et pour le lien bandcamp).