Dephosphorus – Axiom

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J’ai un peu de mal à me décider cette année pour accoucher de ma fameuse liste de fin d’année, vous savez celle qui recense « les meilleurs albums de la terre de 2011 ». Enfin la liste est à peu près faite, mais l’ordre a tendance à changer un peu tous les jours. Comment décerner ma fameuse médaille d’or du coup ? C’est qu’on a des vrais problèmes hein en cette fin d’année ?

Ce problème est désormais réglé (ouf je respire) et le fait d’écouter cet album en boucle ces derniers jours m’a bien aidé il faut le dire. Bah oui, mon album de l’année 2011 c’est cet Axiom signé par les grecs de Dephosphorus. J’ai encore du mal à croire que ce soit leur premier « album » (et en fait il s’agit d’un EP mais on s’en fout, enfin sauf que du coup il est trop court forcément !). Certes Thanos (guitariste) et Panos (chanteur) qui ont monté le groupe (rejoints après par Nikos pour gérer les affaires de batterie tout ça), ne sont pas de parfaits débutants, ayant officié auparavant dans le groupe Straighthate (que je ne connais absolument pas je dois l’admettre), mais tout de même, la performance est assez saisissante pour un groupe qui devrait bientôt tout péter dans le monde de l’underground.

Si je devais décrire leur « astrogrind », genre auto-proclamé par les grecs eux-mêmes, je le décrirais comme un mélange de grind, death, punk, hardcore et sludge avec une pincée de black (dans les quelques dissonances qu’on entend par-ci par-là). Au risque de surprendre et pour simplifier je dirais qu’Axiom, me fait penser à une copulation barbare entre Napalm Death et Impure Wilhelmina. La comparaison avec les suisses (malheureusement disparus) paraîtra peut-être étrange, mais je la revendique totalement, notamment en ce qui concerne le chant arraché de Panos qui ressemble vraiment à ce que pouvait faire Michaël sur les premiers albums de IW mais aussi quant au son de guitare (dès « Collimator » ça me saute bien aux oreilles). On n’est parfois pas non plus loin de la crasse sludge de Unearthly Trance, groupe avec lequel Dephosphorus partage d’ailleurs de réelles affinités puisque Ryan Lipynsky participe au futur album du groupe à venir… bientôt on espère (car apparemment déjà enregistré)!

Pour autant, et malgré ces quelques références, Dephosphorus réussit l’exploit d’affirmer son style dès cette première sortie, mêlant sa crasse (avec la prod qui va bien) et son barbarisme d’apparence primaires, avec un sens aigu de la petite mélodie qui tue et qui s’instille sournoisement en toile de fond, permettant au propos pourtant extrême de ne jamais être indigeste. Ces petites mélodies presque spatiales (d’où le « astro » – grind) font toute la différence et conjuguées à un sens de l’immédiateté punk et à des compos qui ne tirent jamais en longueur en s’embourbant dans des tempos lourds, lents et chiants (à l’inverse de UT donc), rendent les 7 titres de cet album absolument irrésistibles et géniaux.

Axiom tue tout, et en 20 minutes, Dephosphorus met les pendules à l’heure et annihile toute la concurrence en matière de métal/hardcore extrême. On ne peut décemment que reprocher 2 choses à Dephosphorus à ce stade : un EP c’est trop court quand c’est aussi bon (ce problème sera heureusement réglé dès 2012 avec la sortie de Night Sky Transform qui aura le bon goût de contenir le double de titres), et putain (j’en profite pour faire passer le message, Panos si tu me lis) « vous faites chier à ne sortir Axiom qu’en LP et téléchargement, on veut une version CD bordel !!! ».

Je garde l’appréciation de « Chef d’Oeuvre » pour l’album à venir (ne me décevez pas les gars pitié!), mais on n’en est déjà pas loin avec Axiom

PS : l’album se télécharge gratuitement ICI.

Tracklist :

01. Collimator
02. Continuum
03. Dephosphorus
04. Indulge Me In Silence
05. On The Verge Of An Occurence
06. Knife Missile
07. The Long Crossing

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A PROPOS DE krakoukass

krakoukass Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben. Adresse de contact : krakoukass@eklektik-rock.com

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3 commentaires

  1. Merci enormement pour la chronique et t’inquietes pas, la version CD viendra quand l’alignement des etoiles sera propice…

  2. Une de mes découvertes de l’année. Pas encore écouté le nouveau. Ils ont du boulot.

  3. oui une des découvertes de 2011 assurément!

    et du nouveaux est à enir!

    Panos Agoros en aprle un peu dans cette interview sur Blasting days (mon blog!) :

    http://theblastingdays.blogspot.fr/2012/03/dephosphorus-axiom-first-release-by.html

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  • ben-howard - i forget where we werejoss | 25 novembre 2014
    Ben Howard – I Forget Where We Were
    En parfait accord avec la chronique. On sent dès la première écoute qu'il se passe quelque chose de spécial, même si il en faudra plusieurs pour bien s'imprégner de l'album. Pour moi le sommet du disque se situe avec l'enchainement "End of the affair" et le superbe "conrad" qui montre qu'on peut encore, en 2014, faire d'ex...
  • bbKane | 24 novembre 2014
    Bloodbath – Grand Morbid Funeral
    Entièrement d'accord avec la chronique. Une bombasse d'album pour un groupe que je n'attendais pas à ce niveau. L'apport de Nick Holmes est indéniable dans la réussite de ce disque.
  • dark fortress_venereal dawnangrom | 21 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    ah oui quand même !!!
  • dark fortress_venereal dawnangrom | 20 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    Je m'en fais écouter ça de ce pas !
  • dark fortress_venereal dawnkrakoukass | 18 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    Ouaip excellent album pour sûr. Ils ont clairement franchi un pallier avec ce dernier opus. Très belle chronique camarade!
  • anopheli-ahungerMadrumo | 07 novembre 2014
    Anopheli – A Hunger Rarely Sated
    Vachement cool comme fusion !
  • kerretta-pirohiabeunz | 05 novembre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Effectivement, ya un côté Russian Circles bien prononcé. Merci pour le retour, ça fait bien plaisir ! Et jette-toi sur leurs albums précédents ! ;)
  • kerretta-pirohiaMarbaf | 02 novembre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Ben merde, j'étais passé à côté de ce groupe. Ça me fait penser à Russian Circles. Merci beaucoup pour la découverte (et pour le lien bandcamp).