Vatican Shadow & Contrepoison – The Serpent Carries Him Back Into Paradise

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Style: Synth Pop/ Lo-fiAnnee de sortie: 2011Label: Hospital Production

Le bitume de New York voit défiler la gomme de pneus gonflés à bloc. Le goudron s’est répandu dans la ville comme la gangrène, habillant la terre d’une épaisse armure à l’alliage cancérigène. La houille de coke fait reluire les réseaux des plus grandes capitales du globe, à New York la houille sonique, cet hydrocarbure puant est habité de la particule Noise, celle qui décape le cerveau de sa ponceuse électronique, celle là même que Merzbow, Skullflower ou Masonna font vivre à travers l’ultra violence de disques semblant des chapelles dévouées aux divinités que sont dissonance, distorsion et destruction, ces avatars païens annihilants et pervers.

Big Apple n’échappe donc pas à l’office, Dominick Fernow est le prêtre du cénacle Prurient , une institution locale dès lors qu’il s’agit de parler du concassage et de la dialectisation au broyeur, un projet qui a d’ailleurs abouti à la naissance du label Hospital Production, clinique où l’on pratique les opérations chirurgicale sur le bruit à cœur ouvert. Ferrow est un iconoclaste, on l’avait pressenti quand il s’était attaché à jouer au mage noir dans Ash Pool , entité à l’alliage black noisy de macadam pas spécialement endimanchée, un de ses nombreux projets annexes, un autre ver dans la pomme en somme. Rien de surprenant donc à le voir apparaître sur ce petit split sous le nom de Vatican Shadow aux côtés du canadien Contrepoison .

On avait pu voir défiler les K7 du projet cette année sur le label de Ferrow, toutes empruntes d’une imagerie prêtant à l’actualité militaire des USA en dehors des frontières nationales – si tant est qu’il y en ait, la frontière paraissant comme un concept assez trouble ces dernières années – une actualité bien chargée au moyen orient, on en conviendra tous. Une orientation du regard qui m’a rappelé que c’est aussi à l’Est que Muslimgauze orientait sa lucarne quand il balançait les disques comme la pierre sur le tank institutionnel de sonorités plus en vue, l’Intifada du décibel des années 80 a de beaux restes.

Ici place à la nappe de synthé, on lorgne sur l’indus synth pop avec une électro minimale aux claviers juste ce qu’il faut de cheap pour rester dans le ton, quelques kicks moelleux et basses ronflantes pour imprimer la cadence bringuebalante d’un morceau qui diffuse à travers son motif répétitif un tremplin pour le psychédélisme de circonstance, les réverbs viennent juste piquer les oscillations, la distorsion naît des mariages de fréquences crues, du parasitage ghost histoire de développer le mirage , service minimum. Un titre qui n’est pas non plus représentatif de tout ce que peut produire Vatican Shadow qui peut attaquer la bande magnétique au verre pilé d’un simili-noise ou d’un indus plus martial et harsh, un univers que l’on considèrerait plus proche d’un Prurient d’ailleurs. Reste que le sujet, son champ d’exploitation, est beaucoup plus distendu et vaste. A travers l’approche, on sent bien que l’expérimentation électronique offre des perspectives qui nourrissent la vocation de l’entité Vatican Shadow.

Derrière ça le québécois de Contrepoison que l’on connaissait plus volontiers grâce à certaines de ses releases sous un autre nom : à savoir Âmes Sanglantes, vient conclure le split. Ici pas question de noise là encore, pourtant Âmes Sanglantes n’est pas un perdreau de l’année à ce niveau, mais un morceau beaucoup plus synth pop/indus avec un relan de dancefloor de caves à faire suer du nihiliste; avec ses embruns cold wave et sa boîte à rythme qui pousse ses lignes minimales dans les enceintes, tant qu’à faire. La voix du canadien est passée au sous-mixeur histoire de continuer à bien faire les choses, ça tapisse les plinthes.  2 morceaux en tout et pour tout sur ce split K7, chacun ne dépassant pas les 5 minutes, la boucle est bouclée et puis au moins les présentations sont faites si on ne connaissait pas les deux zigs.

Réunion réjouissante pour les affiliés à la cause et intéressés par le travail de Ferrow, une rencontre qui n’est pas due au hasard puisque Pierre-Marc Tremblay, pas le cuisinier mais l’instigateur de Contrepoison, est un des tirailleurs du roaster d’Hospital Production qui semble être un asile intéressant dès que la lumière du soleil tape trop fort sur le béton New-yorkais. Une mise en bouche amère à la mise en place hypnotique qui peut amener à s’intéresser à Vaticam Shadow qui compte depuis 2010 un peu moins d’une dizaine de parutions.

 

http://www.youtube.com/watch?v=DxNjhePVd8A http://www.youtube.com/watch?v=54FlOHyezX4

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