Inkisitor – Dysevangelist

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Style: Black MetalAnnee de sortie: 2011Label: Osmose Productions

Inkisitor, fier arpenteur des chemins de l’Hexagone, oblatif de la cause du métal noir, place en cette année 2011 sa cataracte sur le chemin des rayons lumineux qui inondent les pensées claires, une cataracte de haine bien gerbée, il faut le reconnaître. Après un tas de démos, splits et EP, Inkisitor nous offre son premier méfait longue durée estampillé de l’oriflamme Osmose. Voilà les premiers obus made in Pays de la Loire armés dans le canon d’un Dysevangelist pointé vers le ciel de vos enceintes, les missels chaotiques sont rangés et taillés comme des patrons pour la guerre sonique que les Manceaux organisent pour leur grande nuit de fête.

Il y a une chose de sûr, Dysevangelist palpe le gros son, genre rafale de chevrotine bien chargée en plomb enrichi, ça suinte le gras de charbon, la malefaim de carnassier, le fumier d’un thrash/death crépusculaire du siècle dernier. Pas de doutes aussi, Inkisitor fait partie de cette meute, nouvelle, aux dents acérées des Christicide ou Insane Vesper. Ça cherche la victoire par K.O, ça envoie le blast et ça le barde au trémolo, mais ça n’oublie pas la flanquée de riffs velus histoire d’arrudir le propos, ça charcute le texte à l’éructation animale et la Bête sait lâcher quelques humeurs dans la langue de Molière, un exotisme qui ravit les oreilles . On notera les petits effets mélodiques pour l’ornement de l’architecture virile du, désormais méta-classique, black français. Black qui se refuse parfois de singer ce qui se fait plus au Nord par pure passion orgueilleuse, une métamorphose qui lui a plutôt bien réussi.

Juste une levée de flammes donc, pour poser les ambiances cryptiques et nourrir en bûches le foyer de la tornade, une décomposition bienvenue qui manque un peu de vice pour taper dans l’acide qu’on aurait peut être attendu. On aurait aimé retrouver de cette passion pour le soufre des anciens méfaits du groupe, cette poudrière qui ne demandait qu’à exploser et qui reprenait des recettes d’anciens prédateurs finlandais ou canadiens. Certains dispositifs dissonants sont ici esquissés mais ne synthétisent pas totalement cette dimension chaotique dans le tissu du disque. Cependant sa fibre reste assez écorchée pour rugueusement travailler les écoutilles, à la sauvage. La rage pulse à chaque vague radioactive sous les assauts vindicatifs d’une horde imprégnée par son engagement. Si le monstre devenait encore plus molosse, il pourrait faire peur, très peur.

Inkisitor avec son premier véritable album fait le travail, un album qui manque un peu d’aigreur, de stridences, de dévotion charognarde pour s’habiller d’un manteau encore plus puant, un manteau qui lui irait à ravir. Reste que les ambiances développées sont prenantes et explosives. Ravage, destruction, sous le croissant ivre ou la lune pleine, l’album livre sa rivière de fiel avec passion, tant et si bien que le groupe après cette livraison s’est mis entre parenthèse. Une implosion ? Un attentat kamikaze ? L’avenir nous le dira.

 

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2 Commentaires

  1. MAY says:

    ….sauf que ce n’est pas la bonne pochette ^^(je sais , celle-ci est de moi -sous les ordres de SAD666 & Pie- sauf que la prod de prod a décidé qu’il fallait un truc…bah qui ressemble à tous les autres !!)…mais bon….bah ça nous fait bien plaiz de la voir , donc fuck off , surtout pas d’erratum officiel… et si des groupes veulent des visuels bien old school je suis dispo…et je bosse gratos pour peu que le son soit bon !!

  2. blonss says:

    Que deviennent-ils?
    J’ai su qu’ils avaient trouvé un autre batteur, mais plus rien depuis…
    Ont-ils tout arrêté? Ont-ils changé de nom?

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